Congo Brazzaville. Déclaration du patrimoine, un examen périlleux pour les tricheurs et les prévaricateurs !

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OPINION. Nous ne sommes certes pas à l’église, à la mosquée ou devant un fétiche congolais de type “nzobi”, pour dire la vérité. N’empêche. les ministres et hauts fonctionnaires, au nom de la loi, feront-ils preuve de rectitude morale en déclarant honnêtement leurs biens ?

La transparence sera-t-elle de mise pour que la presse et la société civile puissent consulter ces déclarations patrimoniales, dans le but de jouer en toute indépendance leur rôle de régulateur et de censeur de la société ? Quoiqu’il en soit, dans un monde qui se globalise, ça va toujours se savoir.

L’exigence constitutionnelle qui est faite aux autorités congolaises de déclarer leur patrimoine avant leur entrée en fonction et à la cessation de celle -ci, connaît un début d’exécution. L’on se souvient que le premier ministre, Anatole Collinet Makosso, avait pris l’engagement, devant caméras et micros de la presse nationale internationale, de s’y conformer dans un délai relativement cours. C’est désormais chose faite.

Il faut noter que le FMI avait également exercé des pressions, conformément au programme qu’il a conclu avec Brazzaville en 2019, pour que les autorités congolaises donnent un coup d’accélérateur à cette exigence constitutionnelle de déclaration de leur patrimoine. Avec l’effectivité de cette loi déclarative du patrimoine, Brazzaville fait mieux que certains pays de la sous-région d’Afrique centrale ( RDC, Cameroun, Tchad…).

La question que se pose cependant la rue congolaise est de savoir si la bonne foi des déclarants sera au rendez-vous, surtout que certains ministres disposeraient d’un patrimoine immobilier et mobilier dissimulé aussi bien au Congo qu’à l’étranger sous des prête-noms.

Les noms de certaines autorités sont connus même des enfants de 2 ans qui balbutient leurs premiers mots dans l’apprentissage de la langue maternelle. Pour s’en convaincre, il suffit de balayer du regard certains habitats des quartiers Plateau des 15 ans, Kombo, Centre-ville, Bacongo, à Brazzaville ou Pointe- Noire, pour s’entendre dire qu’ une parcelle X a été achetée entre 400 et 800 millions par une personnalité politique Y. Des nouveaux riches politiques auraient de nouvelles destinations comme Kigali, Dubaï, Hong Kong, Seychelles…, où de mauvaises langues parlent de villas cossues voire paradisiaques. Vrai ou faux? Difficile de vérifier ces informations. Tout comme la provenance des finances qui ont contribué à leur acquisition.

S’il en est ainsi, pas sûr que tout ce patrimoine soit déclaré par les nouveaux riches politiques congolais.

Quelle est la sanction prévue par la loi à tous ceux qui se rendent coupables de fausses déclarations de leur patrimoine? La Cour suprême opère t-elle un travail de tracking pour débusquer de faux déclarants ?

Bon, un adage populaire renseigne que le plus long voyage commence par le premier pas. ” Ensemble, poursuivons la marche”. C’est le titre du projet de société sur la base duquel Denis Sassou Nguesso a été réélu en 2021.

NB: IN-EXTENSO, L’ARTICLE 55 DE LA CONSTITUTION DE 2016

“Tout citoyen, élu ou nommé à une haute fonction publique, est tenu de déclarer son patrimoine lors de sa prise de fonction et à la cessation de celle-ci, conformément à la loi. La loi détermine les fonctions soumises à cette obligation.”

Par Alphonse Ndongo

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