Congo Brazzaville. 10 juin 1991-10 juin 2021

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TRIBUNE. Devoir de mémoire.  30 ans après la fin de la Conférence Nationale Souveraine du Congo Brazzaville, le 10 juin 1991, ouverte le 25 février 1991 et clôturée par la cérémonie des “lavements de mains”, image d’archives ci- dessous, que sont devenus les 1200 arbres d’eucalyptus plantés sur un espace de la forêt de la Patte D’Oie, à Brazzaville, par les participants, au même nombre, à cette Conférence?

Un planting en commun, dans la liesse générale, qui symbolisait l’unité et la concorde nationales retrouvées ainsi que le refus, à jamais, des pratiques rétrogrades qui briseraient l’avancée démocratique du pays pour un progrès durable.

Les conférenciers que nous étions n’en parlons plus. Et pourtant, ils sont là, nos eucalyptus. Ceux de ces arbres qui ont résisté à l’épreuve du temps ont vieilli, branches et feuilles pleureuses, tournées vers le bas. Nombreux sont dessouchés, rongés par les insectes. D’autres ont des troncs mutilés par la violence des pluies tropicales qui s’abattent sur Brazzaville et ses environs.

Des eucalyptus, plantés pour magnifier une cause nationale, devenus orphelins de leurs propres planteurs et des lendemains prometteurs de la Conférence Nationale Souveraine pour laquelle ils ont été, de manière symbolique, mis en terre, lors d’une cérémonie officielle, largement médiatisée. Monseigneur Ernest Kombo, Président du Présidium de la Conférence y était. Probablement, également, le Président de la République, Sassou Nguesso.

Je m’en suis rendu compte en pénétrant l’espace du planting, en mai 2021, lors de mon dernier séjour à Brazzaville. Amer et attristé par le mépris que les autorités congolaises ont pour certaines choses qui constituent des symboles qui font avancer le pays.

Le passé nous met sur la voie des solutions et nous explique comment tel problème, à telle époque, a été résolue.

Nous apprenons de notre histoire. Et agissons selon les maximes qu’elle nous enseigne.

Toute société a besoin d’une connaissance historique du passé. D’où le rôle des commémorations. Pourvu que celles ci soient tournées vers des valeurs qui font gagner le pays.

La Conférence Nationale Souveraine du Congo Brazzaville, leçon majeure de l’histoire socio politique du Congo, semble n’avoir pas fait éviter aux Congolais les mêmes erreurs qui ont été commises par le passé et ont conduit à sa convocation à l’arrachée par le Président Sassou Nguesso.

Pour divers motifs, nous perdons le sens de l’histoire, alors qu’il est une exigence morale, dans nos vies, surtout en politique.

La Conférence Nationale Souveraine ayant fait suite à une période de forte crise économique, sociale et politique, son déballage a permis aux Congolais de réaliser, de fond en comble, le fonctionnement et les dysfonctionnements des pouvoirs publics de ces années là. Années, du reste, sombres du Partis unique.

30 ans après, tant de faits nous ont passé devant les yeux. Devoir de mémoire oblige, où en sommes nous, avec la Conférence Nationale Souveraine.

Ouabari Mariotti

Président de la Commission Rapatriement des Fonds. Conférence Nationale Souveraine Congo Brazzaville.

Paris 10 juin 2021

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