RDC : des millions de personnes dans le Kasaï menacées par la faim, selon l’ONU

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Des familles congolaises déplacées de la province du Kasai font la queue pour obtenir de la nourriture dans les locaux d’une ancienne clinique de ville d’Idiofa, après avoir fui la violence près de leurs villages. Photo: HCR / John Wesseles

Une crise alimentaire dans la région du Grand Kasaï, en République démocratique du Congo (RDC), pourrait se transformer en catastrophe à long terme en raison du manque d’argent pour l’assistance humanitaire, a averti jeudi le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM).

« Nous laissons tomber ceux qui ont le plus besoin de nous », a déclaré Claude Jibidar, Représentant du PAM en RDC. « Sans le soutien immédiat des donateurs, beaucoup – en particulier les femmes et les enfants – mourront », a-t-il prévenu.

L’éruption de violence dans ce qui était autrefois une région pauvre mais paisible de la RDC a fait d’innombrables victimes. Environ 1,4 million de personnes ont été chassées de chez elles. Les taux de malnutrition traditionnellement élevés ont explosé, a précisé l’agence humanitaire onusienne.

Avec 3,2 millions de personnes désespérément à court de nourriture, le PAM est intervenu avec une aide d’urgence.

Une accalmie dans les combats a permis de déployer plus de personnel. Les travailleurs humanitaires se sont déployés dans les zones rurales du Kasaï.

Le PAM a coordonné des vols logistiques et humanitaires, ce qui a permis d’augmenter rapidement le nombre de personnes recevant une assistance, de 42.000 en septembre à 115.000 en octobre et 225.000 en novembre. Le mois dernier, 13.500 enfants ont reçu des aliments enrichis spéciaux.

Mais la réticence des donateurs à s’engager au Kasaï compromet cet effort. Alors que le PAM prévoit de nourrir près d’un demi-million de personnes en décembre, les caisses de l’agence onusienne sont tellement épuisées que seules des demi-rations peuvent être distribuées.

La faim ne met pas seulement des vies en danger, elle force les gens à la prostitution et augmente le risque de violence sexuelle, a souligné M. Jibidar. « Les partenaires du gouvernement doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour épargner au Kasaï le genre de catastrophe humanitaire qui dure depuis des décennies et qui sévit dans d’autres régions de la RDC », a-t-il ajouté.

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