Économie : investir dans les secteurs clés pour aider les Nigériens à se remettre des crises sanitaire et sécuritaire

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La crise provoquée par la pandémie de la Covid-19 ainsi que la situation sécuritaire continuent de plomber l’économie nigérienne, balayant au passage des années de gains durement acquis dans la lutte contre la pauvreté.

Le pays dispose, toutefois, de plusieurs options de politique budgétaire pour améliorer l’efficience de ses dépenses publiques et gagner ainsi jusqu’à 2 % du PIB. Telles sont les conclusions du nouveau rapport de la Banque mondiale sur la situation de l’économie et de la pauvreté au Niger, publié aujourd’hui (lundi 26 juillet, dnr).

Intitulé « Maximiser l’efficacité des dépenses publiques pour mieux reconstruire », le rapport analyse l’impact des crises sanitaire et sécuritaire sur l’économie nigérienne. Après avoir affiché une croissance de 5,9 % en 2019, l’économie a ralenti à 3,6 % en 2020 sous l’effet combiné de ces crises. Ce ralentissement brutal s’est traduit par une augmentation de la pauvreté avec 400 000 personnes supplémentaires qui ont basculé dans la pauvreté extrême.

« Les Nigériens sont durement éprouvés par l’instabilité sécuritaire et ces longs mois de pandémie qui ont privé des centaines de milliers d’enfants d’école et de soins de santé adaptés, ce qui aura des conséquences négatives sur leur avenir », indique Joelle Dehasse, responsable des opérations de la Banque mondiale pour le Niger. « Pour renverser la situation, il sera crucial d’investir massivement et efficacement dans le capital humain au cours des prochaines années. »

Le rapport note que ces investissements devront être accompagnés de réformes structurelles et sectorielles ambitieuses visant, entre autres, à mobiliser davantage les ressources intérieures, moderniser l’administration, y compris la fonction publique, et promouvoir une gestion saine, prudente et transparente des dépenses de l’État.

Les projections pour 2021 sont néanmoins positives et tablent sur un rebond de l’économie de 5,5 %. Cette croissance devrait être portée par la réouverture de la frontière avec le Nigéria, la reprise des grands projets d’investissement et la normalisation de nombreuses chaînes d’approvisionnement. Cependant, ces prévisions restent sensibles à la durée de la pandémie et de la disponibilité des vaccins ainsi que des aléas climatiques et de leurs répercussions sur la production agricole et les moyens de subsistance des populations.

« Au cours des dernières années, le gouvernement nigérien a fait beaucoup de progrès dans sa gestion des finances publiques en donnant notamment la priorité aux dépenses sociales », souligne Paolo Di Lorenzo, économiste principal à la Banque mondiale et co-auteur du rapport. « Cependant, les pressions sur les dépenses publiques restent fortes, en partie en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. Dans un tel contexte, les autorités gagneraient à prendre des dispositions supplémentaires pour améliorer la mobilisation des ressources intérieures et l’efficacité des dépenses publiques. »

Pour que le Niger connaisse une forte reprise économique, les auteurs du rapport préconisent une redéfinition des priorités autour de quelques secteurs d’activité clés. Ces recommandations visent à réorienter les recettes de l’État vers les services sociaux de base et les infrastructures publiques essentielles, afin de maximiser les opportunités de croissance et de bien-être social. « Dans le secteur de l’éducation, la mise en œuvre des recommandations facilitera l’amélioration des dépenses et la réaffectation des ressources au sein du secteur », insiste Blaise Ehowe Nguem, économiste pays pour le Niger. « Cela améliorera la qualité de l’enseignement, réduisant ainsi les taux de redoublement et de décrochage scolaire. »

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