LA RUMBA CONGOLAISE A L’UNESCO. Les premiers foyers musicaux 1930 – 1940

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I – Brazzaville

On peut retenir que c’est vers 1930 qu’apparaît un petit nombre de foyers musicaux à Brazzaville, dans les deux grandes agglomérations de Poto-Poto et Bacongo. A cette époque favorable au développement de la danse, de la musique et de la vie nocturne, deux genres prédominants dans la musique dansante sont alors en concurrence ouverte.

Les ensembles les plus caractéristiques des rythmes modernes, composés d’auteurs-interprètes qui chantent et s’accompagnent de deux à trois instruments modernes, et ceux que l’on appelait alors une “société”. Ce sont des groupes vocaux typiquement congolais et très populaires.

Ils pratiquaient une musique d’agrément en progression permanente qui s’enrichissait de tous les contacts humains et esthétiques, symbole de l’expression de la vie sociale. Considéré comme purement autochtones, ce genre musical basait sa rythmique sur les percussions soutenues par d’autres instruments locaux (sanza, maracas, guiro… Leurs sonorités s’adaptent plus facilement aux danses les plus représentatifs des “sociétés” (wala, zebola, zango, maringa, rumba, etc., selon leur appartenance ethnique ou sociale).

II – A Boma, puis à Léopoldville (Kinshasa)

Parallèlement à l’œuvre qu’accomplissaient quelques ensembles de Brazzaville, plusieurs courants se développent d’abord à Boma, (première capitale du Congo-Belge jusqu’en 1923) où s’est constituée une forte colonie européenne, et d’où sortiront les premiers groupes modernes utilisant divers instruments modernes (accordéon, guitare, banjo, etc.) soutenus par quelques instruments traditionnels.

Les danses locales, comme le maringa, la rumba et le zebola… prendront le relais des danses européennes (le tango, la polka, la valse, le boléro et le swing) qui vont favoriser les échanges musicaux entre instrumentistes et chanteurs de divers horizons. L’inspiration, d’abord très influencée par ses rythmes modernes, trouvera très vite une voie plus originale.

Puis à Léopoldville, où apparaissent dans les deux grandes agglomérations  de Kinshasa et de Léo II Kitambo, des groupes vocaux qui se caractérisent par des harmonies et des arrangements simples de type populaire qui accordent une nouvelle forme d’expression qui s’adaptent dans tous les styles de l’époque : (zebola, ekonda, maringa, rumba, agbaya…)

Ces configurations musicales se développent pendant les deux décennies tant à Brazzaville, à Boma qu’à Léopoldville qui constituent désormais les pôles d’attraction pour les nombreux artistes et groupes dont les deux villes sont devenues comme une étape indispensable pour “conquérir les deux Congo”… Étant entendu que, l’événement le plus marquant dans la musique dansante des années 30, c’est le triomphe du Maringa (la sœur aînée de la rumba)… à suivre

Clément OSSINONDE

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