Sibiti : Jérôme Nzoussi signe et présente «Aurore», son recueil de nouvelles

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Le directeur départemental de l’action humanitaire de la Lékoumou, Jérôme Nzoussi, a procédé, le 9 septembre 2017 à Sibiti, à la présentation et dédicace de son recueil de nouvelles, intitulé Aurore devant le chef du cabinet du Préfet du département et de plusieurs invités.

L’œuvre dont il a été question est un véritable diagnostic de la société et une véritable dénonciation spectaculaire des comportements déviants. C’est un ensemble de neuf nouvelles  reposant sur 160 pages.

Sous la modération du directeur départemental du livre et de la lecture publique de Pointe-Noire, Alphonse Chardin Nkala. Au cours de cet exercice, il a été dit que l’auteur a été inspiré par son sens aigu de la constatation dans la société. Dans ce livre, Jérôme Nzoussi dénonce les maux qui la minent, à savoir, la duperie dans le mariage, la violence faite aux femmes, la gloutonnerie, le désir de gagner par la tromperie, la revendication de ce qui appartient à autrui, l’égoïsme, l’escroquerie, le mensonge, l’ingratitude, le lévirat, les pratiques de sorcellerie, le non-respect de la loi, le racisme, le parjure, l’injustice.

Il sied d’ajouter que l’auteur est activé par son esprit nationaliste et patriotique, tout en  tentant à sa manière de guérir la société de ces antivaleurs. Et il a choisi le livre comme moyens pour démentir cette assertion selon laquelle, si vous voulez cacher quelque chose à un Noir, il faut le mettre dans un livre.

Il a mis en évidence son sens de l’observation. Il a porté les yeux de l’écrivain qui voit ce que tout le monde ne voit pas ou voit autrement ce que tout le monde regarde avec une certaine indifférence.

A travers ces écrits, l’auteur se soumet à une espèce de cure d’auto-exorcisme pour tenter de déloger les démons des antivaleurs qui ont pris en otage l’esprit de son pays.

Des résumés des différentes nouvelles

La première, «Un mari, mari et demi» compte sept pages. Il s’agit d’un père malhonnête qui tente de marier sa fille à un autre homme alors qu’il l’avait fait avec un autre. Séraphine Bila est la fille de Charles Bila. Elle est mariée à Maikeul, un jeune enseignant ayant beaucoup dépensé pour rendre la fille présentable. Maikeul est informé de l’acte quasi criminel de Charles par un membre de la famille de Séraphine qui n’apprécie pas ce genre d’agissement.

Au vu du beau fils qu’il tente de duper, Charles Bila est mal à l’aise. Un malaise s’empare de cet homme venu pourtant pour s’enrichir. La cérémonie est perturbée. Le nouveau prétendant parisien ne supporte pas l’opprobre. Il couvre Maikeul d’injures, le traitant de pauvre enseignant. Maikeul n’hésite pas à lui asséner un coup du tabouret à la face. Il quitte les lieux et repart à la gare pour reprendre le train et regagner sa gare de départ.

Dans la seconde nouvelle, «La couleuvre et la fouine», de neuf pages, l’auteur raconte l’histoire d’une maman nommée Célé, qui laisse deux bagues ou ce que les congolais appellent couramment «Binkoko» à une de ses filles, Thérésa avec la consigne de ne les lui remettre qu’à l’âge de 25 ans. Elle confie cette tâche à sa sœur Cathy. A sa mort, sa fille aînée, Valentina, très avertie, les recherche ardemment. Elle interroge sa tante Cathy qui ne les lui remet pas. Tante Cathy aussi décède. Thérésa hérite effectivement des deux bagues et subit la persécution de sa sœur. Valentina persécute également leur frère qu’elle suspecte d’avoir récupéré les bijoux.

