Proposition au ministère de la santé « l’accès aux soins pour tous les marocains »

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Docteur Jaouad Mabrouki2

TRIBUNE. Nous savons tous que notre pays souffre d’une crise de la santé, due d’une part au marasme du système public et au coût élevé du système privé d’autre part. Celui qui en paie les frais est le citoyen, incapable de se faire soigner, il peut mourir dans sa souffrance.

Nous savons tous qu’il faudrait attendre des dizaines d’années pour que le système de santé publique soit à la hauteur des attentes des citoyens. Pour palier à ce manque, je propose alors un ensemble de solutions pour que le système privé soit partenaire de  la santé publique pour une durée de 10 ou 15 ans afin que chaque marocain puisse bénéficier des soins quelque soit son niveau socioéconomique.

Il est inutile de rappeler que la mission de tout médecin, du secteur public ou privé, est d’aider et de soulager tout être humain. Évidemment, le médecin du secteur privé ne met pas tous ses honoraires dans sa poche  car il a des charges énormes de l’ordre de 50 à 70% pour chaque acte médical.

La solution est évidente, si les charges du secteur médical privé sont réduites à 0%, les honoraires de la consultation peuvent déjà être réduits de 5O%. Et si le médecin joue son rôle de citoyen responsable, en mettant le service de la société avant l’argent, il peut participer lui aussi en réduisant ses honoraires de 10 ou 20%. De ce fait, le coût d’un acte médical ou chirurgical ne dépassera pas 30% du coût actuel. 

Pour ceci je propose :

  1. Opération « Les dirhams d’amour et d’unité », 1 dirham chaque jour par chaque citoyen

Une caisse dans chaque rue du Maroc, déposée dans une mosquée, dans une épicerie pour récolter ces dons. Chaque quartier nomme des responsables pour la récolte mensuelle.

2. Opération « Les hôpitaux du cœur à cœur »

Une association Nationale peut voir le jour, sous la tutelle de l’état, pour récolter des dons des riches mais aussi gérer l’opération « les dirhams d’amour et d’unité », afin de constituer un fond dans le but de prendre en charge les soins médicaux et chirurgicaux des nécessiteux.

3. Exonération des impôts et des taxes

Le secteur médical privé paie des sommes énormes d’impôts et de taxes qui obligent les professionnels de la santé à augmenter leurs honoraires.

4. Exonération du coût des loyers des cabinets et cliniques

Le loyer mensuel d’un cabinet, en fonction des villes et des quartiers, peut atteindre une somme astronomique dépassant parfois 6000,00 dirhams. Comme la santé est une affaire de tous les citoyens, les propriétaires aussi bien que l’état doivent participer à cette exonération de loyer.

Dans le cas où un propriétaire loue plusieurs appartements ou un immeuble dans son ensemble, il peut exonérer un cabinet médical de son loyer, et participer ainsi à cette opération collective et sociale.

Dans le cas où le prioritaire n’a qu’un seul appartement qu’il loue à un médecin et dont le loyer est son seul revenu mensuel, l’état peut donc prendre en charge ce loyer.

Ou encore, l’état met à disposition des médecins des locaux gratuitement, comme le cas des centres  de santé dans les différents quartiers.

Pour les cliniques, les banques et essentiellement les banques islamiques, doivent participer à des prêts d’acquisition des terrains sans aucun intérêt. La même chose pour les sociétés qui fournissent l’équipement médical aussi bien pour les cliniques que pour les cabinets.

5. Exonération des charges de la CNSS des employés

Pour un simple cabinet médical avec deux salariés uniquement, la charge de la SNCC peut atteindre 2000,00 dirhams par mois. Imaginons alors lorsqu’il s’agit d’une clinique. L’exonération de ces charges peut participer à la baisse du coût de la consultation et de l’hospitalisation.

6. Prise en charge des citoyens bénéficiant de RAMED au même titre que le secteur public

Si cet accord est accepté par le ministère de la santé, les cabinets et les cliniques du secteur privé, peuvent prendre en charge les patients bénéficiant de RAMED, et l’état rembourse les frais au même titre que dans les hôpitaux publics.

La santé est une affaire de toute la société et chaque citoyen est responsable du bien être de son prochain et doit être un véritable acteur social. La santé n’est pas une marchandise, changeons, changeons notre société !

Docteur Jaouad Mabrouki

Expert en psychanalyse de la société marocaine et arabe.

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