Culture

Au Centre Obama, Barack et Michelle délivrent un message d’espoir et critiques subtiles de Trump.

Le Centre présidentiel Obama a donné jeudi soir le coup d’envoi de sa grande cérémonie d’inauguration, réunissant une délégation de personnalités de premier plan et tous les anciens chefs d’État encore en vie à côté des Obama pour cet événement marquant.

Michelle Obama célèbre son mari et appelle à choisir l’espoir

La cérémonie d’ouverture a commencé par des allocutions de Michelle et Barack Obama. La chef de file du couple a, durant la première partie de son discours, salué leurs filles, Malia et Sasha, qui les ont accompagnés sur scène pendant une bonne partie de l’après-midi, et a chanté les louanges de son mari.

Mme Obama a rappelé au public, et à son époux, la dignité dont il a fait preuve face à des attaques personnelles, notamment lorsque l’on a remis en question ses qualifications, lorsque de fausses accusations concernant son origine et sa foi ont été proférées, et lorsqu’il a été vivement dénoncé pour avoir rappelé une réalité biologique: si son fils avait été né dans la même famille, il aurait aussi été Noir.

Michelle a célébré son mari pour avoir ignoré ces attaques pendant qu’il accomplissait « le travail du peuple » — redressant l’économie, étendant l’accès aux soins, mettant fin à une guerre, ordonnant l’opération contre Oussama ben Laden, préservant l’industrie automobile et recevant un prix Nobel de la paix.

Tout en célébrant les succès de Barack Obama, Michelle a également évoqué les défis actuels du pays, notamment les difficultés économiques et les fractures sociales et politiques qui prévalent.

« Refuser de voir l’humanité en chacun nous conduit tout droit vers une pente glissante », a-t-elle déclaré, appelant chacun à rejeter le cynisme.

« L’espoir est un choix », a-t-elle poursuivi. « Que nous portions nos voix ou non est une décision. Voter est un choix. Être un être humain décent est un choix. Croire que nous avons encore le pouvoir de bâtir une nation qui reflète tout le monde est un choix. »

Barack Obama appelle les États‑Unis à rester fidèles à leurs principes

S’adressant ensuite à la tribune, le président Obama a évoqué son long parcours à Chicago, partagé des anecdotes sur des Américains ordinaires et évoqué les préoccupations qui entourent la démocratie et la place des États‑Unis dans le monde.

À l’approche du 250e anniversaire de l’indépendance américaine, il a rappelé que les fondateurs avaient bâti un système politique dépourvu de rois ou de seigneurs, composé uniquement de citoyens libres de poursuivre leur propre bonheur et capables de déterminer leur destinée collective par un gouvernement représentatif élu.

Reconnaissant les erreurs passées de la politique étrangère des États‑Unis, il a plaidé en faveur d’une approche qui promeuve la démocratie, la coopération, les droits humains et la responsabilité environnementale, plutôt que la volonté de dominer, d’humilier ou d’obtenir un quelconque avantage « quand on peut le faire ».

Ancien-ne-s Présidents et vedettes célèbres célèbrent l’héritage d’Obama

Même si plusieurs interventions semblaient viser l’administration actuelle, les Obama n’ont jamais nommé le nom du président en exercice, qui ne figurait pas sur la liste des invités.

Aux côtés des Obama figure néanmoins l’ensemble des anciens présidents encore en vie et de leurs conjointes : Bill et Hillary Clinton, George W. et Laura Bush, ainsi que Joe et Jill Biden.

La cérémonie a donné lieu à une série de prestations musicales présentées par Jennifer Hudson, Christina Aguilera, Tems, John Legend, Common, Eddie Vedder de Pearl Jam, Bono et The Edge du groupe U2, ainsi que Bruce Springsteen.

Stevie Wonder a clos l’événement en revenant sur sa prédiction de la présidence d’Obama rencontrée en 2004 et en interprétant plusieurs titres, en réunissant notamment nombre des artistes pour une reprise collective de « Higher Ground ».

Cette conclusion musicale a marqué la fin d’un après-midi consacré à célébrer l’héritage du 44e président et à lancer un appel à l’action pour défendre les principes qui fondent les États‑Unis.

Même si les détails des célébrations officielles du 250e anniversaire des États‑Unis ont subi de nombreux ajustements et que plusieurs numéros avaient été retirés du programme, l’ouverture du Obama Presidential Center a été ressentie comme une fête du pays et de son passé.


Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.