Puis, Thérésa décède à son tour. Valentina ne l’assiste pas pendant son hospitalisation et ne prend pas part aux obsèques. Ce qui étonne tout le monde. Mais Thérésa dit à sa fille de 10 ans qui la garde que sa mère est emportée. Elle réalise que les deux bijoux sont entre les mains de leur frère. Elle ne comprend cependant pas comment il les a reçus. Elle tente vainement de l’amadouer par des cadeaux avant de s’exiler d’abord et de revenir neuf ans plus tard. Elle harcèle à nouveau son frère qui est contraint de lui céder l’un d’eux. Mais les bijoux ne peuvent produire d’effets séparément. Ils doivent être ensemble. Hantée par la peur de voir les enfants de leur tante les prendre avant elle, elle sème la zizanie en accusant la première fille de sa tante Cathy de sorcière. Elle-même est à son tour, traitée d’ingrate par son beau-frère.

En accusant cette sœur qui lui a rendu d’énormes services, elle pose un acte d’ingratitude et se met la foule à dos.

La troisième nouvelle porte le titre de «Quiproquo». Il compte neuf pages et parle d’une jeune fille nommée Daddi passe son temps à escroquer les hommes. Un jeune homme, Jo est fou-amoureux d’elle. Son désir de poursuivre son œuvre, sa soif de continuer à escroquer les hommes la contraint à jeter son dévolu sur Jo qui lui apparait comme une proie facile. Mais à malin, malin et demi. Le jeune garçon aussi se donne pour objectif de satisfaire son désir charnel avec elle en entrant dans son jeu. Entre les deux, c’est un jeu de Colin-maillard. Il ne veut pas sortir perdant de ce jeu pendant que Daddi dit à qui veut l’entendre que Jo n’est pas son genre.

Daddi ne se satisfait pas de son appartenance familiale et use de tromperie en se faisant passer pour la fille d’un médecin. Son père n’est pourtant pas mal logé. C’est un radiologue. Elle rencontre un homme veuf de qui elle s’entiche. Elle tombe malade et souffre du Zona, terminant sa course sur un lit d’hôpital. Elle a récolté ce qu’elle n’avait pas souhaité : les quatre lettres sacrées. Jo  ne la quitte pas malgré ce qu’elle lui a fait. Elle lui demande de la pardonner après avoir découvert que le matériel ne peut se mettre au-dessus de l’amour du prochain.

La quatrième nouvelle repose sur seize pages. C’est «Chien témoin accuse» où Pacha est considéré comme un fou parce qu’il passe ses nuits à la belle étoile. Il exige du maître du chien qui lui vole son poulet un remboursement. Devant le refus du propriétaire du chien, Pacha décide de prendre en échange l’épouse du possesseur du chien.

Irrité par cette demande saugrenue et loufoque, une altercation s’engage entre les deux hommes. Pacha est tué. Le présumé tueur est arrêté et jugé après une grande bataille judiciaire.

Dans la cinquième nouvelle «Amertume» de seize pages, Koumba meurt brusquement à Popo. Cette mort est déplorée par toute la communauté. Son épouse Mouila désormais veuve est accusée d’être à l’origine de ce décès. Elle est torturée et ce sont les femmes qui prennent le plaisir de lui faire subir cette torture. Elle est aussi accusée de pratiques de sorcellerie et contrainte de prendre en charge le financement des obsèques. Elle est soumise à des interrogatoires sur les biens de son défunt époux avant d’être traitée de voleuse. Elle refuse courageusement le lévirat. Elle est de ce fait dépouillée et chassée avec ses enfants.

La belle-sœur tente de la défendre parce que désapprouvant le traitement infligé à la veuve par ses frères et est elle-même prise à partie par ceux-ci.  

En compagnie de sa mère, Mouila repart dans leur village avec ses trois enfants que la famille  paternelle a répudiés. Elle repousse toutes les avances de tous les hommes qui tentent de venir vers elle.

Dans cette nouvelle, le chef du village aussi plonge totalement dans la corruption pour ne pas rater sa part de l’héritage.

