Les avatars de la récente déclaration de Kagame…

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Le Président rwanPaul Kagame

TRIBUNE. La récente ironie sarcastique de Paul Kagame sur l’ESPRIT DÉFICIENT de ceux qui dirigent un pays regorgeant de ressources naturelles mais vont mendier de l’aide à l’étranger, s’inscrit autant dans le registre d’injure diplomatique que dans la campagne très agressive menée tambour battant devant l’opinion internationale pour vouloir prouver que les congolais sont des BMW qui ne valent rien du tout.

La ruse politique de Kagame consiste à boucher farouchement toutes les issues de sortie de la crise congolaise et d’empêcher toute voie de solutions que le peuple congolais cherche à se donner pour reconquérir sa souveraineté. À chaque fois que le soleil pointe à l’horizon du Congo, Kagame s’emploie de toutes ses forces à renverser la tendance pour enfin imposer ses fausses solutions, appelées à exacerber la crise congolaise. Et c’est dans ce chaos organisé tout comme dans cette eau trouble qu’il entend continuer à pécher tranquillement pour enrichir son pays tout en dominant par appauvrissement et par affaiblissement de son ennemi juré qu’est le peuple congolais.

A noter que cette déclaration de Kagame est loin d’être un fait isolé. Elle s’inscrit dans la logique d’une farouche guerre psychologique qui date depuis l’entrée de l’AFDL en RDC et qui vise à déposséder les congolais de leur pays et de faire en sorte que les propriétaires des ressources auxquelles il fait allusion ne soient plus les ayant droit congolais mais les multinationales dont lui Kagame est devenu le principal sous-traitant. Cette guerre d’humiliation et de dépossession des congolais se fait via plusieurs phrases assassines des acteurs politiques ou militaires de grande notoriété. Voici quelques exemples-types.

1. Joseph Kabila :

“Depuis 2001, il y a eu beaucoup de changements autour de moi. Pour transformer un pays comme le Congo, il ne faut pas compter sur mille personnes. Il faut avoir dix ou quinze personnes déterminées. Avec elles on peut transformer un pays. Et je m’étais effectivement demandé si j’avais ces dix ou quinze personnes’ ( interview à Colette Braeckman)

2. James Kabarebe :

“L’armée congolaise est tellement désorganisée qu’elle est incapable d’écraser même un rat.” ( interview à Colette Braeckman)

3. Nicolas Sarkozy:

“Quant à la région des Grands Lacs, l’option militaire n’apportera aucune solution aux problèmes de fond qui se posent de façon récurrente depuis dix ans. Il faut trouver une autre approche pour apporter à la région l’assurance que l’ensemble de ces questions sera réglé de façon globale. Cela pose la question du Rwanda, pays à démographie dynamique et à superficie petite. Cela pose aussi la question de la République Démocratique du Congo, pays à superficie immense et à l’organisation étrange des richesses. Il faudra bien à un moment ou un autre, un dialogue structurel : dans cette région il faut partager l’espace, il faut partager les richesses”

( Devant le Corps diplomatique à Paris)

L’important ici, c’est de ne pas s’arrêter aux apparences mais de scruter le sens caché de la déclaration de Kagame et de fixer pourquoi il a choisi de le faire maintenant qu’il venait d’arracher de son prétendu “frère et ami” le contrat secret dûment signé par les deux parties congolaises et rwandaises autorisant que l’or congolais soit désormais raffiné à Kigali.

On est en pleine guerre psychologique et la RUSE de Kagame consiste à noyer la tête de son pair congolais dans l’eau : en public il le courtise comme son meilleur ami et frère et en privé il étale son sadisme lui démontrant que c’est grâce à lui le maître de Kigali qu’il occupe son trône à Kinshasa et que c’est lui qui dicte le tempo de la politique intérieure congolaise. Des fois quand il prend plaisir à pousser son cynisme très loin en vue d’humilier son interlocuteur congolais, il se permet des sorties médiatiques osées pour prouver à la face du monde que c’est lui le PATRON du Congo et personne d’autre.

Le plus caucasse dans cette guerre psychologique, c’est bien la réaction de ceux qui sont méprisés et insultés publiquement. Ils ont renoncé à toute volonté de résister à leur maître absolu. Ils sont prêts à tout lui offrir : le sol et sous-sol de leur pays; le feu vert donné aux services de sécurité de l’ennemi de sillonner librement tout le territoire congolais; des accords bidons de coopération militaire permettant les infiltrations massives du pays par des troupes étrangères; la cession à leur ennemi juré des privilèges régaliens de raffinages de leurs ressources minières, donnant ainsi par là toutes les preuves de soumission volontaire à leur bourreau usurpateur.

On l’aura compris, en RDC, l’injure n’exprime plus seulement le mépris et la volonté d’humilier le peuple congolais. Elle dit aussi une grande vérité qui blesse mais qui reste bien une vérité.

Par Germain Nzinga

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