La crise actuelle offre l’opportunité de corriger les politiques publiques

En vue d’ asseoir une croissance durable et inclusive

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Repenser l’action publique peut contribuer à instaurer une reprise plus équitable, selon l’OCDE

La crise due à la pandémie de Covid-19 offre aux gouvernements du monde l’opportunité de mettre leurs économies sur une trajectoire de croissance plus durable et inclusive, a souligné récemment l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Bien qu’elle ait provoqué des perturbations sociales et économiques importantes dans plusieurs pays, la pandémie de Covid-19 offre également l’occasion de s’attaquer aux problèmes sous-jacents, a expliqué l’organisation internationale d’études économiques dans un rapport intitulé «Objectif croissance 2021 : pour une reprise dynamique».

Comme l’a fait remarquer le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, «la pandémie est venue nous rappeler douloureusement que notre croissance passée était souvent, par nature, non durable, et qu’elle a laissé beaucoup de monde en chemin».

Pour lui, «la reprise nous donne l’occasion de corriger nos politiques publiques pour asseoir une croissance plus forte, plus équitable, plus résiliente et durable», a-t-il soutenu estimant que c’est dès maintenant que les gouvernements doivent agir.

Ainsi que l’a expliqué l’organisation dans son rapport, qui analyse les défaillances qui préexistaient avant la pandémie ainsi que celles qu’elle a provoquées, «repenser l’action publique peut contribuer à instaurer une reprise plus forte, plus résiliente, plus équitable et plus durable après la pandémie».

Soulignons que ce document, qui offre aussi aux responsables de l’action publique des conseils ciblés par pays leur permettant de profiter de l’occasion qui leur est donnée d’une refonte complète de leurs politiques, formule une série de recommandations. Celles-ci servent de cadre aux discussions engagées au sein du G20 sur les stratégies à mettre en œuvre pour favoriser une reprise économique dynamique et promouvoir une croissance de meilleure qualité, a précisé l’organisation.

Lancé peu après la deuxième réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale des pays du G20 tenue sous la présidence italienne, qui a eu lieu le 7 avril courant, le rapport propose ainsi un cadre de réforme de l’action publique qui s’articule autour de trois axes.

Le premier axe incite à œuvrer en faveur de la résilience et de la durabilité à travers des politiques structurelles permettant de renforcer la première ligne de défense face aux chocs. A savoir : les soins de santé et filets de protection sociale, les infrastructures essentielles. Il s’agit aussi d’améliorer la gouvernance publique et de multiplier les incitations à mieux prendre en compte les considérations de viabilité à long terme offertes aux entreprises.

Le deuxième axe vise à faciliter la réaffectation des ressources et à stimuler la croissance de la productivité. Pour l’organisation, «placer la croissance sur une trajectoire plus durable, plus résiliente et plus inclusive suppose, de la part des pouvoirs publics, des mesures structurelles visant à renforcer la dynamique de l’emploi et à encourager les entreprises à se montrer plus dynamiques, plus innovantes et plus vertes».

Le troisième axe prône le soutien des populations pendant les phases de transition. L’OCDE estime que les politiques publiques devraient avoir pour objectif de ne laisser personne en chemin pendant les phases de transition, de façon à garantir une réaffectation socialement productive et à assurer la résilience.

Ainsi, explique-t-elle, «il est nécessaire d’investir dans les compétences et la formation et de prendre des mesures vigoureuses en faveur d’un accès à des emplois de qualité, particulièrement parmi les catégories les plus vulnérables, ainsi que d’instaurer des filets de protection sociale généralisés, et de développer l’apprentissage et les aides à l’accès au marché du travail».

Selon le rapport, qui plaide pour une action concertée, en particulier face aux enjeux qui dépassent les frontières, la santé, la lutte contre le changement climatique, les échanges mondiaux et la fiscalité des entreprises multinationales constituent «les domaines dans lesquels une coopération internationale s’impose pour améliorer l’efficacité des politiques nationales et étayer la transition vers une mondialisation plus durable, plus résiliente et plus équitable».

Alain Bouithy

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