Congo/RD Congo. Le bouillonnement artistique entre Kinshasa et Brazzaville au cours des années 60

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Josky Kiambunkuta et Jean-Bruno Thiam au chevet de Tabu Ley à l'hôpital à Bruxelles.

RETRO. « Pablito de su amor » : Rochereau et l’African Jazz Je vous parle d’un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître. Le temps de la libre circulation des biens et des personnes entre Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) et Brazzaville, héritage ancestral et colonial poursuivi par les pères des indépendances :

Point de visa ni de passeport, le prix de la traversée du fleuve ne valait guère plus cher que celui du transport urbain dans chacune des deux capitales les plus rapprochées du monde, favorisant le riche bouillonnement artistique dont sut bien tirer profit la musique congolaise moderne.

A l’instar du  Club Kallé (Le grand Kallé) composé de lycéens, fonctionnaires et clercs du quartier Bacongo, on peut également signaler quatre élèves du quartier Poto-poto, unis autour de la musique au sein de l’ensemble JMC (Jeunesse Musicale Congolaise) , j’ai nommé André Bemba-Bingui alias Pablito (Béda au mouvement scout) futur Pamelo, Léopold Foundoux alias Ressora (célèbre footballeur connu plus tard sous le pseudonyme « Mulele »), Jean-Pierre Gombe (Akéla pour les scouts) et Ousman Thiam (futur journaliste sous le patronymique de Jean-Bruno).

Il faut dire que l’orchestre African-Jazz est perçu dans la musique congolaise comme l’orchestre des « Intellectuels ».

Si les premiers sont arrimés à Grand Kallé, les seconds se lient d’amitié au jeune Pascal Sinamweya dit Tabu Rochereau qui représente leur génération, véritable révélation de la musique congolaise en ce début d’années 60 par sa voix de mezzo-soprano et la déferlante de ses compositions.

Ainsi nos jeunes élèves consacrent week-ends et congés scolaires à rejoindre Léopoldville à la rencontre de Rochereau, s’exercer au métier bien que dilettantes, lui proposer leurs œuvres, pratique courante encore aujourd’hui, dont la plus connue demeure « Pablito de su amor » de Pablito, chanson-phare du répertoire de l’orchestre JMC ainsi qu’en témoigne un passage de la chanson : « Pablito de santorex yo no quiero mujer, yo quiero JMC ».

« Santorex » étant le petit nom attribué au secteur périphérique à l’école primaire dite Grande Ecole Officielle de Poto-poto, où résidait l’auteur. On retiendra de ces années l’amitié indéfectible et professionnelle de Rochereau et Pamelo, tandis que Jean-Bruno et Tabu Ley sont restés inséparables, l’un faisant partie des murs de l’autre, et réciproquement.

Audifax BEMBA

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