Donatienne Rasoampamonjy, Membre des Unstoppables de Rugby Afrique et Force Vive du Rugby Malgache

Sélectionnée parmi les femmes les plus éminentes du rugby africain (les #Unstoppables), la conseillère technique régionale et formatrice d’entraîneurs est une pionnière sur le continent

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SPORT. Deuxième plus grand pays insulaire du monde, Madagascar possède en la personne de Donatienne Rasoampamonjy une membre des Unstoppables de Rugby Afrique et une héroïne du rugby malgache que l’on ne présente plus dans son village natal.

Sélectionnée parmi les femmes les plus éminentes du rugby africain (les #Unstoppables), la conseillère technique régionale et formatrice d’entraîneurs est une pionnière sur le continent.

La jeune femme de 30 ans œuvre sans relâche pour faire avancer le sport depuis qu’elle a troqué les terrains de basket pour le ballon ovale à l’âge de 17 ans.  

« Depuis mon enfance, je suis très grande, j’ai toujours été plus grande que les filles de mon âge.  Pendant trois ans, je me suis concentrée sur le basket, le football et le rugby avant d’arrêter les deux premiers. Mon professeur d’éducation physique et sportive m’a convaincue d’apprendre ce sport et je me suis rendu compte que j’étais plus à l’aise au rugby – c’était un sport qui me correspondait et les valeurs de solidarité et d’intégrité me parlaient vraiment ».

Pourtant, le voyage n’a pas été de tout repos pour D. Rasoampamonjy, qui a ouvert il y a quatre ans une école dans son village natal d’Ambositra, dans la région centrale d’Amoroni. Le club accueille aujourd’hui une trentaine de pratiquants.

« Venant d’un milieu modeste, j’ai connu des problèmes financiers à l’université. Je n’ai pas baissé les bras et j’ai réussi à terminer mes études de gestion appliquée au rugby. Le rugby m’a appris à persévérer et à puiser au plus profond de moi-même. Si je n’avais pas eu le rugby sur lequel m’appuyer, je ne serais pas allée au bout de mes études ».

Par la suite, un entraîneur national l’a remarquée et l’a convaincue de faire un stage d’entraînement. Elle a rapidement décroché ses certificats de niveau un et deux et peu après s’est impliquée dans le programme Get Into Rugby de World Rugby et dans d’autres programmes éducatifs.

Actuellement professeure de sport dans un lycée et préparatrice physique, D. Rasoampamonjy a déclaré qu’il avait été difficile au début de faire découvrir le rugby aux filles et même aux garçons, car beaucoup d’entre eux ont une préférence pour le football.

« Les gens pensent que jouer au rugby est dangereux pour une fille. Pour dissiper ce mythe, nous avons commencé par organiser des festivals pour mettre en avant le talent des filles. J’ai encouragé des jeunes à s’entraîner tous les samedis sur le terrain et peu après des établissements des environs ont voulu que je leur apprenne aussi le rugby. En plus, les professeurs d’éducation physique et sportive et les entraîneurs sportifs du quartier ont voulu participer à la formation Get Into Rugby ».

Animée d’une profonde passion pour le jeu, D. Rasoampamonjy a continué à recruter des talents bénévolement. Avec beaucoup de dévouement, elle a rapidement persuadé les pouvoirs publics de soutenir et de contribuer au développement et à l’organisation de matches locaux.

Dans le cadre de sa mission consistant à gérer tous les aspects techniques des ligues régionales, D. Rasoampamonjy a ajouté que l’objectif n’était plus de transmettre du savoir aux jeunes joueurs mais de renforcer ce savoir et de valider les acquis.

Madagascar compte 22 régions et chacune possède au moins un club. L’île soutient 11 ligues féminines comprenant 14 équipes. Dans celles-ci, 20 % des femmes participent à la formation des entraîneurs et des arbitres. Consciente que la plupart d’entre elles ont eu peu de temps de jeu, D. Rasoampamonjy a l’intention d’enrayer le problème des grossesses précoces qui détournent les jeunes femmes des terrains et les empêchent de se consacrer pleinement à ce sport. 

« L’âge moyen de la grossesse à Madagascar est de 22-30 ans, alors que dans les équipes féminines de rugby, il est de 16 à 25 ans.  La majeure partie des joueuses de l’équipe nationale sont des mamans et des femmes au foyer ; la plupart des autres jeunes filles pratiquent le football. Mon objectif est de planter le ballon ovale dans chaque établissement public, d’organiser un tournoi national minimal et d’augmenter le nombre de femmes managers, entraîneurs, arbitres, préparatrices physiques et de joueuses formées ».

Alors, à quoi ressemble l’avenir pour cette ambitieuse rugbywoman ? 

« Je veux faire en sorte qu’il existe une confiance mutuelle entre les parents et moi. Cela passe nécessairement par une compréhension des valeurs du rugby. Les résultats commencent déjà à se voir. Mon objectif pour 2021 est que l’équipe nationale malgache de rugby à 7 se qualifie pour les Jeux olympiques. L’équipe féminine à XV aura une préparation adéquate et appropriée pour les prochaines compétitions internationales ».

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