Vaincre ou mourir !

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TRIBUNE. Tous ceux qui ont eu le malheur de se retrouver à la morgue municipale de Pointe-Noire en ont gardé un amer et triste souvenir.

Jamais dans l’histoire de cette ville l’on a vu un ballet macabre d’une aussi grande importance.

En effet, à la morgue de Pointe-Noire, il en sort entre 90 et 110 corps par jour, au point où la municipalité organise ce qu’elle appelle « un vol direct » c’est-à-dire, un cortège piloté par un véhicule de marque Mitsubishi Canter à l’intérieur duquel on entasse en moyenne 40 corps, à destination du cimetière de Vindoulou.

En période d’épidémie, ce nombre colossal de morts se justifierait. Mais que l’on assiste à une hécatombe aussi exponentielle sans que cela n’émeuve ni le gouvernement, encore moins M. Sassou Nguesso, cela me laisse sans voix.
Aussi, assister à ces convois funéraires qui frisent l’amoralité et à ces enterrements irrespectueux de la vie humaine comme si l’on se débarrassait des terroristes dans un charnier en période de guerre, cela heurte ma sensibilité de citoyen patriote et humaniste.

Je n’arrêterais jamais de m’interroger sur les circonstances qui pourraient pousser les congolais à prendre conscience de l’état de décrépitude dans lequel les dirigeants actuels ont plongé le pays et de l’humiliation extrême qu’ils commencent à accepter comme une seconde nature.

Près d’une centaine de morts par jour, c’est 3000 morts par mois, donc 36000 morts par an c’est-à-dire le chiffre qu’on obtient en additionnant le nombre d’habitants des villes d’Owando, Kinkala et d’Oyo, cela est dramatique.

Imaginez un seul instant, ce que cela représenterait si l’on vidait tous les ans, les villes d’Owando, Kinkala et Oyo de leur population. Aucun peuple au monde n’est prêt à accepter et à supporter un tel sacrifice.

Si les congolais abandonnent la lutte pour leur liberté, donc acceptent leur condition d’esclave, alors qu’ils arrêtent de pleurer quand les salaires ne sont pas payés, quand les pensions et la bourse ne sont pas versées, quand il n’y a pas d’eau et d’électricité, quand il manque d’enseignants dans les écoles, quand les hôpitaux sont transformés en mouroirs.

Je continue malgré tout de croire que l’âme de ce pays n’a pas été vendue aux enchères et que les esprits des anciens qui veillent sur nous, nous guideront vers les victoires futures, à condition que nous prenons dès à présent conscience de la chance que nous avons d’être filles et fils de ce Congo que nous devons défendre coute que coute au-delà de toutes considérations.

Un seul mot TRANSITION, une seule exigence TRAVAIL COLLECTIF.

Ensemble, pour un Congo uni, libre et prospère. Plus jamais sans nous. Que Dieu bénisse le Congo.

Laurent DZABA
Président du Mouvement Panafricain et Citoyen « Bougeons-Nous »

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