Maroc. La BERD plus optimiste que l’exécutif sur la croissance nationale

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Les estimations de la BERD traduisent le succès de la campagne de vaccination au Maroc. DR.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) s’est livrée à l’exercice de la prévision de croissance pour le Maroc en 2021, rejoignant ainsi les institutions nationales et internationales qui s’y sont exprimées au cours des précédents mois.

Dans un rapport sur les perspectives économiques régionales, rendu public jeudi 4, l’institution internationale a, en effet, livré ses nouvelles prévisions pour cette année, lesquelles anticipent une croissance de 5%.

Les estimations de la BERD traduisent le succès de la campagne de vaccination au Maroc, qui a favorisé une réouverture assez rapide de l’économie, en dépit d’un redémarrage prudent du tourisme à l’échelle mondiale, rapporte  la MAP.

A en croire la Banque européenne, l’économie marocaine devrait être soutenue par une bonne saison des pluies, la reprise attendue en Europe -principal partenaire commercial du Maroc – et le renforcement des exportations dans les secteurs du phosphate et de l’automobile.

Bien qu’en dessous des estimations du Centre marocain de conjoncture (CMC), de Bank Al-Maghrib (BAM) et du Haut-commissariat au plan (HCP), qui anticipent pour leur part une croissance respective de 7,1%, 6,2% et 5,7%, les dernières prédictions de la BERD sont à bien des égards optimistes.

Tout comme celles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale qui prévoient une croissance de l’ordre de 5,7% et 5,3% pour cette année.
Comparées aux chiffres du gouvernement nouvellement formé, les projections de la Banque européenne sont de loin bien plus optimistes.

A titre de comparaison, rappelons que le Projet de loi de Finances 2022 (PLF-2022) prévoit une croissance économique d’à peine 3,2% pour 2021.

Comme l’avait récemment relevé la nouvelle ministre de l’Economie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, lors d’une séance conjointe des deux Chambres du Parlement, cette estimation tient compte du rétablissement de l’économie mondiale notamment dans la zone euro et se base sur des hypothèses d’une récolte céréalière de 80 millions de quintaux (Mqx) et d’un prix moyen du gaz butane de 450 dollars/tonne.

Dans son rapport, la BERD dont la vocation est de « favoriser la transition vers des économies de marché » et de « promouvoir l’initiative privée et l’esprit d’entreprise » a, par ailleurs, abaissé ses projections de croissance pour 2022, tablant sur un taux de croissance plus modéré de 3,2% l’an prochain.

Pour rappel, les activités de la banque, fondée en 1991, en vue d’instaurer, après la guerre froide, une ère nouvelle en Europe centrale et orientalent, s’articule autour de quatre principaux axes.

Le premier axe porte sur le développement du potentiel entrepreneurial du Maroc, la promotion de l’entrepreneuriat féminin et l’accroissement des financements en direction des petites et moyennes entreprises.

Le deuxième axe repose sur le soutien au développement économique régional et à l’intégration des femmes en améliorant l’environnement entrepreneurial et en soutenant l’égalité des chances en matière d’emploi pour les hommes et les femmes dans les zones rurales.

Le troisième axe concerne le soutien au caractère durable de l’économie, et l’amélioration de l’efficacité et de la qualité des infrastructures et des biens publics par la commercialisation des services et des infrastructures publics.

Quant au quatrième axe, il vise l’approfondissement et le développement des marchés des capitaux en élargissant la gamme des instruments financiers et en promouvant des solutions financières innovantes.

La BERD est présente dans plus de 30 pays, de l’Europe centrale et orientale à l’Asie centrale et à la partie méridionale et orientale du bassin méditerranéen, peut-on lire sur le site de l’institution.

Alain Bouithy

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