"Tosepela Esengo", l'album posthume de PASSI JO réalisé par Pamela Kleemann Passi à Melbourne (Australie)

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Plus de 03 ans après la mort de Passi Jo le 06 Novembre 2016 en Australie, l’album posthume du légendaire chanteur congolais accompagné par le groupe « Warako Musica » est dans les bacs. Il réunit sur deux disques  14 titres des maquettes datant des années 2014-2015, produits par la veuve australienne du défunt : Pamela Kleemann Passi.

Le premier album posthume de Passi Jo enregistré intégralement en Australie, offre à ses milliers de fans une chance supplémentaire de savourer les merveilleuses mélodies, de la rumba congolaise, du « Soukous », des rythmes latins et afro-beat.

Le titre de l’album : « Tosepela Esengo » est un terme lingala signifiant « Réjouissons nous de tout le bonheur… ». Ces simples paroles témoignent de la vie, et de l’œuvre de Passi Jo: être ouvert aux nuances et aux couleurs multiples. Dévoué à la rumba congolaise et aux musiques du monde.  Passi Jo a vécu pour composer et chanter. Véritable star du « Soukous » il a manifesté  la joie, autant sur scène que dans la vie courante.

Pour la petite histoire

Le chanteur Joseph Passi alias « Passi Jo » qui a quitté ce monde le dimanche 06 novembre 2016 en Australie, était un ancien sociétaire de l’orchestre SBB (Super Boboto) de Brazzaville. Il était surtout connu pour sa collaboration efficace avec les groupes congolais de deux rives, de la diaspora et de l’Australie où il s’était installé depuis de nombreuses années.

Passi Jo, un des chanteurs les plus doués

Sa déduction tranquille dans la voix bien posée, juste et belle, Passi Jo aura été du début des années 1960 au début des années 2000 l’un des interprètes populaires de la chanson congolaise. Il restera le compositeur d’une bonne trentaine des chansons à succès, souvent des jolies rumbas nostalgiques, dont les textes, allant aux mélodies bien tournées.

Jusqu’au bout il aura donné de la voix : le chanteur Passi Jo a succombé au moment où l’on s’y attendait le moins, alors qu’il venait de passer cette année là, un séjour à Brazzaville en compagnie de son épouse australienne, et qui s’est terminé en beauté. Hélas ! Un séjour qui n’était alors qu’un adieu.

Un parcours atypique

Né à Kinshasa en 1949 d’un père angolais et d’une mère congolaise de Brazzaville, Passi Jo avait choisi Brazzaville pour se lancer dans une carrière musicale. Il a commencé à chanter très jeune, en 1966 dans l’orchestre « Les Frères Siamois » de Brazzaville, avant d’intégrer successivement, entre 1967 et 1971 les  orchestres OK Band et Jeunes Bantous. En 1971, il fait son apparition dans l’orchestre SBB (Super Boboto), groupe dans lequel il s’affirme comme une grande vedette de la chanson. Passi Jo va émerveiller le public congolais avec ses toutes premières compositions qui sont des véritables chefs-d’œuvre.

Au sommet de sa gloire, Passi Jo quitte le SBB avec fracas, pour faire partie de l’orchestre VEVE de Verckys Kiamuangana à Kinshasa. La suite se résume comme suit :

– Retour plusieurs mois après, dans l’orchestre SBB suivi en 1980 de la carrière internationale en Afrique, dans le groupe Africa All Stars de Sam Mangwana. Arrivé en France en 1982, Passi Jo entame une carrière solo, jusqu’à la création en 1984 de l’orchestre « Les Officiers of African Music « avec Nianzi Gaulard, Tchico Tchicaya, Denis Loubassou et autres. Ce qui ne l’empêche pas  de se produire successivement avec les groupes « Les quatre étoiles » (Bopol Masiamina, Nyboma, Wuta Mayi, Syran Mbenza), « Kass Kass Band » (Syran Mbenza, Bumba Massa…) entre 1984-1989.

– Au début des années 1990, l’orchestre « Les Officiers of African Music » effectue un voyage triomphale en Australie. Au moment  de regagner la France, Passi Jo refuse de repartir. Il décide ainsi, de s’installer en Australie. Il sera rejoint en 1994 par  Tchico Tchicaya avec qui, il forme en 1998, le groupe Weraco Musica.

– Australie : s’imposer comme les véritables précurseurs

En effet, en 1994 Tchico-Tchicaya et Passi Jo font partie de ces rares musiciens congolais ayant participé au petit mouvement migratoire qui devait amener quelques musiciens congolais en Australie, et ils sont après leur présence dans le groupe « Les Officiers of African Music » les tous premiers à  conquérir avec leur groupe « Weraco Musica » les publics mélomanes de Sydney et de Melbourne, à travers des grands festivals au cours desquels ils ont su parfaitement mettre en valeur, l’éternelle modernité du style « Rumba-Soukous ». Passi Jo a continué à faire une brillante carrière musicale , après le retour en France de Tchico Tchicaya à la tête de son « Maloango Mucica » qui a succédé à « Soukous Machine » des années 1980.

Hommage mérité

Passi Jo, le chanteur à la voix mélodieuse a laissé dernière lui au Congo, en France et en Australie de nombreux tubes mais aussi des centaines de fans attristés par sa disparition. Les musiciens congolais des deux rives ont salué la sortie de ce double album posthume qui retrace la carrière du célèbre chanteur, auteur-compositeur et interprète.

Bravo! Pamela Kleemann Passi.

 Clément OSSINONDE

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