Le Cameroun a démontré de la résilience face à la pandémie du COVID-19

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Amadou Sy.

ECONOMIE. Le Cameroun a démontré de la résilience face à la pandémie du COVID-19, a estimé le Fonds monétaire international (FMI) qui constate toutefois que le pays continue de faire face à des défis importants.

«Alors que l’activité économique a nettement décéléré en 2020, le ralentissement a été moins important que prévu, reflétant les bonnes performances des secteurs agricole et de la construction », a déclaré Amadou Sy, chef de mission pour le Cameroun, qui a tenu des réunions virtuelles du 13 au 27 mai pour discuter du soutien financier du FMI au programme de réformes économiques des autorités.

En raison à la fois de la baisse des importations et des exportations non pétrolières plus élevées que prévu, le déficit du compte courant s’est rétréci à 3,7% du PIB. Alors que l’inflation est restée inférieure à 3.0 %, la gestion proactive de la pandémie du COVID-19 par les autorités a contribué à contenir le déficit budgétaire à 3,6 pour cent du PIB, a-t-il noté.

« Néanmoins, le pays est confronté à des défis et vulnérabilités importants aggravés par la pandémie du COVID-19. Le Cameroun a en effet connu une forte recrudescence des cas de COVID-19 depuis janvier 2021, suscitant des inquiétudes quant aux perspectives de croissance et à la viabilité externe et budgétaire et les risques sécuritaires dans certaines régions du pays persistent », a poursuivi le chef de mission au terme de sa mission.

Pour rappel, depuis le début de la pandémie, le FMI a approuvé deux décaissements au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR) totalisant environ 382 millions de dollars EU ou 100% de la quote-part du Cameroun.

Rappelons également que d’autres partenaires de développement ont fourni un appui supplémentaire, mais d’importants besoins de financement budgétaire et extérieur subsistent à moyen terme.

Amadou Sy explique que « le programme à moyen terme des autorités est axé sur la reprise post-Covid-19, la viabilité macroéconomique et un ambitieux programme de réformes structurelles – défini dans la stratégie nationale de développement pour 2020-2030 (SND-30) ».

Dans ce contexte, il précise que le programme supporté par le FMI s’appuie sur la SND-30 des autorités, avec un accent transversal sur les mesures de renforcement de la bonne gouvernance, de transparence et de lutte contre la corruption. 

Selon ce responsable du FMI, « la politique budgétaire du programme devrait élargir la base des recettes non pétrolières, réduire les exonérations fiscales discrétionnaires, lutter contre la fraude et l’évasion fiscales et améliorer l’administration fiscale et douanière. L’achèvement de la réforme du compte unique du Trésor et le recours réduit aux interventions directes et aux procédures de dépenses exceptionnelles contribueront à améliorer la gestion de la trésorerie et l’exécution du budget et à renforcer la transparence budgétaire et la crédibilité budgétaire ».

Soulignons que le programme visera également à faire face aux risques financiers et fiscaux associés aux entreprises publiques et, compte tenu du risque élevé de surendettement du Cameroun, le FMI estime que de les efforts visant à renforcer la gestion de la dette publique et à limiter les emprunts non concessionnels restent essentiels pour assurer la viabilité extérieure.

Dans ces cas, le programme limitera les emprunts non concessionnels aux projets qui sont essentiels pour le développement national et qui font partie intégrante de la SND-30 et pour lesquels un financement concessionnel n’est pas disponible, a fait savoir Amadou Sy.

Enfin, « l’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance est essentielle pour promouvoir la diversification tirée par le secteur privé et une croissance inclusive », a-t-il conclu.

Martin Kam

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