Le Fonds vert pour le climat approuve 80 millions de dollars de financements pour des projets conduits par la FAO au Congo et en Jordanie

Ces nouvelles initiatives doivent aider les petits exploitants agricoles dans l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets

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Deux projets conçus par la FAO, l’un axé sur l’agroforesterie en Afrique subsaharienne, l’autre sur la gestion de l’eau au Proche-Orient, ont reçu mercredi 17 mars 80 millions d’USD, ouvrant ainsi la voie à l’amélioration des moyens de subsistance de plus de 250 000 petits exploitants.

Le Conseil d’administration du Fonds vert pour le climat (FVC) a approuvé ces financements destinés à des initiatives en République du Congo et dans le Royaume hachémite de Jordanie. Pour les deux projets, il s’agit d’un premier financement du FVC dans ces pays, ce qui illustre la volonté de la FAO d’élargir le recours aux outils mondiaux de l’action pour le climat dans le secteur de l’alimentation et de l’agriculture.

Le portefeuille du FVC investi dans des projets FAO s’élève à présent à 878 millions d’USD, dont sont bénéficiaires 15 projets. «Nous sommes reconnaissants de ce vote de confiance à l’appui des efforts de la FAO visant à renforcer l’efficience, l’inclusivité, la résilience et la durabilité des systèmes agroalimentaires, et nous nous réjouissons de voir le FVC acquérir un rôle de plus en plus éminent dans ce domaine», a déclaré le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu.

L’Initiative PREFOREST au Congo bénéficie d’un cofinancement de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), qui rassemble six pays de la région entrés en collaboration avec un nombre important de donateurs spécialistes des questions forestières. Le Fonds international de développement agricole (FIDA) participe lui aussi à ce cofinancement.

Ces deux nouveaux projets répondent à l’objectif de la FAO d’accroître et d’élargir l’appui aux investissements liés au climat dans l’agriculture qui offrent un intérêt socioéconomique et environnemental et aident les petits exploitants des pays vulnérables à progresser sur la voie d’un développement résilient et à faibles émissions.

Une agriculture qui s’accommode des arbres au Congo

Le projet PREFOREST en République du Congo réduira de 16,7 millions de tonnes le volume des émissions de gaz à effet de serre sur 20 ans en détournant de façon durable les agriculteurs congolais de l’essartage par brûlis dans l’agriculture et la collecte de bois de feu, au profit de démarches agroforestières dans lesquelles l’arboriculture se combine à la production agricole végétale et animale, cette nouvelle approche devant se solder par l’amélioration et la pérennisation de leurs moyens de subsistance.

La déforestation et la dégradation des forêts engendrent actuellement environ 81 pour cent des émissions de gaz à effet de serre du Congo, ce qui révèle une faible productivité agricole et met en évidence d’importantes possibilités de réduction de ces volumes. Ce projet, qui vise directement plus de 40 000 petits exploitants situés dans des secteurs géographiques clés du pays, a cependant pour ultime ambition d’être bénéfique à plus d’une personne sur six dans le pays, de par leur adoption de pratiques meilleures et l’élargissement des possibilités d’activités qui s’offre à elles.

PREFOREST, premier projet forestier financé par le FVC dans le bassin du Congo, est une pièce maîtresse du dispositif mis en place par le gouvernement en vue de réduire de moitié les émissions du pays d’ici à 2035, déclare Mme Rosalie Matondo, Ministre congolaise de l’Économie forestière.

L’aide de 28,9 millions d’USD accordée par le FVC se voit augmentée d’un cofinancement de 9 millions d’USD du Gouvernement congolais, auxquels s’ajoutent 7 millions d’USD octroyés par le CAFI et un apport de 1,6 million d’USD du FIDA, ainsi que des investissements du secteur privé drainés par ce dernier.

Un volet central de ce projet prévoit le renforcement de l’accès des communautés locales à la terre et de leur accession à des droits d’usufruit foncier, qui peuvent sous-tendre l’élaboration de modèles microéconomiques plus rentables et un mode pérenne d’exploitation des ressources naturelles.

L’eau pour les moyens de subsistance en Jordanie

Le premier en date des projets financés par le FVC en Jordanie, qui doit être mis en œuvre par la FAO et le Programme des Nations Unis pour le développement (PNUD), vise 210 000 personnes environ – dont près de la moitié sont des femmes – dans des secteurs du bassin de la mer Morte particulièrement vulnérables au stress hydrique d’origine climatique.

Il a pour ambition de renforcer la capacité d’adaptation des communautés et des institutions et d’augmenter le degré d’efficience des dispositifs de gestion des eaux. Il promeut des solutions innovantes, notamment la collecte des eaux de pluie des toits, l’introduction de techniques novatrices en matière d’irrigation et de cultures et une plus grande utilisation des eaux recyclées.

Le projet dispensera aussi des informations utiles aux femmes rurales par le biais de services de vulgarisation. En rehaussant la productivité agricole et en favorisant l’adoption de pratiques agricoles plus durables, l’amélioration de l’accès à l’eau fait escompter un effet doublement positif – sur les revenus des petits exploitants et sur l’environnement.

Ce projet contribue à la capacité d’adaptation de la Jordanie aux effets du changement climatique tout en épaulant le secteur agricole dans la poursuite de ses objectifs de développement durable à long terme, selon M. Nabil Masarweh, Ministre jordanien de l’environnement. L’aide du FVC, qui s’élève à 25 millions d’USD, se trouve renforcée par des apports de la FAO et du PNUD de 1 million d’USD chacun, à quoi s’ajoutent 6,1 millions d’USD octroyés par le Gouvernement jordanien.  

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