Congo Brazzaville. Toujours à nos talons, la mort a arraché Mr Nimi Madingou

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Dominique Nimi Madingou.

DISPARITION. L’ancien Ministre de la Ville du Président Pascal Lissouba, au lendemain des présidentielles congolaises d’août 1992, Mr Dominique Nimi Madingou s’en est allé, le 24 septembre 2021, à l’hôpital Henri Mondor de Créteil, en région parisienne.

La disparition du Ministre Dominique Nimi Madingou est une perte inestimable pour la nation congolaise. Elle crée, en notre sein, nous, ses Associés, un vide immense. Des Associés, dont est Nimi Madingou lui-même, qualifiés, comme tels, pour symboliser l’unité d’action des différents corps, toutes origines confondues, autour du Président Pascal Lissouba, en vue de la réussite de son mandat populaire.

Passionné des questions pétrolières dont il avait la maîtrise, ce qui lui ouvre l’accès à la société nationale des hydrocarbures Hydro Congo, Mr Dominique Nimi Madingou croyait en la puissance du pétrole et du gaz qui dit il “sont indispensables à l’économie mondiale et constituent un secteur d’industries très porteur.”

Malgré une volonté des pays modernes de recourir à des énergies plus vertes, Mr Dominique Nimi Madingou “affirmait que les hydrocarbures constituaient encore des ressources massivement demandées.”

Dans ce domaine pétrolier, Mr Dominique Nimi Madingou cumulait des compétences. Tels le marketing, les méthodes de recherche, les enjeux contemporains du pétrole et du gaz.

A Hydro Congo, de par ses fonctions, Mr Dominique Nimi Madingou avait le sens de l’adaptation qui lui permettait de se frotter avec des opérateurs du monde pétrolier mondial, la prudence qu’on lui reconnait aidant.

Parvenu au gouvernement de la République, Mr Dominique Nimi Madingou, Ministre de la Ville, travaillait à des politiques publiques d’aménagement des territoires urbains, à la conservation environnementale, au logement social et au transport.

Ouvert, de grande culture, rationnel et d’esprit mathématique, le Ministre Nimi Madingou allait, sans complexe, à la rencontre des Ministres dont les prérogatives avoisinaient les siennes, dans le cadre de la mise en oeuvre de son programme. Une qualité appréciée.

Aimant manipuler l’ordinateur, Mr Dominique Nimi Madingou s’attachait à comprendre les phénomènes et résoudre des situations y afférentes. De même qu’il affectionnait persuader ses interlocuteurs pour les amener à sortir de leurs préjugés, en cas de besoin.

Mis en mission par le Premier Ministre Jacques Joachim Yhombi Opango, le Ministre Dominique Nimi Madingou et moi, son collègue de la Justice que j’étais à l’époque, nous nous nous sommes rendus, en hélicoptère, sur le territoire du district de la ville secondaire de Mpouya, en bordure du fleuve Congo, aux fins de détruire les plantations du cannabis.

Le cannabis, une fois bien sec, la plante s’effrite pour être consommée comme du tabac, avec les conséquences néfastes pour la santé des populations, telle l’altération des récepteurs des cellules du cerveau.

Dans une pathétique séance de pédagogie, demeurée historique, le Ministre Dominique Nimi Madingou a présenté les effets dévastateurs du cannabis, en milieu scolaire et paysan. Exigeant des chefs des villages qu’il soit procédé à l’incendie des étendues couvertes de cette plante nocive et à leur reconversion en espaces de culture de manioc ou à d’autres plantes sans danger.

Une véritable réussite saluée par le conseil des Ministres. D’autant plus qu’une délégation de vérification a confirmé l’exécution des consignes du Ministre Dominique Nimi Madingou.

Homme politique, Mr Dominique Nimi Madingou l’a été également. Par fidélité pour le Président Pascal Lissouba, il participe à la création de l’UPADS. Deviendra membre de la direction de ce Parti jusqu’aux violences de juin 1997. Contribuera à la relance de l’UPADS au congrès extraordinaire de 2006. En sortira l’un des Vice-Présidents. Puis se retirera pour créer, avec d’autres compagnons du Président Pascal Lissouba, le Congrès Africain Pour le Progrès – CAP.

Au moment où le Mr Dominique Nimi Madingou trouve la mort, il s’était placé dans une posture progressiste de rassemblement des forces éparpillées de l’UPADS, suite à des dissensions ou autres volontés de refus de se mêler à la forme actuelle de l’UPADS.

Mr Dominique Nimi Madingou se disait soucieux de jouer la carte de l’unité de l’UPADS pour reconquérir le pouvoir d’Etat.

Dans cette logique saluée par les partisans de l’UPADS,

Mr Dominique Nimi Madingou fustigeait l’humeur des chapelles nourri par certains militants. Exigeait que soient tues les polémiques et radiées les ambitions personnelles. L’UPADS devant, de son avis, démontrer sa pertinence au moment où l’opposition congolaise laisse entrevoir quelques signes de faiblesse.

Pour Mr Dominique Nimi Madingou, l’UPADS qui a perdu le ciment qui liait ses militants, doit travailler à ne pas se déconnecter de la base pour redevenir cette UPADS nationale de la ligne de son congrès fondateur de 1995. Le Parti devant reconquérir les jeunes, le monde des travailleurs, les sans emploi, les élèves et étudiants, les femmes, pour redevenir la machine à gagner des élections des années 1992.

En ces moments d’intense douleur née du décès du Mr Dominique Nimi Madingou, que sa famille, particulièrement ses enfants, ses amis et connaissances reçoivent, ici, mes salutations les plus attristées.

A l’équipe de commandement du CAP, Parti du Ministre Dominique Nimi Madingou, et à ses militants, j’exprime ma solidarité agissante.

Puisse le Ministre Dominique Nimi Madingou reposer en paix, là-bas, à l’Orient Eternel.

Lui, Dominique Nimi Madingou, mon Associé avec lequel j’ai partagé tant de choses, tant d’instants d’échange. Lui, avec lequel je me suis parfois tiraillé pour ensuite, rapidement, revenir aux bons sentiments, au nom de l’essentiel que nous avions, tous les deux, en commun, depuis plusieurs années.

Vie longue, vie brève. Qu’importe.

Si loin que s’étire la corde

Elle doit passer par l’anneau.

Adieu Dominique.

Me manqueront ta moustache, ton sourire narquois, tes éclats de rire et ton sens de la réplique déstabilisante.

Ton Frère

Ouabari Mariotti

Paris 25 septembre 2021

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