Congo. Diaspora. Nous aussi, nous sommes des Congolais

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Ouabari Marioti

TRIBUNE. Dans la perspective des élections présidentielles congolaises de 2021, le Ministère de l’Intérieur projette une concertation nationale pour faire le point des dialogues antérieurs de Dolisie, Ewo et Ouesso.

A ce Ministère de savoir, au nom de la République, que la diaspora congolaise n’est pas un monde à part, hors du Congo. La diaspora congolaise est une partie intégrante de la nation congolaise, avec ses citoyens à l’extérieur du pays, aux mêmes droits que les Congolais de l’intérieur.

D’autant que la République du Congo, pays laïc, est, une et indivisible.

A ce titre, la diaspora congolaise est en devoir patriotique et républicain de peser de tout son poids sur les questions majeures de la vie nationale, à l’instar de ses compatriotes, installés sur le territoire national. Comme en 1992, lors des scrutins présidentiel et législatif, sous la transition, au sortir de la conférence nationale souveraine de 1991.

A près de sept mois de l’élection présidentielle, si jamais, elle se tient en mars 2021, selon les dispositions constitutionnelles, la diaspora congolaise n’est pas recensée et ne figure sur aucune liste d’électeurs.

Bien plus, il vient d’être voté au parlement congolais une réforme de la loi électorale en vigueur qui, déjà, par sa partialité, pose de nombreux problèmes. La réforme procède du vote, par anticipation, de la force publique.

Une réforme sur laquelle, la diaspora n’en a dit mot. Étant absente des deux chambres du parlement, alors que sur les réseaux sociaux, la diaspora s’y est farouchement opposée.

La diaspora n’est pas indifférente aux présidentielles à venir, d’autant qu’elle milite, majoritairement, de par son activisme effréné, pour une alternative nouvelle au Congo. Des candidats se sont même déclarés, en son sein.

Tout laisse entrevoir que le Ministère de l’intérieur n’est pas préoccupé par le vote de la diaspora. Encore moins, la commission électorale nationale indépendante dont le responsable, Mr Henri Bouka, magistrat de son état, Président de la Cour Suprême, sait, à quel point, l’égalité des droits est un facteur déterminant pour la cohésion nationale.

Ce qui est injuste et contraire au principe légal et légitime du vote général des Congolais qui en remplissent les conditions.

Le prochain Président de la République du Congo devrait être le Président de tous les Congolais. Ceux de la diaspora compris. Et non, seulement, celui des Congolais de l’intérieur du pays, si l’on considère que ceux ci auront été les seuls à le plébisciter. Les élections ne se déroulant qu’au Congo.

C’est cela, la République.

Concertation monocolore, avec le Pct et ses affidés, ou concertation inclusive, largement ouverte à l’ensemble des forces vives de la nation, il n’y a aucune raison que la diaspora congolaise soit laissée, sur le banc de touche.

Quitte à ce que, dans sa diversité, en toute connaissance de cause, et en toute responsabilité, la diaspora, participant à la concertation, de l’une ou l’autre face, se décide à prendre position pour ou contre les décisions qui en sortiront.

A l’actif de l’histoire du pays, pour tous les faits qui marquent la vie de la nation congolaise, la voix de la diaspora a des raisons d’ être entendue.

Paris 23.08.2020.

Ouabari Mariotti (Membre de l’UPADS)

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