Tourisme. Une saison désespérément creuse

Au Maroc comme partout ailleurs, le tourisme n’en finit pas de broyer du noir

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L’année 2021 sera très dure pour le secteur du tourisme national. En effet, si celle qui l’a précédée a été la pire de l’histoire du tourisme mondial, l’année actuelle ne fera pas exception à la règle. Le durcissement des restrictions sur les voyages face aux nouvelles flambées du virus risque d’envenimer cette situation de crise pour un bon moment.

Un autre coup dur, donc, pour un secteur qui a déjà vu ses revenus baisser de 51% entre janvier et novembre 2020 à cause de la chute des arrivées qui n’ont pas dépassé les 142.000 touristes soit une baisse de 82% comparativement à la même période de l’année précédente. Cette baisse était de 98% dans le rang des touristes étrangers pendant la grande saison estivale et de 56% chez les résidents.

Concernant la perte d’emploi, la crise liée à la Covid-19 a provoqué la perte de 35% des emplois. A rappeler que le tourisme demeure l’un des principaux pourvoyeurs de l’économie nationale, avec environ 2 millions d’emplois directs et indirects, participe à hauteur de 11% du PIB national et mobilise près de 80 milliards de DH de recettes voyages en devises par an.

Une situation qui est appelée à perdurer cette année puisque les nouvelles données publiées par l’institution spécialisée des Nations unies, à savoir l’Organisation mondiale du tourisme, indiquent que le nombre des arrivées de touristes internationaux a chuté de 87% au titre de janvier 2021 par rapport à l’année précédente. Un état des lieux qui concerné toutes les régions du monde qui ont continué d’enregistrer de fortes chutes des arrivées de touristes au premier mois de l’année.

En détail, en plus de maintenir le plus haut niveau de restrictions sur les voyages, la région Asie-Pacifique a subi la plus forte baisse des arrivées internationales au mois de janvier avec un recul de 96%.

Pour leur part, «l’Europe et l’Afrique ont enregistré toutes les deux une baisse de 85% des arrivées et le Moyen-Orient une chute de 84%», selon les statistiques de l’organisation.

Quant aux Amériques, les données montrent qu’elles «ont connu une baisse de 77% des arrivées internationales au mois de janvier après avoir obtenu des résultats un peu meilleurs au dernier trimestre de l’année» écoulée.

Comme l’explique l’organisation internationale dans un communiqué, «les dépistages obligatoires, les quarantaines et dans certains cas la fermeture complète des frontières ont été autant d’obstacles à la reprise des voyages internationaux».

La même source estime, en outre, que «les vaccinations ont progressé à une échelle et à un rythme moins importants que prévu, retardant encore plus le redémarrage du tourisme».

Après une fin 2020 difficile, l’Organisation mondiale du tourisme concède que «le tourisme mondial a connu d’autres coups durs en ce début d’année 2021 avec le durcissement des restrictions sur les voyages décidé par les pays face aux nouvelles flambées du virus».

La situation est telle que l’OMT prévoit des premiers mois 2021 difficiles pour le tourisme mondial, arguant que 32% des destinations mondiales étaient complètement fermées aux touristes internationaux au début de février.

Au titre du premier trimestre 2021, l’OMT table sur une baisse d’environ 85% des arrivées de touristes internationaux par rapport à la même période en 2019. Ce qui correspond à environ 260 millions d’arrivées internationales en moins par rapport aux niveaux d’avant la pandémie, précise l’organisation.

Poursuivons pour dire qu’un possible rebond des voyages internationaux en deuxième partie d’année n’est pas exclu, selon les prévisions de l’OMT qui se fondent particulièrement sur «une levée importante des restrictions sur les voyages, le succès des programmes de vaccination ou encore la mise en place de protocoles harmonisés tels que les certificats verts numériques programmés par la Commission européenne».

Soulignons que deux scénarios ont été élaborés pour la suite de cette année. Dans le premier scénario, l’OMT prévoit un rebond en juillet qui se traduirait par une augmentation de 66% des arrivées internationales en 2021 par rapport aux plus bas historiques de 2020. En dépit de cette hausse, le nombre des arrivées devrait rester cependant inférieur de 55% aux niveaux de 2019.

« Dans le second scénario, le possible sursaut surviendrait en septembre et ferait augmenter les arrivées de 22% par rapport à l’an dernier, celles-ci demeurant néanmoins inférieures de 67% aux niveaux de 2019 », prévoit-elle. Quoi qu’il en soit, pour l’organisation internationale chargée de promouvoir et développer le tourisme, «la prudence reste de mise en ce qui concerne les perspectives pour le restant de l’année ». Et continue ainsi de «recommander de mieux coordonner les protocoles de voyage entre les pays pour permettre une reprise sûre du tourisme et éviter au secteur de subir une autre année de pertes colossales ».

Alain Bouithy

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