Congo Brazzaville. Dès lors que la honte a touché au corps et à l’âme de Mme Arlette Soudan Nonault

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TRIBUNE. Sur les réseaux sociaux, circule le post ” Joseph Ouabari Mariotti, “La lune et le doigt”. Un post signé de Mme Arlette Soudan Nonault, écrit en réaction à “L’arbre qui cache la forêt”, article que j’ai publié, le 8 juin 2021, pour dénoncer, toutes proportions gardées, les disparitions, non signalement et autres confiscations des biens des ministères, lors des passations de service, entre les Membres de Gouvernement du Congo Brazzaville, depuis plusieurs années.

A l’origine de “L’arbre qui cache la forêt”, la fiche officielle de la Ministre du Tourisme et des Loisirs, Mme Destinée Hemeralla Doukaga, datée du 4 juin 2021, à l’endroit de Mr Anatole Collinet Makosso, Premier Ministre, Chef de Gouvernement, relevant la rétention des possessions de son nouveau département par Mme Arlette Soudan Nonault, Ministre sortante.

“L’arbre qui cache la forêt” n’a été, qu’en bonne et due forme, le relais citoyen de la mise à jour par la Ministre du Tourisme et des Loisirs d’une pratique incivique désastreuse, jusque-là non combattue, alors qu’elle est de notoriété publique.

De Mme Arlette Soudan Nonault, nous attendions, avec l’élégance des mots caractérisant la situation pour ne pas briser la solidarité gouvernementale, une mise au point, en règle, valant rejet des récriminations de sa collègue Doukaga.

Sortie des canaux confidentiels des ministères, la fiche de Mme Dougaka pouvait également donner au Premier Ministre Chef du Gouvernement une juste occasion d’expliquer la lettre et l’esprit des textes portant organisation des ministères tenues, d’une part par Mme Soudan et, de l’autre, par Mme Doukaga. D’autant, qu’à ce jour, nul ne sait de quoi il en retourne exactement, dans ce qui apparait comme un litige sur leurs prérogatives, entre les deux Ministres.

Des opinions s’opposent là-dessus. D’aucuns estiment que la Ministre Destinée Hemeralla Doukaga a menti, sur toute la ligne, aux fins de ternir l’image de la Ministre Arlette Soudan Nonault. Pour d’autres, est réelle et objective la fiche de Mme Doukaga qui, malheureusement pour elle, n’a pas les moyens politiques pour ramener à la raison Mme Soudan. D’où le recours vain au Premier Ministre Chef de Gouvernement de Mme Doukaga.

Voilà le fond de l’affaire. Mme Arlette Soudan Nonault l’a royalement évité, dans son papier, l’effleurant à peine, pour des motifs que seule elle connait.

D’où vient-il alors qu’elle s’en prenne à la personne de Ouabari Mariotti.

“L’ancien Ministre de la Justice des années 90 que la perte du pouvoir a ipso facto rendu opposant, phénomène classique sous nos latitudes” tel que me décrit Mme Soudan n’est pas le Ouabari Mariotti que je suis.

Jamais je n’ai été membre du Parti Congolais du Travail. Et pourtant, sous ce Parti Unique, les fonctions administratives, de quelque importance, je les ai occupé, jusqu’à mon entrée au Gouvernement Pascal Lissouba, au soir des présidentielles de 1992

Opposant, je l’ai été. Je le suis, sans complexe. Et l’assume. N’ai jamais changé de camp. Ce qui n’est pas le cas pour Mme Arlette Soudan Nonault qui a tourné casaque à la fin du mandat du Président Pascal Lissouba qu’elle a servi à son Cabinet et passait pour une personnalité du pouvoir.

Secrétaire Général auprès du Premier Ministre Ange Edouard Poungui, de 1985 à 1990, j’ai été incarcéré, dans des conditions difficiles, à la Sécurité d’Etat, sous le commandement de l’Officier Emmanuel Ngouelondélé et de Mr. Camille Oko, près d’une année, pour avoir été associé à la rédaction d’un tract que le pouvoir jugeait séditieux “Pour qui sonne le glas”.

A la sortie de ma pénible détention à la Sécurité d’Etat, j’ai remis au Premier Ministre Ange Edouard Poungui ma démission pour laver le déshonneur que j’avais subi, me déchargeant ainsi de mes fonctions à la Primature. Le Premier Ministre a rejeté la démission.

Le Ouabari Mariotti dont Mme Arlette Soudan Nonault pense que “la retraite, l’aigreur et l’éloignement ont fait oublier les principes fondamentaux inhérents aux hautes fonctions qu’il a jadis occupées n’est encore pas le Ouabari Mariotti que je suis.

