Congo/Livre : «L’émeraude d’outre-mer» de Prestige Itsoukou sur le plateau de l’IFC

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Prestige Itsoukou

«L’émeraude d’outre-mer» de Prestige Itsoukou est une œuvre précieuse, un appel à la vie façonnée de façon dramatique dans la souffrance de nos maux», peut-on lire sur la quatrième de couverture de cet ouvrage de 134 pages paru aux éditions Langlois Cécile en France et qui a été présenté au public, le 10 mars 2021 à Brazzaville.

Des questions de l’auteure ouvrent et referment ce livre. Mais au fil des pages, Prestige Itsoukou creuse avec habileté dans les tréfonds des sentiments et des ressentiments. Et avec elle, on ne cesse de s’enfoncer toujours plus profond dans les sillons de l’humanité, pour y trouver la pépite qui redonne confiance.

Dans ces questions, on peut retrouver : «Pourquoi le pire devrait-il arriver avant que les gens ne témoignent un peu d’humanité à mon égard ?» Triste réalité quotidienne dans un monde moderne qui s’affadit de jour en jour. Mais à quel point le sont nos semblables ? A quel point  sommes-nous capables de nous considérer les uns et les autres, aveuglés par des préjugés, empoisonnés par les toxines perfides de la différence et de l’inconnu ?

Pour Itsoukou, quelquefois, on ne reconnaît la valeur d’une chose que lorsqu’on l’a perdue.  Il est à noter que l’autrice ne s’est pas emmerdée avec cette question de préface et de postface. Elle n’y a assurément pas pensé. Une raison ? On ne saurait le dire. Douze chapitres ont cependant suffit pour dire à haute et intelligible voix cette histoire, cet amour, cette peine, ce souffle de vie, cette force et cette faiblesse.

Elle ne tarde pas à donner une réponse convaincante lorsqu’elle dit sans hésiter qu’elle utilise tous ces mots pour caractériser l’amour de sa vie, son seul et unique amour. C’est Z dont elle remarque la présence dès le premier jour à l’université et qui se montre suffisamment indifférent pendant que celui qui est resté au pays devient difficile à gérer. Ce prénom signifie Eclat. Ce qui est sûr, l’histoire part de l’Allemagne et l’accompagne en Syrie.

C’est en février et précisément le 14 de ce mois que Z s’affiche avec des fleurs, du vin, du chocolat et lui déclare sa flamme d’amour. Et la grossesse n’attend pas pour se mêler à la fête. Il faut également noter que Prestige Itsoukou s’exprime à la première personne du singulier. Ce qui fait penser à une roman autobiographique mais l’autrice s’en défend.

L’annonce de la nouvelle à ses parents met le feu aux poudres. Son père s’en prend d’abord à la personne d’Habib avec qui elle a rompu les liens d’amour depuis quelques moments. Lorsqu’elle remet de l’ordre dans la tête, c’est pour s’entendre inviter à l’oublier. Le mariage a lieu avant le grand voyage en Syrie où elle rencontre quelques problèmes d’humeur. Elle vit l’inimitié de la belle-mère et d’une belle-sœur, ce qui conduit à la perte de l’enfant.              

Mais l’éclatement d’une crise en Syrie d’où est originaire le «sweetheart» Z le fait prendre la décision d’y aller voir ce qui s’y passe en réalité. Il y passe quelque temps, ce qui réussit à perturber son épouse qu’il venait d’épouser conformément à la coutume africaine. Puis, elle apprend que Z a été tué.

Mais Dieu sait faire mal et réparer immédiatement. Z réagit dès qu’elle quitte la ville en compagnie des religieuses et c’est plusieurs jours plus tard qu’elle réalise qu’il était encore vivant. C’est son propre retour qui n’est pas une bonne histoire à conter. Le tout se joue à l’aéroport où l’attend Z.

«Son visage fut la dernière image que je vis avant le trou noir. Mon amour, mon illumination, ma force, mon ange descendu du ciel était là quand la vie sonna le glas pour moi. Il s’appelait Z, Z comme Zoheir. Zoheir, prénom arabe qui signifie éclat…»

Née le 19 mai 1991, Prestige Itsoukou est médecin dans un hôpital de Brazzaville. 

Florent Sogni Zaou

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