La sixième nouvelle de onze pages intitulée «Le noctambule», l’auteur dit que ce noctambule mène une vie bizarre. Il ne se réveille qu’à minuit et marche facilement les yeux fermés. Il travaille les yeux fermés au point de faire croire à tout le monde qu’il s’y connaît en sorcellerie ou en acte criminel. C’est la description par laquelle l’auteur démontre la particularité de cet homme.

La septième est titrée «Au pavillon de la fistule» avec dix-sept pages.

Une jeune fille, Tchibassa, est dépucelée avant le rite de Tchikoumbi par un jeune enseignant, Tchikaya. Cette aventure sexuelle se termine par une grossesse d’où le désaveu par cet homme qui lui a pourtant fait miroiter le mariage. Cette situation jette l’opprobre sur les deux familles. Abattue par la honte, Tchibassa refuse de se soumettre aux visites prénatales et donne difficilement le jour à un mort-né.

Cet accouchement difficile a pour conséquence l’apparition de la fistule obstétricale, une maladie encore mal connue et qui fait souffrir les femmes. L’ignorance de cette maladie la conduit vers des guérisseurs et des pasteurs qui lui font penser à un mauvais sort pour avoir trahi le serment traditionnel.

C’est grâce à sa cousine Marie Josée qui en apprend sur cette maladie qui va la chercher au village et l’amène à Brazzaville. Elle y subit une intervention chirurgicale. Guérie, elle rentre au village et ignore la présence de Tchikaya qui y est à ce moment en vacances.

La huitième nouvelle «La loi c’est la loi» de trente-deux pages. C’est la plus longue nouvelle. Un jeune étudiant congolais devient héritier en France où il est allé pour ses études supérieures. Après avoir sauvé une vieille femme d’une agression et repoussé une quelconque récompense, Chris Ngoma est adopté par cette femme blanche qui l’héberge et le traite comme son propre fils malgré la différence de la couleur de la peau.

Cette vieille femme recherche vainement son petit-fils parti en Italie. Elle envoie Chris Ngoma aux nouvelles. Il rentre les mains vides. Un jour, elle reçoit une lettre annonçant le décès par noyade de ce petit-fils. Profondément affectée, elle fait un infarctus et meurt en prenant le soin de léguer tous ses biens à l’étudiant.

Un an plus tard, le petit-fils réapparaît. Chris Ngoma est perturbé. Le revenant revendique vainement son héritage mais la loi lui est défavorable. Rien ne peut se faire, la loi c’est la loi. Elle est dure mais c’est la loi et il faut l’accepter. Pour changer l’acte désignant l’étudiant comme l’héritier de cette femme, il faut la faire revenir à la vie. Ce qui n’est pas possible.

Devant la rigueur de la loi et l’inefficacité de ses démarches pour rentrer dans ses droits, ce petit-fils refuse tout arrangement à l’amiable que lui propose Chis Ngoma. Il opte pour le suicide et Chris devient l’héritier final.

Dans la neuvième nouvelle, «Parjure de Bwalé» qui repose sur douze pages. C’est à Bwalé, à 200 kilomètres de Brazzaville qu’un enseignant, Odilon Dongo, refuse de reconnaître la grossesse que porte son élève de 14 ans. Il  apeur de son épouse. La jeune fille accouche et pour se débarrasser de ce dossier encombrant, Odilon Dongo signe un acte de renonciation de l’enfant qui est remis à l’infirmier de la localité par la police judiciaire. L’infirmier lui donne son nom et prend soin d’elle comme sa propre fille.

Après 22 ans, Odilon Dongo revoit la fille qui fait des études de médecine. Emerveillé, il essaie de la désorienter vers lui et tente de la reprendre. Il traîne l’infirmer devant les tribunaux, l’accusant de lui avoir volé son enfant.

Irritée, la juge le chasse et déclare l’infirmier comme l’unique père de la fille.

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