RDC : l’escalade des conflits aggrave l’insécurité alimentaire, selon la FAO et le PAM

La République Démocratique du Congo a besoin d’une aide humanitaire d’urgence, selon les deux organisations

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Tshitita Godet,18 ans, a fui les violences dans la région du Kasaï. “Mes parents ont été tués. J'ai du laisser derrière moi les animaux. J'ai du laisser tout ce que j'avais à la maison. Je n'ai plus rien,” dit-elle.

L’escalade des conflits aggravent l’insécurité alimentaire en République démocratique du Congo, ont déploré l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM).

Dans un nouveau rapport publié aujourd’hui, la FAO et le PAM ont indiqué que près de 7,7 millions de personnes sont confrontées à une situation de famine face à la hausse des actes de violences et des déplacements de population, soit 30% de plus que l’année dernière.

Selon les deux agences onusienne, entre juin 2016 et juin 2017, le nombre de personnes confrontées à une insécurité alimentaire  « d’urgence » et de « crise » (Phase 4 et 3 et de l’IPC), soit les stades précédant celui de famine sur l’échelle de l’IPC et requérant une aide alimentaire et humanitaire d’urgence, a augmenté de 1,8 million, passant de 5,9 à 7,7 millions. Ce qui veut dire que plus d’une personne sur dix vivant en zone rurale souffre de la famine.

« Les souffrances liées à la faim sont en hausse en raison de l’escalade des conflits, de sa persistance dans le temps et des déplacements de population dans le centre et l’est de la RDC, principalement dans les régions du Kasaï et du Tanganyika, où les actes de violences se sont généralisés », a souligné la FAO dans un communiqué rappelant que l’année dernière, près de 1,4 million de personnes ont été forcées de quitter leurs maisons.

Un malheur n’arrivant jamais seul, le rapport a aussi noté que la situation humanitaire s’était de nouveau détériorée suite aux invasions de chenilles légionnaires et aux épidémies de choléra et de rougeole.

Commentant la situation dans les régions touchées par les conflits, la FAO a constaté que plus de 1,5 million de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire « d’urgence » (Phase 4 de l’IPC). Pour l’organisation, cela « signifie que ces personnes n’ont pas d’autres choix que de vendre tout ce qu’elles possèdent, de sauter des repas ou encore de réduire leurs portions de nourriture ».

D’après Alexis Bonte, Représentant par intérim de la FAO en RDC,  « les conflits et les invasions de chenilles légionnaires, qui ont détruit plus d’un quart des cultures du territoire national, ont eu un effet catastrophique pour les communautés rurales. La situation est appelée à s’empirer si une aide urgente n’est pas apportée en temps opportun. »

A noter que la malnutrition chronique affecte 43 pour cent des enfants âgés de moins de cinq ans, soit plus de 7 millions d’enfants en RDC.

Cette situation inquiète naturellement les deux institutions qui appellent à intensifier de manière urgente la fourniture de nourriture vitale et une aide nutritionnelle afin de lutter contre la malnutrition.

« Il est nécessaire de distribuer également des semences et des outils afin que les agriculteurs puissent planter de nouveau et rebâtir leurs moyens d’existence », exhortent-elles.

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