Maroc. Forte baisse de la demande intérieure en 2020

L’économie nationale s’est contractée de 6,3% l’année écoulée

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Siège du Haut-commissariat au plan (HCP). DR.

L’économie nationale s’est contractée de 6,3% au cours de l’année écoulée, a annoncé le Haut-commissariat au plan (HCP) dans sa note d’information relative aux comptes nationaux provisoires de l’année 2020.

En 2020, les activités non agricoles et celles du secteur agricole ont affiché respectivement un recul de 5,8% et 8,6%, a indiqué l’institution publique. « La valeur ajoutée, en volume, du secteur agricole (non compris la pêche) a connu une deuxième baisse de 8,6% après celle de 5,8% en 2019.

De même, la valeur ajoutée des autres secteurs d’activité non agricoles a aussi connu un fort repli de 5,8% au lieu d’une hausse de 3,9% une année plus tôt », a relevé le HCP.

Le taux d’accroissement du produit intérieur brut (PIB) en volume, hors agriculture, a reculé de -6% en 2020, au lieu de 3,7% en 2019, après la baisse de 7,6% des impôts nets des subventions sur les produits au lieu d’une hausse de 1,9% l’année précédente.

Au total, le PIB global en volume a connu un net recul de -6,3% au lieu d’une croissance de 2,6% enregistrée en 2019, a souligné l’institution dans sa note d’information. Selon la même source,« aux prix courants, le PIB national a connu une baisse de 5,5% en 2020 au lieu d’une hausse de 4% une année auparavant, dégageant ainsi une baisse du niveau général des prix passant de 1,4% en 2019 à 0,8% en 2020 ».

Dans le contexte d’une baisse du niveau général des prix et d’un allégement du besoin de financement de l’économie nationale, la demande intérieure et extérieure a été marquée par une contraction au cours de l’année dernière.

En effet, «la demande intérieure s’est contractée de 6% en 2020 au lieu d’une hausse de 1,7% en 2019, avec une contribution négative à la croissance de 6,5 points au lieu d’une contribution positive de 1,8 point», a noté le Haut-commissariat. Après analyse, il ressort ainsi que les dépenses de consommation finale des ménages ont accusé une baisse de 4,1% au lieu d’une hausse de 1,9% en 2019 avec une contribution négative à la croissance de 2,3 points au lieu d’une contribution positive de 1,1 point, selon le HCP.

Avec une contribution à la croissance de -4,6 points au lieu de -0,1 point, l’investissement brut (formation brute de capital fixe et variation des stocks) a, de son côté, enregistré un net recul de son taux d’accroissement. Celui-ci est passé de -0,4% en 2019 à -14,2% en 2020.

Des données statistiques analysées, il apparaît, en revanche, que « la consommation finale des administrations publiques a affiché un taux d’accroissement de 1,7% en 2020 au lieu de 4,7% une année auparavant, avec une contribution à la croissance de 0,3 point au lieu de 0,9 point », a noté le HCP.

L’analyse de l’évolution des échanges extérieurs de biens et services en volume en 2020 montre que les exportations et les importations ont enregistré de fortes baisses durant l’année 2020. En effet, « les exportations de biens et services ont affiché un net repli de 14,3% au lieu d’une hausse de 6,2% une année auparavant, avec une contribution négative à la croissance de 5,6 points au lieu d’une contribution positive de 2,4 points », a relevé l’institution.

Avec une contribution négative à la croissance de 5,8 points au lieu d’une contribution positive de 1,7 point l’année passée, les importations de biens et services ont accusé une forte baisse de 12,2% contre une augmentation de 3,4% en 2019.

En ce qui concerne le financement, il ressort qu’avec la forte baisse du PIB aux prix courants de 5,5% au lieu d’une hausse de 4% l’année passée et la hausse de 24,2% des revenus nets reçus du reste du monde au lieu d’une baisse de 3,2%, le revenu national brut disponible a connu une diminution de 5% en 2020 au lieu d’une progression de 4% en 2019 pour se situer à 1153 milliards de DH.

Ainsi que l’a relevé le HCP dans sa note,« compte tenu de la baisse de 2,4% de la consommation finale nationale en valeur au lieu d’une hausse de 3,5% enregistrée une année auparavant, l’épargne nationale a reculé d’un point pour se situer à 26,7% du PIB ».

Soulignons enfin que le besoin de financement de l’économie nationale s’est allégé passant de 4,1% du PIB en 2019 à 1,8% en 2020, suite à un niveau d’investissement brut (FBCF et variation de stocks) qui a représenté 28,4% du PIB au lieu de 31,9% une année auparavant. 

Alain Bouithy

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