Maroc. Le déficit budgétaire est ressorti à 82 MMDH à fin décembre 2020

Baisse des recettes douanières de 10,3% et de la fiscalité domestique de 4%

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Trésorerie générale du Royaume

Le déficit budgétaire s’est encore aggravé, si l’on en croit les statistiques publiées récemment par la Trésorerie générale du Royaume (TGR).

En effet, sur la base des recettes encaissées et des dépenses émises, la situation des charges et ressources du Trésor laisse apparaître un déficit budgétaire de 82 MMDH à fin décembre 2020 contre un déficit budgétaire de 46,5 MMDH un an auparavant, a indiqué la TGR dans son bulletin mensuel de statistiques des finances publiques (BMSFP) de décembre.

Comme le souligne la Trésorerie générale, ce déficit tient compte d’« un solde positif de 2,1 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) et les services de l’Etat gérés de manière autonome (SEGMA) ».

Pour rappel, à fin décembre 2019, le déficit du Trésor de 46,5 MMDH avait tenu compte d’un solde positif de 10,1 MMDH dégagé par les CST et les SEGMA. Soulignons qu’à fin décembre 2020, la situation provisoire des charges et ressources du Trésor « laisse apparaître une baisse des recettes ordinaires brutes de 1,8% et une hausse des dépenses ordinaires émises de 1,5% dégageant ainsi un solde ordinaire positif de 5,8 MMDH », a noté la Trésorerie générale.

En effet, selon les données recueillies par la TGR, les recettes ordinaires brutes se sont établies à 249,4 MMDH contre 254 MMDH à fin décembre 2019, ce qui correspond à un recul de 1,8% équivalant à -4,6 MMDH. Selon les explications de la TGR, ce repli résulte de « la baisse des impôts directs de 3,9%, des droits de douane de 2,2%, des impôts indirects de 7% et des droits d’enregistrement et de timbre de 11,4%, conjuguée à l’augmentation des recettes non fiscales de 21,9% ».

Dans ce segment, il ressort que les recettes fiscales brutes ont été de 206 MMDH contre 218,4 MMDH à fin décembre 2019, soit un recul de 5,7%, en raison de la baisse des recettes douanières de 10,3% et de la fiscalité domestique de 4%. Tandis que les recettes non fiscales se sont établies à 43,4 MMDH contre 35,6 MMDH un an auparavant, soit une hausse de 21,9%.

Concernant les recettes non fiscales, la TGR attribue leur hausse à l’augmentation des versements des CST au profit du budget général (20,3 MMDH contre 6,5 MMDH) et des fonds de concours (7.132 MDH contre 1.973 MDH).

Cette évolution s’explique aussi par « la diminution des recettes de monopoles (9.716 MDH contre 12.894 MDH), des recettes de privatisation, des recettes en atténuation des dépenses de la dette (1.526 MDH contre 3.164 MDH) et de la redevance gazoduc (455 MDH contre 1.011 MDH) », souligne la TGR dans son bulletin.

A propos des recettes ordinaires brutes, la Trésorerie générale précise que, compte tenu d’un besoin de financement de 67,6 MMDH et d’un flux net positif du financement extérieur de 42,5 MMDH, le Trésor a eu recours au financement intérieur pour un montant de 25,1 MMDH.

Commentant l’évolution des dépenses à fin décembre 2020, la TGR relève que « les engagements de dépenses, y compris celles non soumises au visa préalable d’engagement, se sont élevés à 587,8 MMDH, représentant un taux global d’engagement de 86% contre 85% à fin décembre 2019 ». Et de préciser que le taux d’émission sur engagements a été de 93%, contre un peu moins (92%) un an auparavant.

S’agissant des dépenses émises au titre du budget général, à la même période, il ressort qu’elles ont augmenté de 11,6% par rapport à leur niveau à fin décembre 2019 pour atteindre 402,2 MMDH, suite à l’accroissement des dépenses de fonctionnement (2,1%), des dépenses d’investissement (27,4%) et des charges de la dette budgétisée (22,6%).

Dans ce segment, il est important de souligner la progression des charges de la dette budgétisée de 22,6% en raison de l’augmentation des remboursements du principal qui sont passés de 50 MMDH à 68,7 MMDH (soit 37,5%) et du recul des intérêts de la dette à 28,7 MMDH contre 29,5 MMDH (2,7%).

Quant aux comptes spéciaux du Trésor, il ressort que les recettes se sont établies à 145,4 MMDH et qu’elles « tiennent compte des transferts reçus des charges communes du budget général d’investissement pour 25,1 MMDH contre 16,2 MMDH à fin décembre 2019 ». Tandis que les dépenses émises, qui intègrent la part des CST au titre des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux pour 3.195 MDH, ont été de 143,2 MMDH. 

Alain Bouithy

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