Sortie du livre, « Les virtuoses congolais de la guitare électrique » de Clément Ossinondé

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Pour ne rien manquer de la nouveauté qui marque l’actualité musicale, Denis Malanda (chroniqueur et critique de musique) a retenu pour vous la dernière parution « Les  virtuoses congolais de la guitare électrique »  de Clément Ossinondé. Ce livre très riche, changera sans nul doute quelque chose dans votre appréciation de la musique congolaise.

En effet, plus de cinquante ans de la guitare électrique, sont retracés en 70 pages au fil desquelles on rencontre les plus grandes figures de la guitare solo de tous les courants.

Les approches distinctives de la guitare à travers le bassin du Congo permettent d’apprécier la diversité musicale du continent ainsi que les grands changements apparus depuis les années 50 à ce jour.

L’année 1953 nous rappelle l’arrivée à Léopoldville (Kinshasa) de la première guitare électrique, introduite par le musicien belge Bill Alexandre, soliste de grand talent  et  chef des éditions musicales CEFA (compagnie d’enregistrement du folklore africain).

Evidemment, Il va rehausser considérablement  le niveau de la musique congolaise. On se souvient du tout premier grand succès réalisé avec la guitare électrique, sur une composition du guitariste et saxophoniste brazzavillois Guy Léon Fylla, accompagné par Bill Alexandre à la guitare solo et par  la chanteuse camerounaise Marcelle Ebibi (épouse Fylla). Titre de la chanson : « Mama é ».

Mais la guitare électrique s’imposera plus tard et surtout dans les doigts des kinois François Luambo « Franco », Nicolas  Kasanda « Nico », Emmanuel Tshilumba wa Baloji « Tino Baroza », Antoine Nedule Montswet « Papa Noël » et bien d’autres dont ce livre présente le parcours et l’école à laquelle chacun appartient.

Dans son avant propos, l’auteur précise qu’au commencement était la guitare acoustique, instrument favori des précurseurs de la musique congolaise moderne. Mais, Zacharie Elenga « Jhimmy » constituera particulièrement le plus grand évènement de l’année 1950, car le guitariste « hawaïen » est un virtuose. Musicien élégant, fin et spirituel, il introduit le « fox-trot » dans la danse congolaise qui ne connaissait alors que la rumba, la biguine, et la polka piké.

Le règne du monarque absolu Zacharie Elenga « Jhimmy, le guitariste hawaïen », (jouant de la guitare accordée à la manière des artistes des îles Hawaï avec un fort vibrato) a duré de 1950 à 1953, après avoir apporté une nouvelle couleur sonore et chromatique, à ses œuvres dont il octroya une conception harmonieuse très originale et avancée de l’époque. C’est lui qui appris à jouer la guitare acoustique à Mwamba « Dechaud » et Tshilumba « Tino Baroza »… Il est sans doute un des précurseurs de la guitare solo.

Certes, avec la guitare électrique beaucoup de styles se sont développés au fil des années. Comme le Ndombolo, Le Soukous, le Coupé décalé… sont devenus populaires, développant un style de guitare distinctif inspiré de la rumba, de la musique traditionnelle congolaise et du hip op.

« Les virtuoses congolais de la guitare électrique », un livre de référence à avoir lu absolument. ( Editions Edilivre)

Denis Malanda

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