La RD Congo pleure la mort de « Tata Cardinal »

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Le cardinal Laurent Monsengwo, de la République démocratique du Congo, arrive dans la salle du Synode au Vatican, le 13 février 2015. © 2015 Eric Vandeville/Sipa USA/AP Images

DISPARITION. Les hommages au cardinal Laurent Monsengwo, ardent défenseur des droits humains, décédé dimanche dernier à l’âge de 81 ans, ont afflué des quatre coins de la République démocratique du Congo et du reste du monde. Quelques jours plus tôt, il avait été évacué en avion pour Versailles, en France, afin d’y recevoir des soins médicaux.

Connu de tous par le très paternel « Tata Cardinal », il a néanmoins été vigoureusement critique à l’égard des gouvernements successifs au fil des décennies, notamment en tant qu’archevêque de Kinshasa. Les Congolais de toutes catégories sociales le considéraient comme un infatigable défenseur de la démocratie et des droits humains dans le pays. Étant sans doute la personnalité la plus écoutée en RD Congo, le cardinal Monsengwo incarnait l’espoir et le courage du peuple contre toutes les formes d’injustice.

Laurent Monsengwo a joué un rôle actif de médiateur dans les différentes crises politiques du pays depuis le début des années 1990, d’abord sous la présidence de Mobutu Sese Seko puis de Laurent-Désiré Kabila, en menant négociations, dialogues et efforts de paix. Plus récemment, il avait été d’une grande influence lorsque l’Église catholique menait les pourparlers politiques de décembre 2016 alors que le président de l’époque, Joseph Kabila, s’accrochait au pouvoir au-delà de la limite des deux mandats constitutionnels.

Au plus fort de la répression politique, le cardinal Monsengwo avait dénoncé l’utilisation d’une force excessive par les forces de sécurité congolaises. « Que les médiocres dégagent », avait-il lancé, exaspéré par les abus de l’appareil d’état, après que policiers et militaires ont tué au moins huit personnes lors de manifestations pacifiques dans des églises catholiques le 31 décembre 2017. Restée dans les annales, la formule est, aujourd’hui encore, largement employée dans le pays.

Le 25 février 2019, deux mois après les élections présidentielles contestées, le cardinal avait de nouveau fustigé la classe politique congolaise. En marge d’une visite à Bruxelles, en Belgique, il avait remis en cause l’élection du président Felix Tshisekedi, citant le décompte des voix réalisé par les observateurs électoraux de l’Église catholique et accusant les autorités d’avoir manipulé les résultats.

L’héritage du cardinal Monsengwo va bien au-delà de l’Église catholique congolaise dont il a été la figure emblématique pendant 30 ans. Les défenseurs des droits humains congolais tout comme les jeunes militants pro-démocratie pleurent un homme qui reste source d’inspiration tant il s’est battu pour la liberté, la vérité et la démocratie.

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