La numérisation du commerce mondial ne peut se faire dans un vide réglementaire

La technologie de la blockchain va améliorer la transparence et l’efficacité des chaînes d’approvisionnement et des processus commerciaux

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«La pandémie a mis en évidence l’archaïsme des processus commerciaux encore largement basés sur du papier, avec des conséquences désastreuses sur les opérations commerciales en période de confinement», a déclaré le directeur général adjoint de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Xiaozhun Yi.

S’exprimant lors de la deuxième édition du Forum de l’OMC sur le commerce mondial et la chaîne de blocs, tenue mardi 30 mars, il a insisté sur le besoin de numériser d’urgence ces processus obsolètes.

Et pour cause, «les 12 derniers mois ont montré que le passage au numérique n’est plus une option. C’est une question de survie pour de nombreuses entreprises, en particulier les plus petites qui ont été durement touchées par la crise actuelle», a-t-il souligné au cours de cet événement qui a réuni des responsables politiques, des fonctionnaires chargés du commerce et des représentants d’entreprises.

Pour sa part, le secrétaire général de la Chambre de commerce internationale (ICC), John Denton, a estimé que l’économie ne peut pas être gelée indéfiniment. «Pourquoi prolonger la souffrance humaine et économique, alors que les technologies existantes peuvent être facilement déployées pour restaurer l’activité économique transfrontalière tout en se protégeant contre la propagation sans entrave du virus?», s’est-il interrogé dans son discours liminaire.

«Nous parlons depuis des années du potentiel des plateformes numériques et des solutions de blockchain à démocratiser l’accès au système commercial mondial», a fait remarquer John Denton.

«Alors que les PME en difficulté ont désespérément besoin de nouvelles sources de demande, il est grand temps de tenir enfin cette promesse si nous voulons assurer une reprise véritablement résiliente et durable dans les années à venir», a estimé le SG de l’ICC.

Mais pour cela, «les gouvernements doivent montrer l’exemple à cet égard», a-t-il lancé en marge de ce rendez-vous qui examinait comment utiliser la technologie de la chaîne de blocs pour améliorer la transparence et l’efficacité des chaînes d’approvisionnement et des processus commerciaux.

A ce propos, précisons que l’édition 2021 du Forum de l’OMC sur le commerce mondial et la chaîne de blocs visait également à examiner le rôle des gouvernements dans la libération du potentiel de cette technologie.

«Alors que le paysage commercial et économique tel qu’il se présente aujourd’hui reste difficile, nous regardons tous au-delà de la pandémie pour en sortir plus forts en tant que gouvernements. Et en tant qu’entreprise, je crois que la transition vers la numérisation du commerce est un pilier clé», a, de son côté, soutenu Lew Chuen Hong, le PDG d’Infocomm Media Development Authority de Singapour.

«Nous devons essayer d’harmoniser nos politiques et nos cadres juridiques, et nous aligner sur des normes technologiques ouvertes. Ce sont les bases de la numérisation omniprésente», a-t-il insisté.

Il est à souligner qu’au cours de ce rendez-vous, les participants ont passé en revue les derniers développements de la blockchain et comment les technologies numériques telles que la technologie du grand livre distribué (DLT) peuvent aider à faire face aux risques et aux inefficacités des chaînes d’approvisionnement mondiales au profit de tous.

Comme l’a rappelé l’OMC dans un communiqué, «un registre distribué est une liste numérique ou une base de données partagée entre les nœuds d’un réseau distribué. La blockchain est un type de registre distribué».

Soulignons enfin que le Forum a aussi été l’occasion de lancer une nouvelle publication sur la numérisation du commerce conjointement entre l’OMC et Trade Finance Global, ainsi qu’un nouveau cours en ligne sur la chaîne de blocs pour le commerce.

Alain Bouithy

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