Congo/RDC. L’aller-retour de la rumba

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Evoquer le cheminement de la Rumba, suppose remonter le fil de l’histoire des noirs bantous du Royaume Kongo dont la musique, entre le 13ème et le 14ème siècle, avait déjà atteint un niveau assez développé, dont l’influence sur la vie sociale et artistique se maintenait solidement.

La musique relevait d’un concept complexe dépassant le stade de la musique pure. Le terme musique englobait, en effet, le chant, l’instrument et la danse. Ces trois éléments faisaient partie intégrante de la vie des habitants du Royaume Kongo.

Entre autres musiques pratiquées au Royaume Kongo se trouvait la danse « Kumba » ou la danse du nombril, dont les mouvements étaient presque identiques : le frottement de deux nombrils, celui de l’homme contre celui de la femme. Un des objectifs de la danse était de mettre le corps masculin en valeur.

Après son arrivée à Cuba au 15ème siècle, par le canal de la traite négrière, la danse « NKumba » va subir la déformation de la langue espagnole, pour s’appeler désormais « Rumba ». De son évolution à Cuba, vont naître trois tendances  de la Rumba : « La Columbia », « Le Guanguanco », et « Le Yambu » qui vont connaître, à partir de 1932 un rayonnement international (Amérique-Europe).

Les deux Congo, par le truchement de l’Europe – et à travers :

 –  le groupe Congo-Rumba des guitaristes Gabriel Kakou et Georges  Mozebo sous la direction du franco-martiniquais Jean Réal en 1934 à Brazzaville

–    Le groupe Excelsior des ouest-africains « Cost men » sous la direction de Thobas en 1940 à Matadi.

Vont s’en approprier, pour un retour aux sources. Depuis plus de quatre générations, la rumba congolaise proche de la tendance « Yambu » s’est installée définitivement.   

Dans son développement, la rumba congolaise a connu plusieurs variantes qui relèvent de  quatre grandes « écoles » : African Jazz, OK Jazz, Bantous, Zaïko et des nouvelles variantes comme : « Le Dombolo », « Le Soukous », « Kiri-Kiri », « Boucher », « Egondza », etc. Tout comme on peut classer dans une « école » : « La Polka Piké » des angolais de Banza Kongo, représentés par le groupe « San Salvador » de Manuel Mayungu d’Oliveira.

Ceci étant, ce qu’il faut aujourd’hui et demain à la rumba congolaise, surtout pendant cette période d’émulation entre diverses musiques du continent, des Caraïbes et d’ailleurs, c’est un réexamen approfondie qui porterait aussi bien sur le fond, que sur l’organisation technique, la maitrise des instruments en vogue, sans toutefois s’éloigner ni de la gamme, ni des caractères rythmique et mélodique, ni du système de notation (Mesures de couplet et de refrain).

Clément OSSINONDE

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