Unesco: le dikopelo, une musique traditionnelle du Botswana, nécessite une sauvegarde urgente

0
273
Le dikopelo, musique traditionnelle des Bakgatla ba Kgafela dans le district de Kgatleng

Le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, réuni à Jeju en République de Corée, jusqu’au 9 décembre courant, a inscrit mercredi six éléments sur la liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.

Il s’agit du dikopelo, musique traditionnelle des Bakgatla ba Kgafela dans le district de Kgatleng du Botswan; des chants de travail de llano de la Colombie et du Venezuela; des pratiques traditionnelles mongoles de vénération de sites sacrés de la Mongolie, de la Taskiwin, danse martiale du Haut-Atlas occidental du Maroc; du langage sifflé de la Turquie ainsi que de l’Al ‘azi, art de la poésie, symbole de louange, de fierté et de force d’âme des Emirats arabes unis .

Dans un communiqué rendu public le jour même, l’Unesco a indiqué que l’inscription des six éléments sur cette liste « permet aux Etats parties à la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de mobiliser la coopération et l’assistance internationales nécessaires pour permettre aux communautés de faire vivre et de transmettre leur patrimoine culturel immatériel ».

Evoquant le cas du dikopelo au Botswana, l’organisation onusienne a expliqué que la pratique de cette musique traditionnelle associe du chant vocal et de la danse suivant une chorégraphie spécifique, sans instruments de musique, et réunit les habitants d’une zone donnée qui chantent en chœur.

S’il est pratiqué par les hommes, les femmes et les enfants, l’Unesco a indiqué que cet élément est surtout maîtrisé par les anciens qui, en tant que membres d’un Conseil consultatif informel, transmettent leur savoir-faire à la jeune génération.

Fondée sur une vision partagée de la vie de la communauté, cette pratique collective n’est plus aussi répandue que par le passé, a poursuivi l’organisation.

Par ailleurs, « bien que le dikopelo soit à l’origine un événement pratiqué par les communautés sur les terres agricoles, le déclin de la population agricole a entraîné le déplacement des chœurs vers des villages où il est plus difficile de le pratiquer en raison de la modernisation », a constaté l’Unesco.

Selon elle, les pratiques de divertissement modernes ont également réduit le nombre de praticiens expérimentés en mesure d’expliquer la signification de l’élément.

L’Unesco a tutefois estimé que malgré la faible viabilité du dikopelo, « la communauté et les praticiens s’engagent pour sa sauvegarde, comme en témoignent leur détermination à se mesurer à des groupes issus d’autres districts et les efforts déployés pour faire revivre le dikopelo dans l’optique de préserver les jeunes des problèmes sociaux et de promouvoir des messages positifs dans la communauté », a-t-elle conclu.

LAISSER UN COMMENTAIRE