Monsieur Tsaty Mabiala Pascal, Perfide Albion, dynamite l’opposition congolaise officielle

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TRIBUNE. Le caméléon de Loudima vient encore de changer de couleur. Mais c’est sa nature et plus rien ne doit nous étonner. Au Congo-Brazzaville tout est possible et rien n’est impossible. 

Le sieur Tsaty Mabiala Pascal avec son UPADS (Union panafricaine pour la démocratie sociale) ont décidé de ne pas prendre part à l’élection présidentielle de mars 2021. Dont acte ! Mais dans le même temps, ils décident de ne pas soutenir un quelconque candidat. Aucune consigne de vote ne sera donnée aux militants. C’est incompréhensible de faire cavalier seul à la veille de cette élection présidentielle pour un chef nommée d’une opposition contenant une myriade de micro partis, sans projet de société pour s’attirer les faveurs des Congolaises et des Congolais. 

Tsaty Mabiala aurait-il pris plaisir aux fastes de la république pour se contenter de son rôle d’opposant docile ? Chef de l’opposition nommée par monsieur Sassou-Nguesso, c’est un retour d’ascenseur auquel on assiste.  

Diantre qu’a-t-il fait pendant les 5 ans en tant que Chef nommé de l’opposition congolaise ? Ne devrait-il pas parler d’une seule voix au peuple congolais au nom de cette opposition faite de bric et de broc ? Mais comme à son habitude, il a préféré attirer la lumière sur sa personne en faisant cavalier seul, ne parlant pas au nom de toute l’opposition qu’il présidait. Nous ne sommes pas dupes car un caméléon ça change de couleur selon les circonstances. C’est une première dans le monde de voir une opposition qui ne veut pas gouverner mais qui se contente des sièges de députés nommés par le pouvoir. 

Si par hasard monsieur Guy Brice Parfait Kolélas, son partenaire au sein de cette opposition nommée, venait à se présenter à l’élection présidentielle de mars 2021, Il eut été raisonnable qu’il fut soutenu par son Chef de l’opposition monsieur Tsaty Mabiala Pascal. À croire que dans cette opposition de circonstance monsieur Tsaty Mabiala était le cheval de Troie de monsieur Sassou-Nguesso et avait un agenda caché avec pour but de dynamiter de l’intérieur l’opposition à l’approche de l’élection présidentielle. Un coup de maître pour mettre échec et mat les velléités de cette opposition de faire acte de candidature à l’élection présidentielle. Salut l’artiste ! 

C’est perdue d’avance, car monsieur Sassou-Nguesso n’organise pas une élection pour la perdre, dans une dictature. Monsieur Tsaty Mabiala ayant gouté au lait et au miel veut rempiler avec monsieur Sassou-Nguesso son mentor, en tant que Chef de l’opposition de façade et député de Loudima son fief électoral. Il ne serait pas insensible de prendre la Primature.  

Dans sa realpolitik, monsieur Sassou-Nguesso réserve la Primature à un ressortissant du Sud du pays. Ainsi Clément Mouamba l’endormi, le dynamiteur de la BCC (Banque Commerciale du Congo), ancien Ministre des Finances de Pascal Lissouba veut aussi reprendre du service. 

Aux aguets l’on note Claudine Munari Mabondzo, ancienne directrice de cabinet de Pascal lissouba, ancienne Députée et Maire de Mouyondzi, ancienne Ministre du Commerce et des approvisionnements de Sassou-Nguesso, Présidente du MUST (Mouvement pour l’unité, la solidarité et le travail) qui lorgne aussi du côté de la primature. Elle a quitté la plateforme de la Fédération de l’opposition Congolaise (FOC) sans un bilan notable, un vide sidéral, en dehors des quelques communiqués de presse sans importance signés çà et là. Elle se verrait bien Première ministre dans un gouvernement d’union et de réconciliation nationale après l’élection présidentielle gagnée par monsieur Sassou-Nguesso faute de combattant. Tout ceci pour donner l’impression que le Congo-Brazzaville est une démocratie.  

