Les réformes, un véritable moteur de croissance

Le FMI appelle à assainir les finances publiques des pays de la région MENA

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Les pays de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) vont devoir s’en remettre aux réformes s’ils veulent relancer la croissance, a laissé entendre le Fonds monétaire international (FMI). 
« Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, les réformes peuvent réalimenter les moteurs de la croissance », a précisément indiqué le FMI.
Si la croissance s’améliore légèrement dans cette région, essentiellement tirée par une hausse des cours du pétrole et une amélioration des perspectives d’exportation, cette institution a noté que les conflits civils et le chômage élevé continuent cependant de peser sur les perspectives régionales.
Selon les dernières projections, la croissance s’améliore dans les pays importateurs de pétrole de la région, mais devrait ralentir dans les pays exportateurs de pétrole du fait de la baisse de la production, a relevé le FMI dans un dossier réalisé par Bruno Versailles et Magali Pinat.
« La croissance globale des pays importateurs de pétrole de la région devrait être portée de 3,7 % en 2016 à 4 % en 2017, essentiellement grâce aux politiques qui ont réduit les déficits budgétaires et amélioré le climat des affaires, comme au Maroc et au Pakistan », peut-on lire sur le portail officiel de cette institution chargée de promouvoir la coopération monétaire internationale et de garantir la stabilité financière.
En dépit des baisses de production consécutives à l’accord de l’OPEP/non-OPEP qui vont provisoirement réduire la croissance globale, cette tendance serait aussi observée dans les pays exportateurs de pétrole où la croissance hors pétrole devrait s’accélérer et passer de 0,4 % en 2016 à 2,9 % en 2017.
Le FMI prévient cependant que la croissance prévue dans les pays importateurs de pétrole ne sera pas suffisante pour faire reculer sensiblement le taux de chômage élevé de la région, qui s’établit à 12 % environ.
« Dans les pays exportateurs de pétrole de la région, les ajustements de la politique économique comme les réductions des dépenses publiques vont continuer à freiner l’activité économique. De plus, les conflits risquent de peser encore sur la région », a-t-il averti.
Même s’ils s’améliorent, le FMI a estimé que les efforts de réduction des déficits doivent se poursuivre en tirant parti des progrès déjà réalisés dans la réduction des dépenses, notamment en Algérie et en Arabie saoudite. « D’après le rapport, les déficits budgétaires devraient être ramenés de 10 % du PIB en 2016 à moins de 1 % en 2022, ce qui représente une amélioration sensible qui contribuera à renforcer la résilience », a relevé l’institution qui souligne une amélioration de la situation des finances publiques dans les pays importateurs de pétrole.
En effet, « dans l’ensemble de la région, le déficit budgétaire moyen a été ramené de 9,25% du PIB en 2013 à 7 % environ du PIB en 2016, en grande partie grâce à la réduction des subventions des combustibles (Égypte, Maroc, Soudan) et aux efforts d’augmentation des recettes et de renforcement de la perception des impôts (Pakistan) », a-t-il soutenu rappelant toutefois que la dette publique demeure élevée, et le ratio dette/PIB demeure supérieur à 90 % dans certains pays importateurs de pétrole.
D’après le rapport, les coûts liés au service de la dette devraient augmenter, au rythme de la hausse prévue des taux d’intérêt dans le monde. « Les coûts accrus du service de la dette vont exercer de nouvelles pressions sur la situation des finances publiques et réduire la marge de manœuvre pour financer les dépenses publiques porteuses de croissance, dans les infrastructures et l’éducation par exemple », a affirmé le FMI.
Cela dit, le FMI pense qu’il faut poursuivre l’ajustement budgétaire, favoriser par des efforts de renforcement des recettes fiscales en élargissant la base d’imposition, et mener à bien les réformes des subventions.
S’ils veulent relancer la création d’emplois, l’institution a estimé que les pays exportateurs de pétrole de la région doivent poursuivre leur diversification et réduire la place des hydrocarbures au profit d’autres secteurs afin de rendre la croissance régulière et durable.
S’agissant des pays importateurs de pétrole, le FMI craint que la croissance reste trop faible pour faire reculer le chômage. Ce n’est pas tout. Il observe aussi que les autorités des pays concernés ont une marge de manœuvre limitée pour engager des dépenses.
Ainsi, « pour favoriser l’activité du secteur privé et stimuler l’emploi, les autorités peuvent donner des possibilités de formation et d’éducation, accroître le taux d’activité féminine (par une budgétisation sensible au genre comme au Maroc) et renforcer les règles de protection des investisseurs, comme en Jordanie et en Mauritanie », a estimé l’institution.

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