Vital Kamerhe: « Nous mettre ensemble pour chasser cette dictature abjecte de Kabila »

L’opposant congolais s'est confié à Jeuneafrique au lendemain de l'intervention des forces de l'ordre dans des églises

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L'opposant congolais Vital Kamerhe

« La seule voie qui s’impose à nous est celle de nous mettre ensemble pour chasser cette dictature abjecte de Kabila », a déclaré Vital Kamerhe au lendemain de l’intervention musclée et inédite des forces de l’ordre dans des églises.

Dans un entretien à Jeuneafrique, l’opposant congolais a saisi cette occasion pour interpeller de la manière la plus claire l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) sur ses tergiversations ne pas vouloir être avec les autres en les accusant de « collabo ». Une attitude qui, selon Vital Kamerhe, fait le jeu de Joseph Kabila.

Ce n’est pas un « collabo de Kabila » qui allait donner du fil à retordre à la Garde républicaine à Bandalungwa, a-t-il lancé à ses camarades de l’opposition. « Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Mbusa Nyamwisi et même Félix Tshisekedi l’ont déjà compris. Il faut donc que les camarades du parti de ce dernier lui facilitent la tâche », a-t-il poursuivi.

Sorti sain et sauf après l’attaque de la paroisse Saint Michel où il assistait à la messe, Vital Kamerhe a expliqué que tout cela est arrivé juste au moment où venait de se terminer la lecture du texte qui parlait d’Abraham et de son fils.

« Personne n’avait provoqué personne. Les forces de l’ordre sont intervenues tout simplement parce que nous étions là, au regard de l’engouement à l’extérieur. Il y avait des gens de part et d’autre jusqu’à quelque 300 mètres de la paroisse. Une foule nombreuse », a-t-il dit ajoutant que la « Monusco est venue mais les militaires l’ont empêchée de venir sécuriser l’église ».

L’opposant est persuadé que « c’était un plan bien calculé : il fallait tirer sur tout ce qui bouge dans l’église. Ce que les policiers et militaires ont fait. Tout est devenu noir dans l’église, des fidèles couchés par terre. On a dû soigner le prêtre qui officiait la messe en pleine messe dans le noir », se souvient-il.

Qualifiant cet acte de « barbarie d’un autre genre », il a affirmé que « nous n’avons jamais vu ça depuis 1960. Même à l’époque de Mobutu, jamais l’armée ni la police n’avaient tiré à bout portant ou lancé des gaz lacrymogènes dans l’église ». Ce qui, à ses yeux, est tout simplement « inacceptable ».

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