Ainsi voilà les trois candidats à la Primature qui font la danse du ventre à monsieur Sassou-Nguesso. 

À l’attention de monsieur Sassou-Nguesso : « La différence entre l’homme politique et l’homme d’État est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération. » dixit James Freeman Clarke. 

 Dans sa noblesse impériale, monsieur Sassou-Nguesso réserve la Présidence de l’Assemblée nationale aux ressortissants du Pool acquis à sa cause, afin que ces derniers ne bronchent pas lorsqu’il commet ses exactions sur les populations du Pool, un département meurtri après tant d’années de massacres, de souffrance et d’humiliation. 

Tsaty Mabiala est cynique en politique car seuls ses intérêts comptent. Le rôle d’une opposition est de s’opposer, de gouverner et non de jouer les supplétifs de monsieur Sassou-Nguesso. Il est aussi rompu aux manœuvres politiciennes, de duplicité, de traîtrise et donc d’infidélité vis-à-vis de ses alliances apparentes formées avec les autres partis. 

Nous l’avons toujours écrit que Tsaty Mabiala n’était qu’un figurant en tant que Chef de l’opposition officielle. Il n’a jamais fait aboutir ou amender ne fusse qu’une loi à l’Assemblée nationale. Les sujets brûlants tels que les malversations financières du clan de l’Empereur n’ont jamais eu de sa part une forte indignation sinon qu’un haussement d’épaules. Il nous répondra que lorsque l’on mange et que la bouche est pleine, l’on ne parle pas car ce n’est pas poli. 

L’UPADS étant devenu un micro parti d’implantation locale aura de la part de monsieur Sassou-Nguesso un certain nombre de Députés nommés pour que la fête continue avec des visites nocturnes au Palais de monsieur Sassou-Nguesso. Monsieur Tsaty Mabiala ne veut pas perdre le confort dans lequel l’a installé monsieur Sassou-Nguesso. L’UPADS est devenu le marchepied de monsieur Sassou-Nguesso pour son ascension vers le sommet de l’Everest, en plus porté dans son fauteuil impérial par les membres de l’UPADS associés à ceux du PCT (Parti Congolais du travail) qui peuvent dormir sereinement tant qu’en face il y a un vide absolu. 

Sorti du bois, monsieur Mathias Dzon, ancien Ministre des Finances de monsieur Sassou-Nguesso au lendemain de la guerre civile de juin 1997 veut nous faire le coup de la vierge effarouchée. Savait-il qu’un pouvoir ne se prend pas par les armes avec au moins 400 000 morts ? Aujourd’hui hors du système depuis 2002, il joue à Zorro qui viendra libérer les congolaises et les Congolais. La démocratie est une culture et non une étiquette ou une boutonnière que l’on colle sur son blason. Condamner la guerre civile de juin 1997 aurait fait de lui un intellectuel qui éclaire le peuple sur les dérives du gouvernement, sur la bonne marche du pays, sur les sujets sociétaux et politiques. Mathias Dzon est un universitaire qui brandi son CV (curriculum vitae) comme une assurance au peuple congolais de l’élire Président de la république. Maintenant il dénonce les dérives d’un gouvernement qui depuis la guerre civile de juin 1997, pendant qu’il était Ministre des Finances, martyrise les Congolaises et les Congolais. Mérite-t-il une rédemption et a-t-il compris les devoirs d’un dirigeant ? Nous n’avons pas le droit de mettre en doute sa candidature, si l’homme a changé. « L’erreur est humaine, persévérer dans son erreur est diabolique. » 

Le rôle de l’opposition c’est de s’opposer et de gouverner en prenant le pouvoir par les voies démocratiques, c’est-à-dire lors d’une élection libre et transparente. Au Congo-Brazzaville, les mêmes hommes politiques depuis 60 ans d’indépendance nous jouent la même rengaine de la rédemption pendant les campagnes électorales et à la première occasion ils abandonnent le peuple congolais démuni. 

