Le taux de pauvreté en baisse au Maroc

Il n'en reste pas moins qu'il y a encore trop de pauvres

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Une étude du Haut-commissariat du plan (HCP) sur la cartographie de la pauvreté multidimensionnelle confirme une forte baisse de la pauvreté sous toutes ses formes au Maroc. 
En effet, en l’espace de dix ans, la population en situation de pauvreté multidimensionnelle est passée de 7,5 million individus à 2,8 millions d’individus, avec une baisse annuelle moyenne de 9,4%, selon cette étude dont les grandes lignes ont été présentées mercredi 4 au siège du HCP à Rabat.
Ainsi, entre 2004 et 2014, « l’incidence de la pauvreté multidimensionnelle est  passée de 25% à 8,2% au niveau national, de 9,1% à 2% en milieu urbain, et de 44,6% à 17,7% en milieu rural », a indiqué le Haut-commissariat.
Pour autant, il n’y a pas de quoi se réjouir puisque la pauvreté se cantonne désormais en milieu rural.
En effet, il ressort de l’étude  que la pauvreté multidimensionnelle demeure principalement un phénomène rural. Le HCP en veut pour preuve que le nombre de personnes multidimensionnellement pauvres vivant dans le milieu rural est passé de 80% en 2004 à 85,4% en 2014.
«Si les taux de pauvreté étaient devenus statistiquement insignifiants dans le milieu urbain, la pauvreté reste, cependant, le phénomène rural par excellence. Sous sa forme monétaire, elle touche près de 2% en milieu urbain et près de 9% en milieu rural », a noté le Haut-commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami.
En ce qui concerne la pauvreté multidimensionnelle, «elle décline un taux de prévalence de 8,2% à l’échelle nationale, portant le nombre de nos concitoyens qui en subissent la prévalence à 2,8 millions dont, 400.000 en milieu urbain et 2,4 millions en milieu rural, avec des taux de prévalence respectivement de 2% et de 17,7%», a-t-il poursuivi.
Selon l’organisme officiel, les sources à l’origine de cette dégradation se trouve au niveau des différents domaines de privation examinés dans cette étude dont la scolarisation des adultes qui explique à elle seule 34% de la pauvreté au niveau national et la non-scolarisation des enfants qui contribue, de son côté, à hauteur de 21,3% à l’IPM.
D’après l’étude, les déficits en termes d’éducation expliquent un peu plus de la moitié de la pauvreté multidimensionnelle (55,3%) alors que les privations en termes d’accès aux infrastructures sociales de base expliquent 19,7% de la pauvreté multidimensionnelle.
Quant aux privations en termes de conditions d’habitat et de santé, elles expliquent respectivement 14,1% et 10,9% de la pauvreté multidimensionnelle.
Le Haut-commissariat a aussi noté que 60,8% de la pauvreté multidimensionnelle, en milieu urbain, est due aux déficiences en termes d’éducation des adultes (36,8%) et des enfants (24,0%), soulignant que les privations en termes de santé contribuent à hauteur de 24,5% à la pauvreté urbaine.
«Quant à la pauvreté rurale, elle s’explique principalement par les privations en termes d’éducation (54,5%), d’accès aux infrastructures sociales de base (21,2%) et de conditions d’habitation (15,3%)», a-t-il précisé.
Entre les deux périodes étudiées, il ressort au niveau régional que l’incidence de la pauvreté multidimensionnelle a baissé dans toutes les régions du Royaume.
En termes de variation absolue, le HCP a relevé que ce sont les régions les plus pauvres en 2004 qui ont connu le recul le plus important de la pauvreté. C’est le cas des régions de Marrakech-Safi qui est passé de 34% à 11,3%,  Tanger-Tétouan-Al Hoceima (de 30,3% à 9,5%) et Béni Mellal-Khénifra (de 31% à 13,4%).
Dix ans après, en 2014, « le classement des régions selon l’incidence de la pauvreté multidimensionnelle indique que la moitié des régions enregistrent un taux de pauvreté supérieur à la moyenne nationale (8,2%) », a souligné le HCP.
Selon ce classement, la région la plus pauvre est Béni Mellal-Khénifra (13,4%), suivie de Marrakech-Safi (11,3%), Drâa-Tafilalet (10%), Fès-Meknès (9,6%), l’Oriental (9,5%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,5%).
Le même classement a fait observer inversement que les régions les moins pauvres, marquées par une incidence inférieure à la moyenne nationale, sont Laâyoune-Sakia Al Hamra (1,7%), Dakhla-Oued Eddahab (3,8%), Casablanca-Settat (4,1%), Rabat-Salé-Kenitra (6,1%), Guelmim-Oued Noun (6,2%) et Souss-Massa (7,2%).
Selon le HCP, «si le taux de pauvreté classe la région Béni Mellal-Khénifra comme la plus pauvre, c’est la région Marrakech-Safi qui abrite le plus grand nombre de pauvres au Maroc».
En effet, les données recueillies font état d’une contribution relative à la pauvreté multidimensionnelle à l’échelle nationale à hauteur de 18,5% en 2014. Elle est suivie par les régions Fès-Meknès (14,7%), Béni Mellal-Khénifra (12,3%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12,3%). Ces quatre régions regroupent 57,8% de la population multidimensionnellement pauvre.
Au niveau provincial, l’étude montre, entre 2004 et 2014, que l’incidence de la pauvreté multidimensionnelle a été réduite dans toutes les provinces à l’exception d’une province.
Il s’agit de Figuig où l’incidence de pauvreté est passée de 28% à 34,5% entre les deux périodes. Ce qui représente une hausse relative de 23,5% que le HCP attribue principalement à la montée du poids démographique des zones rurales de cette province qui est passé de 35% en 2004 à 51% en 2014.  L’étude, qui a permis aussi d’apprécier la pauvreté multidimensionnelle au niveau communal souligne que sur un total de 1683 communes et centres urbains, 438 ont un taux de pauvreté multidimensionnelle inférieur à 5%, 300 un taux entre 5% et 10%, 447 un taux entre 10% et 20%, 274 entre 20% et 30%, 113 entre 30% et 40% et 111 un taux supérieur à 40%.

1 COMMENTAIRE

  1. Au Maroc , les riches sont plus riche et les pauvres sont plus pauvre .
    C’est de pire en pire , si les frontières s’ouvrent une seul journée entre le Maroc et l’Europe sur les 32 millions d’habitants au Maroc s’il en reste 1 million c’est beaucoup.
    La pauvreté , les droits humain non respecté , aucune école publique digne de ce nom pour les pauvres , aucun hôpital si non pourquoi le roi , les hommes politiques et les riches se font soigner à l’étranger .

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