Congo Brazzaville. Coronavirus, la riposte baisse la garde

0
118

TRIBUNE. Le Comité de riposte contre la pandémie à coronavirus a cessé de redoubler de vigilance. Des cas de contamination que l’on aurait pu éviter leur sont imputables. Pourquoi? Explications.

Depuis le décès de F.Ondongo des suites du coronavirus, selon les résultats du pcr sortis du Laboratoire national, quinze personnes présentées comme ayant eu un contact direct avec la décédée, n’ont jamais été approchées par les agents du comité de riposte, pour subir des tests et, le cas échéant, leur recommander illico presto la mise en quatorzaine.

“N’eût été la vigilance de la famille, même le domicile de la défunte, sis au plateau des 15 ans à Brazzaville, n’aurait jamais été désinfecté”, confie, les yeux levés vers le ciel, un fils de la défunte.

S’il est donc établi que la vieille femme de 82 ans était infectée au coronavirus, le risque est énorme pour d’autres personnes qui lui ont rendu visite at home, peu avant son hospitalisation au CHUB. La gouvernante de F.Ondongo, une jeune dame de quelque quarante ans, se la coule douce dans un quartier de Brazzaville, faute de tracking à opérer sur des cas suspects par des agents chargés de la riposte au Congo.

Dans la zone dite orange du CHUB, où convergent tous les cas suspects, des garde-malades, membres de la famille du patient, sans protection aucune, à part leur bible, eau bénite, chapelet ou fétiche , se débrouillent, mains nues, à lutter contre un ennemi invisible mais très mortel! Leurs incessants va et vient entre cette zone à virus, leur domicile familial, la pharmacie voire l’église, ne peuvent quantifier le nombre de personnes qu’ils contaminent, au cas où ils sont eux-mêmes des cas asymptomatiques.

Que fait donc le comité de riposte au moment où la courbe de décès et des cas de contamination remonte de manière vertigineuse à Pointe- Noire et Brazzaville?

La logistique, en cas de décès des suites de coronavirus, fait également défaut. Le CHU de Brazzaville dispose d’un seul corbillard, qui tombe en panne de temps en temps. Un seul chauffeur, un certain “Madiensi”, assure, le cœur serré, l’acheminement des corps aussi bien dans les cimetières des quartiers Sud que Nord…

“Ce qui arrive aux autres peut également vous arriver”, renseigne un adage populaire.

Par Alphonse Ndongo

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here