Comme monsieur Tsaty Mabiala Chef de l’opposition officielle ne présente pas à l’élection présidentielle, il devrait en toute logique soutenir Guy Brice Parfait Kolélas, si ce dernier venait à se déclarer candidat à cette élection présidentielle. Sinon ce ne serait à rien n’y comprendre. Un conglomérat des partis de l’opposition ne fait pas une opposition si chacun regarde dans des directions différentes ; C’est l’opposition alimentaire.   

Tous les leaders de l’opposition se réveillent tous à la veille de l’élection présidentielle de mars 2021. Mais qu’ont-ils fait pendant ces 5 dernières années ? Les victoires se préparent dès le lendemain des échecs. Qui veut aller loin ménage sa monture. Subitement le toilettage des listes électorales, la composition de la CÉNI (Commission nationale électorale indépendante), l’inéligibilité de monsieur Sassou-Nguesso Président de la république et du PCT font surface. Peine perdue car monsieur Sassou-Nguesso incarne à lui tout seul les pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire et militaire en étant le Chef suprême des Forces armées congolaises (FAC). 

Les vrais enjeux de l’élection présidentielle de mars 2021 gagnée d’avance, sont la répartition des postes aux différents leaders de l’opposition. Et le peuple congolais asservi dans tout ça ? L’insincérité qui caractérise les femmes et hommes politiques congolais s’est encore une fois faite jour. 

La politique au Congo-Brazzaville continue à être nauséabonde. « La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir un peu la merde, mais pas trop. » disait Edouard Herriot. Mais au Congo-Brazzaville, c’est de la merde à tous les étages.  

Quel héritage laisserons-nous à nos enfants et petits-enfants ? Une dette colossale qu’ils auront du mal à rembourser. Dans ce contexte morose de récession économique due à la mauvaise gestion des affaires publiques et à la pandémie de la COVID-19, l’implication de l’État congolais dans l’économie est plus que nécessaire en vue de protéger les plus démunis d’entre nous, agir pour réduire le chômage galopant des jeunes et lutter contre les inégalités. La pandémie de la COVID-19 a favorisé au Congo-Brazzaville la corruption en passant des marchés de gré à gré avec les membres de la famille présidentielle notamment avec les tests RT-PCR COVID-19 de dépistage et de diagnostic de la COVID-19.     

Il est temps pour ceux qui ne veulent plus servir notre peuple de quitter les affaires publiques et prendre leur retraite. Ce n’est pas un diktat mais une forte suggestion. D’autres leaders congolais et non des moindres sont prêts à relever le défi d’un renouveau congolais.  

Certaines candidatures fantaisistes font irruption sur la scène politique congolaise. La politique est une chose sérieuse, un sacerdoce, qui nécessite une abnégation, un sacrifice volontaire de soi-même, pour gérer les problèmes qui se posent au peuple. Mais tout le monde peut faire de la politique. C’est aussi ça la démocratie qui donne la liberté d’expression à tout citoyen et c’est au peuple souverain de trancher. 

Les Évêques du Congo-Brazzaville nous font toujours le coup d’émettre des réserves sérieuses à la veille de l’élection présidentielle qui ne serait pas apaisée, participative, transparente, libre et crédible dans des conditions actuelles. Quand monsieur Sassou-Nguesso gagne l’élection présidentielle en trichant, ces mêmes Évêques sont les premiers à aller célébrer les baptêmes et les mariages de la famille présidentielle et des dignitaires. Même Dieu a déserté le Congo-Brazzaville car il n’y a aucune cohérence entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font, chacun y trouvant son compte. 

Oublions ce qui nous divise, soyons plus unis que jamais. Le dialogue national inclusif s’impose à nous pour la réconciliation nationale car notre pays est fracturé. 

C’est Maurice Druon qui disait : “les tragédies de l’Histoire révèlent les grands hommes ; mais ce sont les médiocres qui provoquent les tragédies.”

Le Congo-Brazzaville est une tragédie. 

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA 

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