TCHAD : Conseil extraordinaire des ministres du vendredi 30 novembre 2018

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Ph: archives (tchadinfos)
Il s’est tenu ce vendredi 30 novembre 2018, un conseil extraordinaire des ministres. Placé sous la Présidence d’Idriss Déby, président de la République, le conseil a eu à examiner et adopter un projet de texte. Il s’agit du projet de loi des finances de l’année 2019, présenté par le ministère des finances et du budget.
Avant de procéder à son adoption, le Conseil a examiné dans les moindres détails ce projet de loi des finances qui prend en compte et met en évidence les réalités économiques et financières du Tchad, les facteurs endogènes et exogènes limitants, les indicateurs micro et macroéconomiques de croissance, les innovations ainsi que les critères de performances.
Au plan économique, le projet de loi, soumis à l’examen du Conseil, décrit un environnement économique caractérisé par la faiblesse de la croissance au niveau de la sous région. Il reste marqué par le contexte sécuritaire précaire, les incertitudes sur l’évolution des cours du pétrole et, au niveau national, par les effets induits des grèves intervenues durant l’année 2018, l’aboutissement de la restructuration de la dette GLENCORE, ainsi que par la mise en œuvre satisfaisante du programme avec le Fonds monétaire international (FMI).
Il faut également noter que l’économie tchadienne a renoué avec la croissance en 2018 d’un taux de 1,5 % après deux années consécutives de récession  de l’ordre de -3, 7% en 2016 et -3,8% en 2017. Cette reprise de l’activité, s’explique par le retour du dynamisme dans le secteur pétrolier de l’ordre de 3,5% et les bons résultats de la bonne campagne agricole 2018/2019.
Cette évolution favorable de l’économie nationale a eu un impact positif sur l’exécution du budget général de l’État 2018 et a inscrit le projet de loi de Finances 2019 dans un contexte de relance économique, s’appuyant entre autres sur :
–    Une production du pétrole de 114. 751 barils par jour ; 
–    Un court de Brent à 65 dollars américains le baril ; 
–    Une décote de 5 dollars américains par baril ; 
–    Et un taux de change de 555 f CFA pour un dollar américain.
Ainsi, la croissance économique en 2019 serait de l’ordre de 6,9%. Hors pétrole, le taux de croissance se situerait à 3%.
Sur le plan fiscal, le projet de loi des finances 2019, corrigera les insuffisances résultant de l’application de la loi des finances 2018. Il renforcera et améliorera certaines dispositions du Code Général des impôts.
Au plan budgétaire, le projet de loi des Finances entend respecter les engagements pris avec le FMI dans le cadre du programme de Facilité Élargie de Crédit. Il reflète la volonté du gouvernement à promouvoir l’emploi, à améliorer les conditions de travail et le pouvoir d’achat des fonctionnaires en portant de 50 à 65% les augmentations générales spécifiques.
Il traduit aussi la volonté du gouvernement à soutenir la relance des activités économiques à travers la mise en œuvre du plan d’apurement des arriérés intérieurs qui découlera de l’audit qui est en cours de finalisation.
Le Projet de loi des finances 2019, est donc évalué en recettes totales (hors don) à 826,63 milliards de Francs CFA contre 653, 09 milliards de Francs CFA en 2018, soit une augmentation de 26, 57%.Les dépenses totales (hors amortissement de la dette) sont prévues à hauteur de 979, 98 milliards de Francs CFA en 2019 contre 950, 74 milliards de Francs CFA en 2018,  soit une hausse de 3,1%. Il en résulterait donc, un solde budgétaire de base (hors don) déficitaire de 153, 35 milliards de Francs CFA contre 297, 65 milliards en 2018. Ce solde budgétaire sera essentiellement financé par les appuis multiformes des partenaires.
Le Conseil a également suivi une communication du Ministre des Finances et du budget relatif au programme appuyé par la facilité élargie de crédit avec le Fonds monétaire international et les enjeux liés à la troisième revue qui augurent des résultats promoteurs.
Toutefois, il est recommandé de continuer d’accorder une attention particulière à la poursuite des  efforts pour la mobilisation des recettes domestiques hors pétrole et à la maitrise des dépenses en vue d’un aboutissement heureux des revues à venir.

Pour finir, le Président de la République a donné des instructions fermes au gouvernement en vue de procéder au réajustement de certaines rubriques, d’user de tous les leviers financiers, fiscaux et budgétaires susceptibles de permettre l’atteinte de ces objectifs visant à soutenir la croissance, à diversifier l’économie, à développer l’emploi et à consolider le redressement des finances publiques.

Commencé à 10h, le Conseil des ministres a pris fin à 12h10.

Le Ministre de la Communication ,Porte -parole du Gouvernement 
Oumar Yaya  Hissein

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