Congo. Alain Akouala et Elvis Okombi zappés de la direction de campagne de Sassou

Malgré les pieds et les mains, rien ne leur a été réservé au retour

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Les anciens ministres Alain Akouala (G) et Digne Elvis Tsalissan Okombi (D)

INDISCRETION. Les anciens ministres Alain Akouala et Digne Elvis Tsalissan Okombi, activistes invétérés pour Denis Sassou N’Guesso, n’ont pas été retenus comme responsables dans la direction de campagne du président-candidat. Ils pourraient être réduits à de rabatteurs d’électeurs dans leurs quartiers et villages.

Malgré sa dynamique, sa popularité en milieu jeune, et ouvert vers les intellectuels de tous horizons, Alain Akouala ne sera pas cette fois-ci dans la direction de campagne de Sassou N’Guesso. La coqueluche des débrouillards et le chouchou des sportifs et musiciens n’a été affecté à aucun département de campagne.

Ses prises de position dans les médias, parfois teintées d’une réelle volonté de dire la vérité sur la gestion du pouvoir, et donc une réelle prise de risque face à une population affamée, n’aurait pas du tout payé. Il avait pourtant tout renié, mais sauf Dénis Sassou N’Guesso, cela n’a pas été suffisant.

Dimanche dernier, l’ancien porte-parole du gouvernement s’était encore aventuré du côté de Diata, à Brazzaville, pour échanger avec les jeunes sur l’emploi, le goulot d’étranglement de tous les programmes Sassou.

Contrairement à 2016 où il a été dans la direction de campagne comme Chargé des opérations électorales, cette année, Alain Akouala a été zappé. Il pourrait alors, s’il le souhaitait, battre campagne pour son candidat, mais sans jouer un rôle de premier plan.

Digne Elvis Tsalissan Okombi n’a pas espéré la décision du candidat pour se lancer en campagne. Il y est depuis des mois, et s’est même autoproclamé soldat du peuple, prêt à combattre pour Sassou N’Guesso.

L’homme à la création débordante et déferlante, ne s’est pas fatigué de pondre des slogans de campagne. « Denis Sassou N’Guesso ou Rien », était son point de départ.

Face à l’opposition du PCT et de certains dignitaires au pouvoir, il n’a pas hésité de déduire que « Dieu est dans cette affaire ».

A l’émission Décryptage de Vox TV où je l’avais reçu, il déclarait que la mobilisation des électeurs pour les partis traditionnels, c’était du passé. Seules les associations avaient désormais le vent en pourpre. Une façon quand même de dire qu’il avait une place à jouer dans cette campagne. Hélais !

Mais quoi qu’on dise, le député de Ngo, dans les Plateaux, est un renard de surface. Alors qu’on le croyait fini avec son UMP, il s’est donné les ressources nécessaires pour rebondir et se faire de la place sur la scène politique.

Sauf que, pour certains, son péché vient du fait qu’il n’a pas adhéré au PCT. Ses soutiens politiques lui ont certainement assuré un avenir politique en dehors du parti, tant il gardait sa boulimie dans la mobilisation.

Digne Elvis Tsalissan Okombi fouine à tous les niveaux et a fini par embarquer un élu de Moungali, Ninon Ngouamba. Lui aussi est devenu charismatique pour Denis Sassou N’Guesso.

Et pourtant, ils ont tous les deux été ignorés. Le PCT a repris la campagne en main, contrairement aux temps passés.

Il ne faut cependant pas déjà enterrer les deux hommes, Alain Akouala et Digne Elvis Tsalissan. Tant qu’un homme politique n’est pas mort, il peut rebondir à tout moment.

Ces deux hommes ont déjà fait preuve d’une incroyable capacité de résilience et d’improvisation. Ils peuvent, en effet, jouer des rôles inédits dans les milieux juvéniles, ethniques et traditionnels qui leur sont favorables et fidèles, lors de cette campagne à venir. Rien ne pourra dans ces conditions dépasser le travail de terrain, face à la note de nomination.

Arsène SEVERIN -Journaliste (Fb)

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