L’ancienne représentante Cori Bush n’a pas réussi mardi à déloger Wesley Bell, l’élu qui l’avait battue il y a deux ans pour représenter la région de Saint-Louis au sein du Congrès. Cette tentative de retour, qui avance lentement, survient malgré la montée en puissance de candidats progressistes à travers le pays.
Bell l’emporte sur Cori Bush pour la seconde fois dans une élection marquée par les débats autour d’Israël et le rôle de l’AIPAC
Le député Wesley Bell a repoussé l’assaut de son ancienne prédécesseure Cori Bush, deux années après que Bell l’avait initialement battue pour accéder au siège du Missouri–1er district au Congrès. Bush, infirmière devenue figure politique lors des mobilisations de Ferguson en 2014 après la mort de Michael Brown, avait vaincu un titulaire de longue date lors de la primaire démocrate de 2020 pour devenir la première femme noire à représenter le Missouri à Washington. Bell, de son côté, avait pris le dessus sur Bush lors de la primaire de 2024, préparant le terrain au rematch que l’on a connu mardi. Ce duel a bénéficié du soutien de nombreuses figures de l’establishment démocrate, notamment des parrainages du chef de la minorité à la Chambre, Hakeem Jeffries, et du Caucus noir de la Chambre. Bell a aussi bénéficié d’un avantage financier conséquent dans la primaire de 2026, avec environ 7,2 millions de dollars dépensés en sa faveur sur un total de 8,4 millions consacrés à la course.
Comme l’a remarqué NBC News, le scrutin a été largement façonné par des questions de politique étrangère, en particulier le soutien à Israël, ainsi que par l’action des lobbies pro-Israël. Pendant son mandat, Bush s’est imposée comme l’une des critiques les plus vives de la guerre menée par Israël à Gaza, l’accusant d’opérer ce que certains qualifient d’épuration ethnique envers les Palestiniens et critiquant l’administration Biden-Harris pour son appui à Israël pendant le conflit. Le groupe de pression pro-Israël le plus influent aux États‑Unis, l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), a investi environ 8 millions de dollars pour aider Bell à évincer Bush, dans ce qui est considéré comme l’une des primaires les plus coûteuses de l’histoire électorale américaine. Israël et l’AIPAC ont encore dominé la dynamique de la campagne 2026 dans ce duel entre les deux adversaires. Bush et ses partisans ont accusé l’AIPAC d’acheter l’élection et d’exercer une influence indue sur le congressman, tandis qu’un nouveau PAC baptisé PAL, créé pour contrer l’influence d’AIPAC, soutenait Bush. Bell a répliqué que Bush parlait “sans cesse” d’Israël, ce qu’il estimait être une question qui n’affectait pas directement les habitants de St. Louis. En réponse, il a plaisanté que, même en traitant ces sujets sérieusement, le B dans Missouri ne représente pas le Moyen‑Orient, mais le Missouri lui‑même.
La primaire de Saint‑Louis s’inscrit dans une lutte plus large entre progressistes et centristes au sein des Démocrates
Bush, autrefois associée au courant progressiste connu sous le nom de « Squad », a reçu le soutien du sénateur Bernie Sanders (I‑Vermont) et du mouvement DSA (Démocrates Socialistes d’Amérique). Sa défaite pourrait constituer un revers pour les candidats soutenus par la DSA et pour les autres progressistes qui avaient gagné en influence ces dernières années lors des primaires démocrates. Le résultat de Bell contraste avec d’autres résultats du même cycle, comme la victoire du candidat progressiste Abdul El-Sayed au Sénat du Michigan, qui a dénoncé les actions israéliennes à Gaza, face à Haley Stevens soutenue par l’AIPAC.
Bell, dans un long message publié sur X pour remercier ses soutiens, a essentiellement cadré la campagne autour de questions locales en affirmant avoir tenu ses engagements : ramener des ressources fédérales dans les quartiers, soutenir les travailleurs lorsqu’ils avaient besoin d’un allié, et aider les familles à se frayer un chemin à travers les lourdeurs administratives. Il s’est engagé à poursuivre ce travail au nom des habitants de Saint‑Louis. Bien que le candidat soit largement favori pour l’élection générale dans ce district fortement démocrate, il a insisté sur le fait que la bataille possédait une dimension nationale, constituant une opportunité de s’opposer à l’administration actuelle jugée imprudente et cruelle. “Saint‑Louis fait face à un président qui s’en prend à nos soins de santé, à nos droits et au salaire des travailleurs”, a-t-il déclaré, promettant de continuer à résister chaque jour à cette administration.
À mesure que les démocrates cherchent à reconquérir la Chambre en novembre, le parti doit aussi naviguer à travers des dissensions internes sur des questions tant domestiques qu’internationales. La victoire de Bell sur Bush s’ajoute ainsi à une série d’issues qui opposent les ailes plus progressistes et les courants plus centristes du Parti démocrate.





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