République centrafricaine: des ex-combattants commencent une nouvelle vie

La FAO contribue à rétablir la paix et à stimuler l’économie dans le pays ravagé par la guerre

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Des anciens combattants lors d’une session de formation à Bangui, la capitale centrafricaine. La formation se déroule à Bangui et dans les régions les plus affectées par le conflit.

Plus de 1000 anciens combattants centrafricains ont rejoint une initiative de l’ONU dans le pays visant à les désarmer, les démobiliser et à les réintégrer dans la société.

Le message du programme est simple: ne prenez plus part aux actes de violence, déposez les armes et, en échange, nous vous aiderons à commencer une nouvelle vie. Les participants bénéficient de plusieurs formations au choix : jardinage, horticulture, élevage de poulets ou encore de porcs et reçoivent des outils, des semences et des poussins pour pouvoir démarrer leur entreprise.

«Cette initiative représente une étape importante pour parvenir à la paix et restaurer l’espoir. Ces derniers temps, nous avons constaté un regain de tension, de violences, comme celles enregistrées en 2013-2014, donc le fait de donner à ces groupes armés une option, une issue, arrive véritablement à point nommé», a déclaré M. Jean-Alexandre Scaglia, Représentant de la FAO en République centrafricaine.

Un nouveau départ

Agé de 28 ans, Moussa (le nom a été changé) est un ancien combattant. Il s’occupe à présent de ses animaux dans un quartier de la capitale Bangui, réputé pour avoir été le théâtre de nombreux affrontements. Il a récemment vendu un de ses porcs, qu’il a reçu grâce au programme de l’ONU, et avec l’argent a lancé sa petite affaire. Il achète et vend maintenant des matelas et des panneaux.

«Je ne sais même pas pourquoi je me battais. Cela n’a pas de sens et cela ne m’a mené nulle part. Ma mère est musulmane et mon père est chrétien. Donc, contre quoi me battais-je ?», dit-il, non sans amertume.

«J’ai choisi de suivre la formation sur l’élevage de porcs. Je dois dire que c’est une nouvelle porte qui s’ouvre à moi, surtout après avoir eu mon certificat. Je veux contribuer à restaurer la paix dans mon pays et pouvoir me bâtir une meilleure vie», a-t-il ajouté.

D’autres jeunes comme Moussa ont choisi de se former dans l’agriculture et apprennent à cultiver des légumes, tandis que d’autres sont occupés à réparer les routes et les infrastructures publiques détruites par les conflits.

«Le programme leur permet de bien gagner leurs vies. Le salaire moyen d’un centrafricain tourne autour des 50 000 FCFA, alors que ces activités peuvent leur rapporter entre 200 000 et 300 000 FCFA par mois. Le programme ne contribue pas seulement à restaurer la paix, il stimule l’économie et permet aux jeunes de participer à la reconstruction de leur pays», a ajouté M. Scaglia.

La formation qui s’étale sur trois mois se déroule à Bangui et dans plusieurs autres régions du pays, celles qui ont été les plus touchées par les conflits (telles que Kaga Bandoro, Bambari et Haute Kotto) et où vivent toujours des centaines de milliers de déplacés.

Il n’y a pas si longtemps, ici, dans des salles de couleur vive, dans des mairies vieillissantes ou encore dans des logements militaires abandonnés, ces anciens combattants – hommes et femmes confondus – ont été impliqués dans des actes de violences qui ont fini par diviser le pays et horrifié le monde entier. A présent, tous sont sagement assis devant leurs bureaux, désireux d’apprendre.

Marie (son nom a été changé), ancienne combattante, vient d’achever sa formation en élevage de poulet.

Elle a déjà élevé et vendu près de 600 poulets et vient d’en acheter 1000 autres. La jeune femme a réinvesti ses recettes et vend maintenant des beignets de bananes, ce qui lui permet d’augmenter ses revenus.

«Avant la crise, c’était difficile de trouver du travail même en ayant étudié l’informatique et l’administration. Lorsque la guerre a commencé, je me suis rapprochée de plusieurs membres de la rébellion. C’est ainsi que tout a commencé. Je me suis rapprochée d’eux car j’avais besoin de trouver un travail. Je sais maintenant que cette nouvelle activité m’aidera à retrouver une vie normale», a déclaré Marie.

Pour Marie, une vie normale ne signifie pas seulement être capable de gagner assez pour subvenir à ses besoins, mais aussi être capable de circuler librement et d’être acceptée par sa communauté.

La FAO soutient le développement de l’initiative de l’ONU visant à désarmer, démobiliser et réintégrer ces anciens combattants qui, dans le cadre d’un nouveau projet, auront également accès à des programmes de micro-crédit pour lancer leur propre entreprise.

La population centrafricaine ne peut pas attendre

De nouveaux troubles ont poussé le pays dans sa quatrième année de conflit. Plus d’un million de personnes ont fui leurs domiciles, parfois au-delà des frontières ou vers des camps de déplacés internes.

Une personne sur deux souffre de la faim.

La FAO a besoin de manière urgente de 10 millions dollars d’ici février pour venir en aide à plus de 350 000 personnes – des déplacés et des communautés hôtes vulnérables – afin qu’elles puissent reprendre leurs activités agricoles et se préparer pour la prochaine saison de récolte (qui va de mars à avril 2018) en leur fournissant des semences, des outils et des services vétérinaires basiques pour leur bétail.

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