Pagesafrik.info

Maroc. L’inflation devrait s’accélérer à des niveaux relativement contenus

Evolution des indices des prix a la consommation

Dans une étude relatant l’évolution des prix à la consommation au cours de l’année 2020 et ses perspectives au cours du premier semestre de l’année 2021, le Haut-commissariat au plan annonce que l’inflation devrait continuer d’évoluer à des niveaux relativement contenus au cours de l’année 2021.

L’institution publique prévient cependant que « la tendance haussière des cours du pétrole observée depuis le mois de février de l’année en cours (+12,7%, contre -14,3% en janvier en variations annuelles), associée au rebond des cours des matières premières agricoles importées, seraient de nature à accélérer le rythme de croissance de l’inflation au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent ».

L’étude, qui tient compte de l’impact d’un retournement à la hausse des cours du pétrole et des autres matières premières, notamment agricoles, sur le marché international, indique que « les hausses des prix des huiles de table et des autres produits alimentaires tels que les céréales sont conséquentes à l’augmentation des cours des matières premières sur le marché international ».

L’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc précise dans sa note que « les dépenses de consommation de l’huile de table représentent 1,7% de l’indice global et celui du pain et des céréales 7,07% ».

La même source rappelle qu’à fin février 2021, le cours mondial de l’huile de tournesol et celui du soja ont connu des hausses respectives de 9,2% et 25,8%, contre +11,2% et +9,4% observées au cours de toute l’année écoulée. Parallèlement, les cours du maïs et du blé se sont accrus respectivement de 40,9% (contre -2,7% en 2020) et de +13,6% (au lieu de +7,8% pour toute l’année 2020).

Dans cette configuration, il sied de noter que la hausse des prix des matières premières risque de s’étendre, également, à la viande rouge. Aussi, comme le relève le Haut-commissariat dans sa note, « près de 87% de l’alimentation et l’engraissement animal sont composés de maïs, d’orge et de tourteau de soja, des produits totalement importés de l’étranger ».

L’alimentation de la volaille dépendant de produits composés importés pour la plupart, l’organisme de statistiques prévient que les œufs et les viandes blanches pourraient aussi subir les conséquences de cette hausse des matières premières, mais que les risques inflationnistes resteraient limités à court terme.

Quoi qu’il en soit, le Haut-commissariat assure que « la hausse des cours des matières premières importées serait, quelque peu, atténuée par l’appréciation du dirham par rapport au dollar (- 6,3% en janvier 2021, au lieu de 1,3% en 2020) ».

L’étude du HCP soutient également que « la perspective d’une bonne année agricole, après deux années successives de sécheresse, et les faibles pressions émanant de la demande seraient de nature à maintenir le taux d’inflation au cours de l’année 2021 à des niveaux toujours modérés ».

Dans ce cas, l’organisme entrevoit une accélération du taux d’inflation au cours du deuxième trimestre 2021 qui se situerait autour de 1,2%, au lieu de 0,1% au premier trimestre, tirée notamment par le rebond de 2% des prix à la consommation des produits non-alimentaires.

Si l’on en croit le HCP, « cette évolution serait attribuable, particulièrement, à un retournement à la hausse des prix des carburants et des lubrifiants dont la contribution atteindrait près de +0,8 point à l’évolution globale des prix, contre -0,7 point la même période de 2020, compte tenu d’un cours du Brent prévu à 70$/baril, au lieu de 31,47$/baril, une année auparavant ».

Le Haut-commissariat entrevoit également un léger redressement des prix à la consommation des produits alimentaires de 0,1%, au deuxième trimestre 2021, contre -1,2% un trimestre plus tôt. Selon ses explications, cette évolution « serait attribuable, notamment, à un accroissement des prix des huiles et des céréales non transformées, telles que le maïs et l’orge, en grande partie importés », assurant que les prix des autres produits alimentaires poursuivraient leur tendance modérée.

Les données statistiques du HCP montrent qu’en 2020, l’inflation s’était légèrement accrue pour se situer à 0,7%, au lieu de 0,2% en 2019, en raison d’une hausse de 0,9% de l’IPC des produits alimentaires et d’un accroissement de 0,5% de celui des produits non-alimentaires.

Cependant, « un retournement à la hausse des prix à la consommation a été observé à partir du mois d’août 2020, tiré principalement par l’augmentation des prix des produits alimentaires à prix volatils, particulièrement les fruits, les légumes et les huiles de tables », selon le HCP.

Cette hausse des prix consécutive à la succession de deux années de sécheresse, associée à un accroissement des cours des matières premières agricoles sur le marché international, a ramené la contribution de l’IPC alimentaire à l’évolution de l’inflation globale à +0,36 point, au lieu de -0,5 point en 2019, souligne la note du HCP.

La même source ajoute qu’«au niveau des produits non-alimentaires, les prix de l’enseignement ont contribué pour +0,15 point au lieu de +0,2 point une année passée. En revanche, les prix des carburants et lubrifiants ont contribué pour -0,35 point, au lieu de -0,07 point en 2019 ».

Alain Bouithy

Aller à la barre d’outils