RDC : la sous-alimentation des enfants fait perdre plus d’un milliard de dollars par an à l’économie du pays (ONU)

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Un bébé a la circonférence du milieu de son bras supérieur gauche mesuré pour des signes de malnutrition. La zone rouge (12 cm) est une malnutrition sévère, la zone jaune (13 cm) est une malnutrition modérée et la zone verte (14 cm) est un on signe. Photo: UNICEF / Connelly

L’économie de la République démocratique du Congo (RDC) perd jusqu’à 4,5% de son produit intérieur brut (PIB) raison des effets de la sous-alimentation infantile, selon une étude appuyée par les Nations Unies publiée vendredi dernier.

Les coûts sociaux et économiques de la malnutrition sont estimés à 1,637 milliards francs congolais, soit plus d’un milliard de dollars par an.

« Ces résultats nous appellent tous à agir maintenant pour éviter les pertes futures causées par la faim », a déclaré dans un communiqué de presse le Directeur du Programme alimentaire mondial (PAM) en RDC, Claude Jibidar. « Je suis convaincu qu’avec la compréhension du terrible impact économique et social de la malnutrition sur les enfants, nous et nos partenaires pouvons travailler avec le gouvernement pour vraiment changer cette situation alarmante ».

Le rapport intitulé ‘Etude sur le coût de la faim en Afrique’ a été entreprise par le gouvernement de la RDC en collaboration avec le PAM, la Commission de l’Union africaine, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL).

L’étude montre que les pertes sont occasionnées chaque année par l’augmentation des coûts de santé, des charges supplémentaires pour le système éducatif et une réduction de la productivité de la main-d’œuvre.

Selon le rapport, la RDC pourrait économiser jusqu’à environ 383 millions de dollars d’ici 2025 si le taux de prévalence d’enfants souffrant d’insuffisance pondérale passait de 11% à 5%, et si le taux de retard de croissance tombait de 43% à 10%.

« L’Afrique a le potentiel de récolter un dividende démographique d’une main-d’œuvre jeune, éduquée et qualifiée », a déclaré Kefilwe Moalosi, s’exprimant au nom de la Commission de l’Union africaine et du NEPAD, « Mais ce potentiel ne peut être exploité que si nous continuons à investir dans la santé et la nutrition de ses peuples, en particulier ses femmes et ses enfants, et à assurer la croissance économique nécessaire ».

L’Etude sur le coût de la faim en Afrique a été menée dans 11 pays du continent. Les économies de ces pays subissent une perte annuelle associée à la sous-alimentation infantile estimée entre 1,9% et 16,5% du PIB. Les résultats de l’étude seront bientôt publiés pour le Mozambique et le Zimbabwe. L’étude est également prévue pour le Mali et la Mauritanie.

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