La transformation numérique ne crée pas les mêmes opportunités pour tous

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Les inégalités d’accès et d’utilisation pourraient brider le potentiel de l’économie numérique, a prévenu dernièrement l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans sa dernière étude en date sur ce sujet.

Pour tirer le meilleur parti de la transformation numérique au service de l’économie et de la société et assurer qu’elle soit largement partagée, l’OCDE a estimé qu’il convenait d’élargir l’accès aux opportunités qu’offrent les technologies et d’aider les retardataires à combler leurs lacunes.

Car, si les technologies numériques continuent de faire des avancées impressionnantes, l’infrastructure Internet s’améliore et l’utilisation des outils numériques gagne du terrain, force est de constater que les progrès restent inégaux selon les pays, les entreprises et au sein des sociétés, a indiqué l’organisation.

En effet, comme l’a souligné Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, «la transformation numérique n’est pas uniforme dans l’ensemble des pays, des entreprises et des foyers, et ne crée donc pas les mêmes opportunités pour tous».

Il faut dire que les politiques publiques n’ont pas évolué au rythme de l’innovation numérique et de la transformation des économies et des sociétés, impulsées par les grands groupes technologiques, comme cela a été relevé dans l’édition 2017 des «Perspectives de l’économie numérique».

Pour rendre la transition numérique plus productive et inclusive, l’étude a suggéré que les pays intensifient désormais leurs efforts, investissent davantage dans l’éducation et le développement des compétences, et encouragent l’utilisation croissante des technologies avancées comme l’analytique des données massives et l’infonuagique, en particulier au sein des petites entreprises.

Les inégalités face au numérique ne sont pas les seuls points révélés dans cette étude qui «exhorte également les gouvernements à réexaminer leur droit du travail, leurs accords commerciaux et autres législations, à la lumière des destructions d’emplois, de l’émergence de nouvelles formes de travail et du remodelage des échanges commerciaux», a indiqué l’OCDE dans un communiqué.

L’organisation a assuré, en outre, qu’«elle les encourage à travailler de concert pour s’attaquer aux risques de sécurité numérique et d’atteinte à la vie privée, afin de répondre aux préoccupations croissantes suscitées par les cas de violations de données et les incidents de sécurité, qui pourraient compromettre l’adoption des services numériques».

‌Par ailleurs, si l’accès à Internet se généralise, les débits moyens s’accélèrent et les prix chutent, l’étude tend à montrer que l’utilisation des données mobiles connaît un essor beaucoup plus rapide dans certains pays que dans d’autres, la Finlande et la Lettonie se détachant nettement du lot.

Ainsi, «en termes de diffusion de l’Internet, en 2016, 97% de la population ou plus y avaient accès au Danemark, en Islande, au Japon, au Luxembourg et en Norvège, contre 60% ou moins au Mexique et en Turquie. Les internautes représentaient plus de 95% des jeunes âgés de 16 à 24 ans, mais moins de 63% des 55-74 ans», peut-on lire sur le site officiel.

Selon l’étude, en 2016, 95% des entreprises des pays de l’OCDE disposaient d’une connexion haut débit, contre 86% en 2010. Mais selon l’organisation, ces chiffres masquent de fortes disparités entre petites et grandes entreprises, en particulier au Mexique, en Grèce, en Pologne et en Turquie.

«Les petites entreprises accusent en outre un retard en termes d’utilisation des outils avancés, tels l’analytique des données massives et l’infonuagique», a-t-on constaté.

Quoi qu’il en soit, pour le secrétaire général de l’OCDE «il nous incombe d’aider les citoyens et les entreprises à franchir le cap du numérique en offrant au plus grand nombre la possibilité d’accéder à moindre frais aux outils numériques et de se doter des compétences pour en tirer pleinement parti».

A noter que ce dernier s’est ainsi exprimé à l’occasion de la présentation de la publication lors d’une réunion du Réseau parlementaire mondial de l’OCDE, à Paris.

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