Je vis correctement ma retraite de Maitre-Assistant- Géographe d’Université, en France et au Congo. Sans pâleur, ni lividité. Préparé à cette séquence de ma vie, depuis mon âge adulte. Mme Arlette Soudan Nonault pourrait s’en informer.

Pourquoi devrais-je être marqué par l’aigreur. Je n’ai besoin de rien, me contentant de mes ressources légales. Je ne suis candidat à aucun macaron, sauf à faire prévaloir mes ambitions légitimes de militant de l’UPADS, au sein de mon Parti, et de républicain, au cours d’un moment où de manière patriotique et consensuelle, la nation congolaise serait appelée à se parler à elle-même.

De tout temps, je me comporte comme un citoyen libre. J’aime intensément mon pays, le Congo, et joue la carte du républicain que je suis en apportant, par la critique écrite permanente, sur toutes les matières, ma contribution à la construction nationale.

Eloigné du Congo, je ne le suis pas. Je n’en souffre pas. M’y rendant, comme je le voudrais. J’en reviens, après un séjour d’un mois et demi.

Ce n’est pas à moi, tel que le relève Mme Soudan, de “constater le caractère grotesque des récriminations de Mme Doukaga, ni de m’indigner du fait qu’une lettre transmise au Premier Ministre par un membre de son Gouvernement et censée être confidentielle se retrouve ainsi étalée, en toute irresponsabilité, sur les réseaux sociaux”.

Aux administrations congolaises intéressées de prendre sur elles leurs défaillances.

Normal que Mme Arlette Soudan Nonault découvre que “Mr Ouabari ait les yeux fixés sur le doigt”. Ce sont ces doigts de Mr Ouabari qui bousculent la conscience de Mme Arlette Soudan Nonault parce que, par leur écriture, ces doigts stigmatisent, propositions à l’appui, la mauvaise gouvernance du Congo que partage Mme Arlette Soudan Nonault avec ses collègues du Gouvernement.

Mme Arlette Soudan Nonault n’est pas, également, loin de “ces petites gens complexés qui vivent de diffamation et souffrent des capacités des autres ” que j’ai stigmatisées au sein de la diaspora congolaise, en France.

En quoi ma vie, mes souffrances, s’il en existe, et mon état de retraité devraient constituer des passages d’un post de Mme Soudan sur une affaire de biens d’un ministère ayant soulevé l’indignation générale dans le pays?

“La solidarité communautaire” dont parle Mme Arlette Soudan Nonault, comprise comme solidarité entre les membres des diasporas congolaises, n’est pas fausse, telle qu’elle l’apprécie.

C’est une solidarité réelle, agissante et responsable. Pas, au compte de ces “antivaleurs cardinales, inlassablement dénoncées par le Président Sassou Nguesso” à l’opinion de Mme Arlette Soudan Nonault.

Sont, plutôt, des antivaleurs, à l’entendement du Président Sassou Nguesso, des phénomènes comme l’instabilité avérée du membre du gouvernement qu’est Mme Arlette Soudan Nonault. Décriée pour son incapacité à choisir des collaborateurs compétents et impliquée dans une obscure affaire de passation de service avec son prédécesseur au Ministère du Tourisme où ressortent des histoires de comptes dans des banques privées, alors que le trésor public n’a pas fermé ses portes.

Que dire de tout ceci ?

“Joseph Ouabari Mariotti, la lune et le doigt” de Mme Arlette Soudan Nonault, c’est l’expression avérée de la honte que celle-ci a subie dans l’accrochage avec Mme Destinée Hemeralla Doukaga.

La honte est un sentiment complexe du fait qu’il renvoie à des situations vécues comme honteuses. Elle est souvent accompagnée, cachées derrière, d’autres sentiments comme la culpabilité.

Ici, dans le cas de Mme Arlette Soudan Nonault, la honte apparait comme un moyen de se défendre du risque de désagrégation mentale liée au sentiment de la honte. A chaque regard, autour d’elle, elle se rabaisse. La morsure de la honte est d’autant plus douloureuse que Mme Soudan exhibe une face pas facile à effacer.

Du fait de sa fragilisation due à la honte, Mme Arlette Soudan Nonault a perdu ses repères internes en s’attaquant à tort au citoyen libre que je suis au motif que je me suis saisi d’un fait qui a prouvé la fragilité des pouvoirs publics pour appeler au raffermissement de l’autorité de l’Etat congolais, en les rendant plus regardant et plus justes, pour l’intérêt supérieur de la nation et le bien commun.

Mener grand bruit à propos d’une offense qu’on pense avoir reçue n’en diminue pas la douleur, mais en accroit la honte.

Ouabari Mariotti

Paris 15 juin 2021

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