Maroc. Bank Al-Maghrib relève ses prévisions de croissance pour cette année à 6,2%

La Banque centrale garde son taux directeur inchangé à 1,5%

0
201
Bank Al-Maghrib

Bank Al-Maghrib a maintenu mercredi 13 son taux directeur inchangé à 1,5%,  estimant que son niveau actuel demeure «approprié», et relevé ses prévisions de croissance pour cette année à 6,2%.

«L’orientation de la politique monétaire reste largement accommodante, assurant des conditions de financement adéquates», a justifié le Conseil de politique monétaire de Bank Al-Maghrib à l’issue de sa troisième réunion trimestrielle de l’année 2021.

Analysant la conjoncture économique national ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme de l’institution publique, la Banque centrale a relevé des progrès significatifs réalisés par le Maroc en matière de vaccination, la poursuite de la reprise de l’activité économique et l’évolution de l’inflation à des niveaux modérés en dépit d’une certaine accentuation des pressions inflationnistes externes.

Le Conseil, qui s’est enquis également des derniers développements sur le marché de change et de l’impact des interventions récentes de la Banque pour résorber les excédents conjoncturels de devises, a en outre noté qu’après une relative accélération à 1,6% en moyenne au deuxième trimestre de 2021 et à 2,2% en juillet, l’inflation est revenue à 0,8% en août en lien avec la baisse des prix des produits alimentaires à prix volatils.

Selon les prévisions de BAM, l’inflation « devrait ressortir à 1,2% sur l’ensemble de cette année et s’établir à 1,6% en 2022 et ce, après un taux de 0,7% en 2020 », tandis que sa composante sous-jacente devrait passer de 0,5% en moyenne en 2020 à 1,4% en 2021 et atteindrait 2,1% en 2022.

Poursuivant son analyse de l’évolution de la conjoncture économique nationale, Bank Al-Maghrib a annoncé que la reprise devrait se poursuivre, « soutenue par les progrès notables de la campagne de vaccination, la très bonne campagne agricole, le stimulus budgétaire ainsi que l’orientation accommodante de la politique monétaire ».

Des projections de la Banque centrale, il ressort que le PIB terminerait l’année 2021 avec un rebond de 6,2%, en révision à la hausse de 0,9 point par rapport aux prévisions de juin dernier.

Dans son communiqué, BAM a indiqué que «  cette amélioration reflète une augmentation de 18,8% de la valeur ajoutée agricole, compte tenu d’une récolte céréalière de 103,2 millions de quintaux, et une augmentation de 4,6% de celle non agricole ».

D’après l’institution publique, la croissance devrait se consolider à 3% l’année prochaine, « recouvrant un repli de 3,3% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne, et un accroissement de 3,6% de celle des activités non agricoles ».

Analysant l’évolution du marché du travail, la Banque a noté une amélioration de 1,3 point du taux d’activité à 46,1% alors que le taux de chômage s’est aggravé de 0,5 point à 12,8%. Elle a, à cette occasion, rappelé que les données du deuxième trimestre 2021 qui font ressortir une création de 405 mille emplois en glissement annuel, jugeant ce nombre en deçà des 533 mille actifs qui ont rejoint le marché au cours de la même période.

Pour ce qui est des échanges extérieurs, la reprise du commerce de biens observée en août dernier devrait se poursuivre avec une hausse des exportations de 22,6% en 2021 puis de 5,9% en 2022, a indiqué BAM soulignant qu’elle serait tirée principalement par les ventes du phosphate et dérivés et la construction automobile.

Les importations devrait de leur côté s’accroître de 19,6% en 2021, en raison essentiellement des augmentations prévues des achats de biens d’équipement et de consommation, ainsi que de l’alourdissement de la facture énergétique. Mais elles devraient accuser une décélération de leur rythme à 4% en 2022.

En 2022, sous l’hypothèse d’un allègement significatif des restrictions sanitaires, les recettes voyages connaîtraient un rebond à 60,7 milliards (après une baisse de 8,6% à 33,3 milliards de dirhams prévue en 2021); tandis que les transferts des MRE, après une progression importante de 27,7% en 2021, baisserait de 5% à 82,7 milliards en 2022.

Selon BAM, qui tient compte, en particulier, des financements extérieurs prévus du Trésor et de l’allocation de DTS de 10,8 milliards de dirhams, « les avoirs officiels de réserve se situeraient à 335 milliards de dirhams à fin 2021 et à 345,1 milliards à fin 2022 ».

Pour ce qui est du crédit bancaire au secteur non financier dont la progression a accusé un léger ralentissement à 3,3% au deuxième trimestre, il devrait terminer cette année avec une hausse de 3,7% puis augmenter de 3,8% en 2022, a-t-elle poursuivi.

S’agissant des finances publiques, Bank Al-Maghrib a noté une amélioration de 9,3% des recettes ordinaires, alors que les dépenses globales se sont alourdies de 8%, en lien notamment avec les augmentations des dépenses de biens et services, des transferts aux collectivités territoriales et de la charge de compensation.

Le déficit de caisse, qui intègre une réduction du stock des opérations en instance d’un montant de 18,5 milliards, s’est établi à 67,4 milliards, au lieu de 48,2 milliards à la même période en 2020.

Ainsi, « le déficit budgétaire, hors privatisation, devrait s’améliorer, selon les projections de Bank Al-Maghrib, passant de 7,6% du PIB en 2020 à 7,3% en 2021 et à 6,8% en 2022 », a-t-elle déduit.

Alain Bouithy

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here