Maroc. Le moral des ménages replonge

Selon le HCP, ils sont 29,6% à s’attendre à une dégradation de leur niveau de vie et 80% à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois

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Siège du Haut-commissariat au Plan (HCP)

ENQUÊTE. Le moral des ménages, qui s’était amélioré au premier trimestre 2021 après une année difficile marquée par la crise du coronavirus, s’est encore dégradé.

D’après les résultats de l’enquête permanente de conjoncture menée par le Haut-commissariat au plan (HCP) auprès des ménages, la confiance de ces derniers s’est en effet dégradée au deuxième trimestre de 2021.

L’indice de confiance des ménages (ICM), l’indicateur synthétique qui reflète l’opinion des ménages sur l’évolution du niveau de vie, du chômage, de l’opportunité à effectuer des achats de biens durables et de leur situation financière, s’est ainsi établi à 63 points, au lieu de 68,3 points enregistrés le trimestre précédent et 65,6 points une année auparavant.

A titre de comparaison, au premier trimestre 2021, l’ICM s’était élevé à 68,3 points, au lieu de 61,2 points enregistrés le trimestre précédent et 75,7 points une année auparavant.

Le pessimiste reprend donc le dessus sur le moral des ménages et l’analyse des résultats de l’enquête du Haut-commissariat relative à la période étudiée semble clairement confirmer cette tendance.

En effet, dans sa note d’information sur les résultats de son enquête de conjoncture, le HCP indique que 65,6% des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 19,6% un maintien au même niveau et 14,8% une amélioration.

«Le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie est resté négatif, à moins 50,8 points, contre moins 50,5 points au trimestre précédent et moins 24,8 points au même trimestre de l’année passée», souligne l’institution publique.

L’opinion des ménages demeure pessimiste même pour les 12 prochains mois, puisque près d’un tiers d’entre eux (29,6%) s’attend à une dégradation du niveau de vie, 40,6% à un maintien au même niveau et 29,8% à une amélioration.

Dans ce cas, «le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’établit à 0,2 point enregistrant ainsi une dégradation par rapport au trimestre précédent et une amélioration par rapport au même trimestre de l’année précédente où il était à 13,2 points et à moins 11,4 points respectivement», relève le HCP.

Considéré comme un sujet particulièrement préoccupant pour de nombreux jeunes qui connaissent des taux souvent plus élevés que d’autres catégories sociales, le chômage joue aussi sa partition dans la démoralisation des ménages.

En effet, au deuxième trimestre de 2021, 80% contre 10,2% des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois. Le HCP en déduit que le solde d’opinion est resté négatif à moins 69,8 points contre moins 62,2 points un trimestre auparavant et moins 75,2 points un an auparavant.

A noter que l’opinion des ménages sur l’opportunité d’effectuer des achats de biens durables est très claire : 74,6% d’entre eux contre 9% seulement considèrent que le moment n’est pas opportun.

Ainsi, «le solde d’opinion de cet indicateur est resté négatif avec moins 65,6 enregistrant une dégradation par rapport au trimestre précédent où il s’est établi à moins 61,6 et une amélioration par rapport au même trimestre de l’année précédente se situant à moins 68.

S’ils sont plus de la moitié (54,6%) à estimer que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 41,7% des ménages admettent tout de même qu’ils s’endettent ou puisent dans leur épargne. Seuls 3,7% affirment épargner une partie de leur revenu.

Ces statistiques insinuent que «le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle des ménages est resté négatif, à moins 38 points contre moins 34,4 points le trimestre précédent et moins 30 points une année auparavant», selon l’analyse du Haut-commissariat.

A noter également que l’évolution de la situation financière au cours des 12 derniers mois n’a pas été du goût des ménages.

En effet, ils sont plus de la moitié (55,5% contre 5,5%) à considérer qu’elle s’est dégradée. C’est dire que «cette perception reste ainsi négative, avec un solde d’opinion de moins 50 points contre moins 47,4 points au trimestre précèdent et moins 27 points au même trimestre de l’année précédente».
Malgré tout, 30,3% contre 15,5% des ménages croient encore que leur situation financière va s’améliorer au cours des 12 prochains mois.

Dans ce cas, le solde d’opinion s’est établi à 14,8 points contre 21,2 points un trimestre auparavant et moins 4,6 points un an auparavant.

A souligner que l’enquête fournit également des données trimestrielles sur la perception des ménages relative à d’autres aspects des conditions de vie dont la capacité des ménages à épargner et de l’évolution des prix des produits alimentaires. Ainsi, en ce qui concerne la capacité future des ménages à épargner, il ressort que 16,4% contre 83,6% des ménages s’attendent à épargner au cours des 12 prochains mois.

S’agissant de l’évolution des prix des produits alimentaires, l’opinion de 87,1% des ménages sondés est que ceux-ci ont connu une augmentation au cours des 12 derniers mois contre une proportion minime des ménages (0,3%) qui ressentent leur diminution.

Les ménages dans leur majorité (70,6%) sont persuadés que les prix continueront à augmenter au cours des 12 prochains mois. Seuls 2,9% pensent au contraire qu’ils baisseront. 

Alain Bouithy

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