Congo: L’association Baana Bô au chevet des malades et des prisonniers de Sibiti

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INTERVIEW. Le 28 novembre 2020 restera une date mémorable pour les malades de l’hôpital de Sibiti et les prisonniers de la même localité grâce à l’association Baana Bô qui a visité ces deux structures. Une visite agrémentée par d’importants dons qui ont réjouis les cœurs des bénéficiaires d’autant plus que certains sont dans une situation de précarité qui laisse à désirer. De retour de Sibiti dans le département de la Lekoumou au sud ouest du Congo, Médard Pinary LAMY-MOUKIMI, président de Baana Bô a accordé une interview à notre correspondant.

Pagesafrik: Bonjour président, c’est quoi exactement Baana Bô. Et quelles sont ses missions ?

Médard Pinary LAMY-MOUKIMI:  Baana Bô est une expression dans la langue maternelle laali, qui signifie “les miens” pour symboliser la fraternité.
Tel que consigné dans nos textes fondamentaux, la mission principale de Baana Bô est de contribuer au développement socio-culturel et économique du Congo par la promotion de nos langues maternelles. À cet effet, nous devons procéder par la vulgarisation, et la conscientisation de nos populations congolaises en général, et des peuples laalis en particulier, sur l’intérêt de l’usage ainsi que de la valorisation de la langue aux fins d’en faire un des facteurs de tout développement.

Pagesafrik: vous rentrez de Sibiti,  pouvez vous nous dire le mobile de votre déplacement dans le département de la Lekoumou ?
Médard Pinary LAMY-MOUKIMI:
Nous nous sommes rendus à Sibiti pour une raison essentielle, célébrer notre premier anniversaire depuis la création de Baana Bô, une manière de mieux nous faire connaître auprès des populations. À cet effet, étant une association à caractère socio-culturel et économique, nous avions visité l’hôpital et la maison d’arrêt de Sibiti, question de toucher du doigt la réalité dans ces milieux. C’est ainsi que le peu dont nous disposions dans notre gibecière, nous l’avions mis à leur disposition, une manière pour nous de manifester notre solidarité à l’égard des malades et prisonniers trouvés dans ces établissements. On a remis des vivres (riz, cuisses de poulet et huile) à tous les malades, aux agents de santé en service ce jour-là, puis à la maison d’arrêt. Ensuite, dans le cadre d’assainissement, un travail manuel a eu lieu devant la devanture de l’hôpital de Sibiti.

Pagesafrik: Baana Bô regroupe uniquement les locuteurs laali, ne serez vous pas taxer un jour de sectariste ou tribal ?

Médard Pinary LAMY-MOUKIMI: Taxé de sectariste ou tribal ? C’est possible libre à qui le croit, mais je ne le pense pas, car notre combat quotidien est de faire comprendre à tous ceux qui nous regardent en face, la place et l’importance de la culture. “Un peuple sans culture est un peuple sans âme, dit-on”. Baana Bô, constitués essentiellement des locuteurs laalis ne sera jamais un espace pour l’apologie du tribalisme de quelque manière qu’en soit, nous n’avons pas un agenda caché qui pourrait entraver l’esprit de fraternité avec les autres ethnies du Congo, ou avec les autres peuples du monde. Nous œuvrons essentiellement dans le but de la valorisation, la pérennisation de l’héritage du patrimoine culturel de toutes les communautés congolaises, en s’inspirant de notre patrimoine culturel laali.

En effet chaque citoyen doit être reconnaissant et fier de son identité culturelle tout en vivant en harmonie avec les autres cultures. Je vous rappelle que le 21 février de chaque année, l’humanité entière célèbre la journée internationale de la langue maternelle, donc Baana Bô est dans cette perspective, je martèle que Baana Bô ne sera jamais un espace d’apologie du repli identitaire qui ne cadre plus avec la réalité actuelle, le monde étant devenu un village planétaire.

Pagesafrik: comment est structurée l’association Baana Bo et qu’est ce qui vous empecherait un jour de basculer dans la politique ?

Médard Pinary LAMY-MOUKIMI: Outre l’Assemblée générale, qui est l’instance suprême, Baana Bô est structurée de la manière suivante :

– un bureau exécutif national composé de 08 membres ;

– une commission d’évaluation et de suivi de 03 animateurs ;

– les antennes de 03 membres.

Baana Bô en tant que organisation à caractère socio-culturel et économique, demeurera dans son champ d’action. Au nom de la liberté, les membres de Baana Bô sont libres de s’engager en politique s’ils le désirent, cependant personne ne pourra engager la structure pour des fins politiques. Donc aussi longtemps qu’il en sera, durant notre présence au sein de cette organisation, Baana Bô ne deviendra jamais un instrument politique.

Propos recueillis par Fresnel Bongol Tsimba.

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