L’Indépendance et le sens patriotique du devoir pour le développement de la Nation d’après l’Abbé Fulbert YOULOU

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Abbé Fulbert Youlou

L’indépendance n’a jamais été pour l’abbé Fulbert YOULOU, père de la Nation Congolaise, une entreprise facile d’accession à l’autonomie tendant notamment au confort, aux améliorations immédiates et inconditionnelles du niveau de vie.

L’indépendance qui est la voie même d’amélioration des conditions de vie, de travail, du respect des engagements, sans être tributaire d’autres nations n’est possible ou réalisable que si la liberté d’un peuple n’est guère hypothéquée.

Ainsi, pour accéder pleinement sur la voie de l’indépendance, le sens du devoir patriotique selon l’abbé Fulbert est l’arme la plus confortable qui soit.

« Nous sommes maîtres de notre sort, de notre devenir, dans un monde en perpétuel bouillonnement….Et pour cela nous devons pouvoir compter sur la volonté du pays tout entier. La foi en lui-même d’un peuple, son enthousiasme ont bien souvent, dans l’histoire, rendu possible un avenir que le monde entier s’accordait à reconnaître comme impossible. » [ Adolphe TSIAKAKA in « L’Abbé Fulbert YOULOU la mémoire oubliée du Congo-Brazzaville ouvrage autoédité 2009 P.152.]

Ainsi à la lumière de la pensée du père de la Nation, l’abbé Fulbert YOULOU, l’indépendance est aussi, peut-on dire, une question de transcendance afférente à la maîtrise de son sort, de son devenir et ce, par le Devoir patriotique pour l’avenir de la Nation lequel à son tour est basé sur des principes que sont :

1. La Volonté du pays tout entier qui, en l’espèce passe par l’union, le travail, la mise en jeu des intelligences individuelles et collectives au service de la Nation et la responsabilité des tâches qu’il convient d’assumer et qui, par voie de conséquence aboutissent au rejet absolu de tous comportements de nature à mettre un frein contre les desseins nobles de la Nation parmi lesquels figure le développement national.

2. La foi en lui-même d’un peuple, c’est-à-dire cette espérance et cette prise de conscience populaires sur le capital de civilisation ou du patrimoine culturel et historique qu’un peuple est doté et auquel, il doit pleinement adhérer et ce, par sa capacité à l’exploiter à bon escient, face à l’évolution du monde aux fins d’amélioration de ses conditions d’existence et donc pour le développement de la Nation.

3. L’enthousiasme, c’est-à-dire cette ferme et exaltante détermination d’inscription sur le chemin du progrès et qui, à ce titre n’admet aucun relâchement sur la nécessité de veiller constamment sur les intérêts supérieurs de la Nation.

Tels sont d’ailleurs les principes qui définissent l’emblème du drapeau congolais à savoir : Unité, Travail et Progrès.
L’amour de la patrie est, et non des moindres, une des conditions absolument nécessaires qui oriente corrélativement un peuple vers la marche pour le développement de sa Nation. En l’absence de cet amour aucune nation ne peut prétendre accéder à l’autonomie et au développement d’autant plus qu’aimer sa patrie, c’est s’attacher à toutes ces valeurs qui fondent sa raison d’être, en l’occurrence, l’union, la fraternité, la culture, l’ordre, le travail, la sécurité et la paix.
Cela fut pour le Père de la Nation Congolaise, l’abbé Fulbert YOULOU bien qu’une croyance mais plutôt et surtout une conviction, une question de foi transcendantale associée bien évidemment à celle de la raison humaine pour accéder, au final, au stade de la foi et de la raison d’Etat-Nation.
C’est dire, qu’une vision patriotique qui conditionne une communauté politique d’individus vivant sur le même sol, liés surtout par un fort sentiment d’appartenance à une même collectivité, notamment culturelle et linguistique, en cherchant à dynamiser son patrimoine culturel, pour un mieux être, est paradoxalement, d’après l’abbé Fulbert YOULOU, la porte ouverte à l’inaccessible en matière de développement national.

Aussi, pour l’abbé Fulbert YOULOU, « Une nécessité s’impose donc à nous. Rechercher, dès à présent, dans nos propres ressources, les moyens qui sont nécessaires à notre existence. Cela doit être l’œuvre de tout le peuple. C’est le concours de la Nation tout entière qui est encore requis. Chacun, dans son domaine, doit concourir à cette tâche immense. Le fardeau est moins lourd quand on est plusieurs à le porter et quand les charges sont bien réparties. La Nation donc acceptera les sacrifices qui lui seront demandés. » [ Adolphe TSIAKAKA in « L’Abbé Fulbert YOULOU la mémoire oubliée du Congo-Brazzaville ouvrage autoédité 2009 P.154.]

En tout état de cause, si l’indépendance était pour l’abbé Fulbert YOULOU un moyen d’affirmation d’individualité notamment des nations africaines, elle se révélait toutefois comme une occasion de prise de conscience des réalités qui s’imposaient à elles. Réalités qui ne sont certes pas toujours agréables ni à admettre, ni à résoudre, car souvent en Afrique, comme ailleurs, concluait-il, elles comportent des devoirs, des charges, des engagements d’où résultent obligations et sacrifices. [ Adolphe TSIAKAKA in « L’Abbé Fulbert YOULOU la mémoire oubliée du Congo-Brazzaville ouvrage autoédité 2009 P.152.]

C’est à ce titre qu’à l’occasion du deuxième anniversaire de l’indépendance du Congo-Brazzaville, dans un discours tenu le 14 août 1962, le Père de la Nation, l’abbé Fulbert YOULOU, exhortait le peuple Congolais à l’amour de la Patrie, au sens du devoir et du civisme. Je sais que je peux compter sur vous tous, observait-il, et que grâce à votre labeur, à votre dévouement à la chose publique et à votre amour passionné pour notre Congo, le jour est maintenant proche où sous les plis frémissants de notre drapeau tout un peuple triomphant marchera en chantant sur les routes de la prospérité, du progrès et du bonheur.

Vive la République du Congo,
Vive la Nation congolaise une et indivisible.

Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU (TAATA N’DWENGA)
Coordonnateur général du cercle KI-MBAANZA ou des AMIS DE LA NATION CONGOLAISE (A.N.C.)

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