Théâtre : Georgette Kouatila pour une présence effective des femmes

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Georgette Kouatila, autrement connue par «Geo Kouat».

Après une trentaine d’années sur les planches du théâtre congolais, Georgette Kouatila autrement connue par «Geo Kouat», déplore les difficultés que rencontrent les femmes dans la pratique de cet art avec l’épineuse question du difficile choix entre le mariage et le théâtre.

Pagesafrik.info : Combien d’années d’expérience avez-vous derrière vous ?

Georgette Kouatila : J’ai derrière moi une trentaine d’années d’expérience dans le domaine du théâtre. J’aimerais dire qu’en trente ans, j’ai noté qu’il est très difficile pour les femmes de se mettre au théâtre, à telle enseigne que notre relève vient timidement. J’espère qu’elles vont arriver en masse pour nous permettre de prendre effectivement notre retraite.

Pagesafrik.info : A quel niveau se situe le blocage ?

Georgette Kouatila : Je pense que le blocage se situe au niveau de la compréhension de ce que c’est le théâtre. Il faut qu’on arrive à faire comprendre au public et particulièrement aux femmes que le théâtre est un métier comme tous les autres. Tout le monde ne peut pas travailler entre quatre murs, je veux dire, cloitré dans des bureaux.

Pagesafrik.info : N’est-ce pas parce que ça ne fait pas vivre ?

Georgette Kouatila : C’est l’erreur. Le théâtre fait vivre celui qui le pratique, mais ce sont les pouvoirs publics qui doivent s’impliquer pour l’activer et intéresser plus de gens. J’ai vécu du théâtre avant de faire valoir mes droits à a retraite en tant que fonctionnaire. Même à la retraite, je continue de monter sur la scène et je demeure active. Le théâtre fait vivre et il me fait vivre.

Pagesafrik.info : Peut-on dire que vous êtes une école avec votre expérience de trente ans ?

Georgette Kouatila : Pourquoi pas ? Je le suis, en commençant par ma propre maison. J’ai mes deux filles qui sont dans le théâtre et bientôt, mes petits fils vont y mettre les pieds. Ce qui est déplorable, c’est le fait que les conditions ne suivent pas. Le pays n’a pas de politique culturelle alors que les pouvoirs publics devraient encourager ceux qui pratiquent cet art. Il devrait être enseigné aux niveaux préscolaire et secondaire comme c’est le cas à l’Université.

Pagesafrik.info : Qu’est-ce qui fait que les femmes se tiennent loin du théâtre ?

Georgette Kouatila : Je ne dirais pas que les femmes ne viennent pas au théâtre parce qu’elles ne l’aiment pas, même pas parce qu’elles ont peur. Non. Je crois qu’elles ne viennent pas par paresse. Les femmes rencontrent beaucoup de freins dans ce qu’elles font ou veulent faire. Il y a l’épineuse exigence qui leur est faite de faire le choix entre le théâtre et le ménage si on n’a pas eu la chance de vivre avec un conjoint qui comprend ce que l’on fait, comme le mien.

Pagesafrik.info : Dans votre cas ?

Georgette Kouatila : Mon cas ? Je vous ai dit que j’ai fait valoir mes droits à la retraite et que cela fait trente années que je pratique le théâtre. Je tiens à préciser que j’ai fait trente ans de théâtre comme femme mariée. Et j’ai travaillé librement.

Pagesafrik.info : Quel conseil pouvez-vous donner aux femmes qui veulent y venir ?

Georgette Kouatila : Tout dépend de ce qu’elles veulent faire. J’ai été engagée dans la Fonction publique comme secrétaire d’administration et c’est le refus de m’enfermer dans le bureau qui m’a fait monter sur scène. Le théâtre m’a beaucoup fait voyager. Je demande simplement aux femmes de se réveiller et de se mettre au théâtre

Propos recueillis par Florent Sogni Zaou

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