Le Congo célèbre la journée mondiale de la liberté de la presse en condamnant un journaliste à 6 mois de prison ferme

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Illégalement incarcéré depuis trois mois, un directeur de publication vient d’être condamné à rester en prison trois mois de plus pour de simples faits de diffamation. Reporters sans frontières (RSF) dénonce une condamnation inique et un affront à l’endroit de tous les journalistes congolais.

La condamnation en dit long sur l’état de droit et celui de la liberté de la presse en République du Congo. La justice congolaise a condamné le directeur de publication du journal satirique Sel-Piment  Raymond Malonga à six mois de prison ferme et 30 millions de francs d’amende (soit plus de 45 000 euros) dans une affaire de diffamation qui l’oppose à Georgette Okemba. Cette dernière avait été accusée de détournement de fonds dans un article publié par le journaliste. Elle est aussi la femme de Jean-Dominique Okemba, dit “JDO”, un neveu du président Denis Sassou Nguesso, qui dirige le Conseil national de sécurité du Congo. Accusé d’avoir commis un simple délit de presse, le journaliste avait été arrêté sur son lit d’hôpital par les services de renseignements le 2 février dernier.

“Après des mois de bataille pour que ce journaliste soit remis en liberté et puisse répondre des faits qui lui sont reprochés sans être emprisonné, la justice décide, le jour où le monde entier célèbre la journée mondiale consacré aux journalistes et aux médias, de le condamner à une peine de prison ferme en s’affranchissant des textes qui encadrent l’exercice du journalisme, déplore le responsable du bureau Afrique de RSF Arnaud Froger. Cette condamnation est inique. Elle constitue aussi un affront pour l’ensemble des journalistes congolais. Nous appelons au respect de l’état de droit et donc la libération de ce journaliste.”

Contacté par RSF, l’avocat du directeur de publication s’est dit consterné par cette décision et a annoncé l’intention de son client de faire appel.

Le droit de la presse congolais ne prévoit pas de mesures privatives de liberté pour la diffamation sauf si elle est liée à l’appartenance à une nation, une ethnie, une race ou une religion, ce qui n’est pas le cas dans l’affaire opposant le journaliste à la plaignante.

Le Congo occupe la 118e place sur 180 pays dans le dernier Classement mondial de la liberté de la presse que vient de publier RSF en 2021.

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