Hommage littéraire à Léopold CONGO MBEMBA

0
1558

Au nom des Ecrivains congolais, dans l’optique des 60 ans de la littérature congolaise

Pour Léopold Congo Mbemba – Poète ferme et profond – cet hommage littéraire !

Comme un Grand Poète nous inspire !
De son lointain Canada,
Marie-Léontine Tsibinda
N’est pas restée indifférente
A l’annonce de la disparition
De Léopold Congo Mbemba
Qui est venue visiter sa mémoire :
Je me souviens, dit-elle.

1. Se souvenir de l’homme

Je me souviens
Je me souviens
D’une de nos rencontres
Était-ce lors de la fête de l’autre
Illustre Léopold
Léopold Sédar Senghor de Joal
Je me souviens
De ta présence amicale
De ton regard derrière tes verres
D’intello congolo-parisien souriant
À la dynamique de la vie
Le pas alerte le cœur heureux
Et voilà qu’au pays invisible
Tu as conduit ta plume
Un jour de froid
De canard ou de chien
Loin de ton soleil royal
Des rives de ton Congo natal
Pour aller chanter au son de l’arc musical
Le soleil des indépendances poétiques
Loin des chemins chaotiques
D’une vie inachevée
Inassouvie dans la flagrance des Maagies
À peine posées sur les rayons livresques
Aux couleurs du monde
Congo-Mbemba Congo-Mbemba
Aux pieds du soleil froid de Mpemba
Léopold tu reposes désormais ton corps
Tandis que ta plume enchantée
Reste le vestige de ton étonnant
Voyage sur la terre des vivants
Adieu étonnant voyageur solitaire
Solitaire poète des fleuves
Adieu poète du Congo
Adieu poète de la Seine
Adieu poète du Danube
Adieu mouette-météore
Des mers poétiques
À Dieu ton esprit retourne
À la poussière ton corps
Adieu solitaire poète des fleuves…Marie-Léontine Tsibinda

Hommage Léopold Congo Mbemba22. Perpétuer la mémoire de l’homme par la vigueur de sa plume

Le cœur de Moguy, un partage :

i[« Le grand poète, Léopold Congo Mbemba, vient de mourir sans mourir n’est ce pas ? Les poètes ne meurent pas. […] J’avais terminé mon livre en évoquant Léopold avec ces mots : ‘‘Sa principale source d’inspiration, il la puisait dans son pays déchiré, le Congo [comme son] ; pour en parler, il trouvait des mots salvateurs, généreux, sans complaisance. Son regard ne se détournait pas des plaies de son pays. Il les dénonçait. Il avait des mots d’homme libre. Noir ? Blanc ? Jaune ? Je ne sais quelle couleur a son visage. Il a celle de la poésie, puissante, terrible, remplie d’espoir. C’est magnifique. »

La Plume de Son Congo-Mbemba

La plume d’essence Congo-Mbemba
Est une plume-maître du silence,
Qui a supplanté les astres du bruit,
Pour hisser bien haut son mât.

Contre les foudres lâches, elle a vaincu,
De par son exigence, la potence ;
Sans diluer la verve de sa prestance
Avec des singeries à sons bien plats.

Les tonnerres abâtardis de la nuit
Crurent dompter cette plume d’acier,
Les ombres assassines du jour
Crurent casser la voix de ses mots,

Alors qu’elles ignoraient bêtement
La racine césairienne de ces mots-enclume,
Qui ont su garder belle et intacte
Leur mélopée pour survivre aux suppôts. ]i

Aimé EYENGUE

3. Pour la postérité, Congo-Mbemba :

– Congo Mbemba dit :
« Nous ressentons le même effroi et la même révolte devant tout abaissement et toute négation de l’humanité de l’Autre. »
Léopold Congo Mbemba, in préface au recueil Le Tombeau transparent.

– Congo Mbemba dit :
« Nous n’espérons pas la mort d’autrui pour avoir matière à chant, nous militons pour la vie. Nous voulons les gens, même ceux que nous combattons, vivants plutôt que morts. Nous préférons la vie des gens au poème qu’on écrirait à leur mémoire. »

Léopold Congo Mbemba, in préface au recueil Le Tombeau transparent.

Congo Mbemba dit :

Léopold Congo Mbemba

Présence africaine
Que le cratère Congo-Mbemba,
Tel le volcan Césaire,
Continue à cracher du feu sacré.Congo Mbemba est mort, vive le Poète !

Sevran-Les Beaudottes, ce samedi 02 mars 2013

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here