Algérie/France. 60ème anniversaire du 17 octobre 1961

0
207

TRIBUNE. Il y a soixante ans, le 17 octobre 1961, au moins 120 Algériens ont été tués par la police française lors d’une manifestation à Paris.

A l’appel de la Fédération de France du Front de libération nationale (FLN), au moins 20 000 Algériens avaient défilé pour défendre pacifiquement une Algérie algérienne et dénoncer un couvre-feu imposé aux seuls Français musulmans d’Algérie.

Alors que cet évènement récent de notre Histoire a longtemps été occulté par les autorités françaises, le Président Emmanuel Macron, a participé à un hommage inédit pour un Chef de l’État français, sur les berges de la Seine, à la hauteur du pont de Bezons, là où il y a soixante ans, des manifestants algériens qui arrivaient du bidonville voisin de Nanterre, souhaitaient avant tout se mobiliser pour leurs droits.

En reconnaissant les crimes commis cette nuit-là sous l’autorité du Préfet de Police Maurice Papon (condamné par ailleurs à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l’humanité pour son rôle dans la déportation) ainsi que le caractère « inexcusable pour la République », le Président de la République s’inscrit une nouvelle fois dans une démarche de dépassement mémoriel. Je ne peux que souscrire à cette politique audacieuse qui doit transcender les relations entre les peuples de part et d’autre de la Méditerranée.

Je souhaite pour ma part que l’on puisse encore aller bien au-delà en reconnaissant officiellement le « crime d’État » qu’a représenté cette répression puisque le Préfet Maurice Papon n’a pu agir que sous le couvert de sa hiérarchie tout en restant à ses fonctions jusqu’en 1966, son rôle dans ce dramatique épisode de notre histoire étant resté pendant longtemps sous silence.

La longue séquence de commémorations des évènements liés à la Guerre d’Algérie qui s’étendront jusqu’à l’année 2022, avec les 60èmes anniversaires du 19 mars (cessez-le feu de la Guerre d’Algérie) ainsi que du 5 juillet (Indépendance de l’Algérie), doit nous amener à poursuivre nos réflexions sur cette période douloureuse de l’histoire de la France et de l’Algérie, dans la droite ligne du rapport de Benjamin Stora, tout en nous projetant vers l’avenir.

C’est comme cela que nous construirons un nouveau destin commun entre nos peuples.

Par M’jid Elguerrab

Député des Français résidant au Maghreb et en Afrique de l’Ouest

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here